28/06/2010
Il était une Fois... Des marchands de Foi !
Lorsque j’ai publié mon premier essai en 2005 (Une balle pour la Paix - Football sport sacré ? Editions Mélanges), je ne pouvais supposer que cinq ans plus tard, une recrudescence de « signes extérieurs de religiosité » allaient à ce point marquer la coupe du Monde 2010.
La palme revient sans conteste à Diego Maradona, sélectionneur de l’équipe d’Argentine qui ne peut plus compter sur sa seule main pour conquérir son graal.
Pris d’une ferveur compulsive, il enchaine les signes de croix comme Eli Wallach, la brute dans cet inoubliable western spaghetti des années 70 « Le bon, la brute et le truand ». Notre Diego peut même s’enorgueillir du succès de ses incantations puisque non seulement son équipe enfile les victoires mais, de surcroît, elle a bénéficié, lors de son huitième de finale contre le Mexique, d’une intervention occulte qui a littéralement aveuglé un des arbitres de touche : Frappé d’on ne sait trop quelle amnésie providentielle, il a « oublié » le hors jeu de Carlos Tevez sur le premier but qu’il inscrit pour l’Albicéleste.
De là à penser que le nombre de signes de croix est déterminant dans le résultat des rencontres de son équipe, il n’y a qu’un « petit pont » que notre faiseur de miracle, à la main joueuse et pieuse, saura franchir sans états d’âme.
Ainsi, après le fléau qui s’est insinué dans le sport, par les nationalismes sectaires que nous avons dénoncés par ailleurs, (voir chronique « Coupe du Monde 2010 : la fin des équipes nationales) nous assistons aux manifestations de foi qui, de notre point de vue, loin d’exprimer la moindre intuition intime relèvent plutôt de la plus banale superstition…
Bien entendu, il ne s’agit aucunement pour ces « bondieusards » d’évoquer ce qui peut faire accéder à une quelconque transcendance mais bien de conjurer ce qui pourrait les empêcher de prendre le pouvoir. Car en définitive, c’est bien uniquement de cela dont il s’agit et je vous garantie que la manière importe peu à tous nos sélectionneurs, présidents de fédérations, ou ministres des sports et bientôt, au train ou vont les choses, aux ministres des cultes, avides de domination. Ce qu’il leur faut à tout prix et même à n’importe quel prix, c’est monter sur la première marche : Place au score !
Malheureusement, l’expérience nous enseigne que, quel que soit le domaine où la quantité prend le pas sur la qualité, les consciences se sclérosent et s’affrontent.
Loin de moi la volonté de dénier le droit de chacun à l’expression de sa foi, mais il me semble que lorsqu’elle est pure, elle ne s’embarrasse pas de tout cet attirail ostentatoire voire prosélyte qui s’affiche au bord des pelouses. Les signes extérieurs de religiosité sont à la foi, ce que le doudou est à l’enfant, un contre phobique. La différence réside dans les conséquences de ces déséquilibres.
Cette coupe du Monde 2010 offre toutes les surprises et celle-là est de taille. On s’interroge sur la pertinence d’un arbitrage vidéo, qui émeut jusqu’aux chefs d’états, mais pas une voix ne s’élève pour prévenir des dangers de ces manifestations de chapelles. Ces simulacres d’oraison devraient inciter à la prudence, les élites sacerdotales quelles qu’elles soient avant que les dérives de ces comportements immatures ne viennent polluer un peu plus les esprits les plus fragiles.
Si le Sacré inclut les religions, les doctrines et tout ce qui se manifeste en ce bas monde, il s’affranchit, « grâce au ciel », des petitesses dévastatrices des dévots de bistrots.
Encore une fois, il ne s’agit pas d’exprimer une quelconque révolte mais simplement de mettre en garde contre ces petits riens qui finissent par faire de si grands riens qu’ils accouchent d’immenses chaos.
Le football est, de notre point de vue, la manifestation incontestable du sacré. Cette notion a pour seule fonction de « rassembler ce qui est épars », de permettre ici ou ailleurs la conscience de la communauté originelle de tout être et de toute chose.
Le football offre à vivre la réalité des rencontres par la joie et le partage.
Nul ne sait, à l’heure où j’écris ces lignes, qui de l’Argentine, de l’Espagne ou de toute autre équipe emportera le trophée 2010, mais une chose est certaine, ni la croix, ni le croissant, ni aucune étoile du ciel ou d’ailleurs, aucun symbole, aucun signe, même gesticulé par des « singes de Dieu », ne décidera du résultat de cette coupe du Monde et ce, pour cette simple raison, que la foi est une oraison muette et silencieuse qui ne se nourrit d’aucune gymnastique frénétique et hystérique mais seulement d’intentions pures et de paix.
22:13 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croissant, croix, croyance, foi, maradona, sacré, signe |
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24/06/2010
Ma ferme célébrités...Rêvée !
Ce matin, je me suis réveillé heureux et plein de joie.
Ma nuit pourtant a été courte car je peinais à trouver le sommeil, alors, plutôt que de compter des moutons, je me suis amusé à compter des chèvres mais pas n’importe quelles chèvres, des chèvres tricolores qui, pendant cette coupe du Monde, et depuis bientôt quatre ans, ont réussi l’exploit de nous faire croire qu’ils étaient des lions.
Mes petites chèvres allaient bêlantes dans un grand champ et moi, épris d’une soudaine affection pour elles, j’ai été pris de l’envie de leur donner à chacune le nom qui leur correspond :
J’ai d’abord baptisé le groupe des petits boucs avec, à sa tête, le vieux Raymond, l’émissaire puant d’égo, l’air suffisant et puis Jean pierre, la corne molle et le sabot peu reluisant. Il y avait Gérard, le bouc de l’ombre, la barbichette cherchant toujours le sens du vent, enfin Aimé, l’ancien, devenu chef par accident, toujours soumis aux évènements. D’autres petits boucs sans noms, moins imposants, presque transparents, se contentaient d’être présents.
Tout prêt de ces chefs de clan, mes petites biques allaient gaiement avec, à leur tête, la Roseline grasse et hautaine, fière comme Artaban, sans doute la favorite d’un bouc illustre absent du groupe, momentanément. La Rama, autre favorite du bouc absent, boudait dans son coin, mise à l’écart, sûrement pour quelques uns des ses errements, récurrents.
Derrière, autour, à côté de ces bêlantes de haut rang, broutait le gros du troupeau, j’ai continué de nommer, un peu au hasard, comme le fut la création par Adam : Toi, tu seras Franquinette la biquette un peu bébête. Toi tu seras Nicolette, bique rude comme un bouc, la corne raide et l’air méchant. Toi, qui veut bien brouter ici mais jamais là tu seras Florentinette. Toi, pleine d’allant et l’air content tu seras Jérémiette. Toi, tu seras Sydnette un peu perdue, à contre temps et toi Williamette un peu coquette toujours boitant, et toi… et toi… et toi….
Chacune de mes créatures portant enfin son nom, je me suis abandonné dans les bras d’un Morphée tout de miséricorde et de charité. Il m’a offert un rêve que je vais, séant, vous conter :
J’étais au beau milieu d’une contrée dont je savais, comme on sait dans les rêves, qu’elle n’avait pas de frontières, des gens venaient vers moi, m’offrant à boire et à manger. Par la douceur de leurs regards, ils me transmettaient le pouvoir de les comprendre. J’étais invité à la promenade, quand au détour de nos déambulations, nous sommes arrivés sur un terrain vague où des enfants pieds nus partageaient une boule de chiffon ronde comme un ballon. Ils avaient le torse à l’air sous un soleil de plomb et un ciel d’azur. Un public nombreux et passionné encourageait les ébats. Ruisselants de bonheur autant que de sueurs, les enfants se donnaient corps et âme avec une noblesse dont on me disait, comme on nous dit dans les rêves, qu’elle était l’héritière de l’antique règle de la chevalerie :
Pas un coup bas, pas une injure, pas une petitesse, pas un joueur qui ne tomba sans qu’un autre ne le relève et ce, qu’il soit ou non son partenaire.
Pas une contestation envers l’arbitre qui pourtant je le voyais bien, se trompait de temps en temps.
Pas une belle action que tous dans le public n’encourageaient.
Entre les courtes pauses, pas une bouteille d’eau qui circula sans qu’elle ne fut partager, pas un tirage de maillot, pas un tacle dans le dos ni dans les faits, ni dans les mots.
Les entraineurs applaudissaient chaque belle action, quelle que fut l’équipe qui l’exécutait, ils se regardaient complices et fiers de voir éclore tant de talent.
Le non-temps aidant, car les rêves nous affranchissent du contingent, j’étais certain de connaître cet endroit. La clameur s’amplifiait et, la fin de la partie annoncée, je vis s’approcher un vieil homme la barbe blanche et le turban immaculé, portant dans ses longues mains un plateau d’argent sur lequel trônait, comme un trophée, une bouteille de verre. Sur ce trophée d’un autre temps était gravé en lettre d’or un nom : SELECTO.
Soudain, tout se transforma, comme toujours dans les rêves, et je reconnus instantanément le terrain vague de mes sept ans et la bouteille de Sélecto, « coca des pauvres », que l’on se partageait à la fin des mi-temps. J’étais en Algérie, à El Biar, quartier chic des hauteurs d’Alger où, après l’indépendance du pays, ma famille était venue habiter.
Je me voyais courir moi, le petit « roumi » comme on m’appelait, à cause de ma tête de bon français. Je me voyais dribler, passer, marquer dans un but sans filet, fait de deux pierres au sol. Pas de gradins mais du public, les parents, les amis, les voisins et même mon petit chien kiki.
Les scènes se succédaient, comme dans les rêves, sans aucun ordonnancement. A la fin, j’ai revu mes copains m’étreindre et pleurer alors que je leur annonçais que je devais les quitter et rentrer en France, pays de ma mère, pour qu’elle y reçoive des soins très urgents.
A cet instant, sans doute à cause de la violence de ce moment, je me suis réveillé.
Paradoxalement, malgré la nostalgie de mes sept ans, je me suis senti le cœur léger et plein d’espoir pour continuer à avancer. Je me suis souvenu de mes chèvres comptées et j’ai souris à l’idée que de leur défilé soit né un rêve d’une étonnante beauté.
J’ai instantanément compris que peu m’importeraient les déballages et les quatre vérités de quelques joueurs frustrés, de la ministre, de la Fédé, puisque de mon côté, je n’en reconnaitrais qu’une, celle au service de l’harmonie pour l’unité retrouvée de notre humanité.
Je me suis promis de faire silence dans ce tumulte d’insanités et plutôt que de maudire l’obscurité, j’ai décidé d’allumer une bougie pour que notre monde soit mieux éclairé.
00:26 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ribéry, équipe, france, bachelot, rama, henri, sarkozy, crise, fff, ferme, célébrités, afrique |
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22/06/2010
Se souvenir des belles choses...
Il y a des jours où l'on s'en veut d'être « comme tout le monde »...
Comme tout le monde depuis des années je peste contre Domenech, comme tout le monde je ne parviens pas à comprendre comment une bande d'incompétents dirigent toutes les fédérations du monde, comme tout le monde j'ai acheté L'Equipe pour sa Une racoleuse, comme tout le monde je me suis précipité dans les pages intérieures pour y lire la transpiration du vestiaire, et comme tout le monde j'ai eu honte de ce que j'ai entendu et plus encore d'avoir tendu un œil voyeur, comme tout le monde....
Comme tout le monde j'ai pesté contre le voyage des poules de luxe venues rejoindre leurs petits coqs, comme tout le monde je suis resté dubitatif quand j'ai vu nos stars se donner bonne conscience au milieu des townships délivrant ça et là quelques autographes que maintenant les enfants vont probablement jeter à la poubelle en même temps que leur rêves.
Comme tout le monde j'ai condamné l'attitude démagogique d'une secrétaire d'Etat mise en quarantaine par une sélection vexée, et comme tout le monde, je me suis offusqué d'apprendre que madame-sans-gêne avait retenu puis annulé, mais trop tard, une suite à l'hôtel pour ne pas y coucher.
Comme tout le monde je n'en peux plus de voir madame « vaccin contre la grippe » se fendre d'analyses footballistiques en compagnie d'un Mr Identité Française convaincu de sa pertinence en toutes matières. Comme vous tous j'ai moins regardé les rencontres ces jours derniers. Comme vous tous, des amis m'ont appelé. Anciens joueurs comme moi ou éducateurs comme moi ou simples citoyens comme moi, ils m'ont appelé pour me demander un avis, un conseil et comme vous tous, je leur ai livré mon dégoût, mon intention de tout plaquer, de ne même plus regarder, de ne plus me mêler de football convaincu que tout est devenu tellement lamentable que plus rien n'y pourra rien changer.
Vous voyez que de ce point de vue au moins, la vision de cette médiocrité offre l'opportunité de créer un peu d'unité.
Tous ensemble nous avons condamné ce spectacle affligeant d'un groupe fissuré, apeuré, sans gouverne, sans noblesse, sans générosité, sans.... Un peu à l'image de notre France, sans projet commun et de plus en plus divisée.
Alors, j'ai dis j'arrête tout, moi aussi je jette mon chrono, moi aussi je démissionne de la présidence de mon association, moi aussi j'envoie tout balader pour m'occuper de théâtre, de lecture, de voyages, de moi quoi.
Et puis, hier en fin de journée, le 21 juin, jour le plus long de l'année ou presque, j'avais rendez-vous chez Danone pour préparer la prochaine DNC (coupe du monde des benjamins), à laquelle vont participer 40 pays du monde en Afrique du Sud et parrainée par Zinédine Zidane.
Alors, je me suis souvenu du regard de tous ces gamins que des années durant j'ai eu la joie d'entraîner, de leur espoir et du bonheur qu'ils m'ont offert certains soirs où ma vie d'homme penchait un peu de côté.
Je me suis souvenu de France 82 et de la victoire dans la défaite, des larmes du carré magique, je me suis souvenu de France 98 et de la liesse dans les rues de notre pays et de l'étreinte de cette octogénaire me racontant la fête de la fraternité d'une France libérée.
Je me suis souvenu que la solidarité sur le terrain c'est de compenser l'erreur de nos partenaires avant qu'elle ne devienne une faute, je me suis souvenu des belles choses et hier, j'ai rallumé la télé. Hier, j'ai vu David Villa et l'Espagne nous régaler, j'ai vibré de nouveau des "une deux" de Xavi, Puyol ou Piqué, j'ai effacé les titres racoleurs d'une presse trop pressée et je me suis souvenu des belles choses.
J'ai nettoyé de mes pensées la marée noire venu s'échouer jusque sur les terrains du Cap et de Pretoria, j'ai asséché les larmes des enfants des townships, qui ne pourront pas venir assister aux rencontres des privilégiés, j'ai débloqué de mon espoir le blocus de Gaza où j'ai construit un «Terrain Pour la Paix» sur lequel aucune balle tirée ne blessera jamais, j'ai décidé de ne me souvenir que des belles choses.
Voilà comment d'un cauchemar on peut accoucher d'un magnifique rêve alors, pour les quelques heures qui nous restent avant la rencontre de ce soir, souvenons-nous des belles choses, espérons et rebâtissons ensemble cette Douce France, souvenir de notre enfance bercée de tendre insouciance qui somnole dans nos cœurs....
10:04 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : équipe de france, éthique, townships, football |
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19/06/2010
Coupe du monde 2010 : la fin des équipes nationales !

Le concept de Nation qui a pris son essor au XVI siècle, a connu son apogée avec la révolution Française. L’Autorité spirituelle, qui jusqu’alors unissait des communautés de pensées, au-delà des lieux de naissance ou de résidences, a fait place à l’idéal patriotique.
Loin d’être rassemblés par la conscience d’une cause supérieure à l’individu, les nationalistes ont accouché d’une parodie de principe qui leur a permis de substituer habilement au concept de communauté de consciences, celui de communauté d’intérêts.
Le matérialisme croissant porté par la vague révolutionnaire a fini de recouvrir les derniers vestiges de l’Autorité spirituelle qui jusqu’alors organisait le monde. Fractionnées au gré du pouvoir des plus forts, l’appropriation des terres est devenu le jeu et l’enjeu majeur des ambitions cupides des princes sans couronnes.
Pourquoi cette l’évocation de cette genèse ? Pour nous alerter sur l’urgence à se départir des armes de destructions massives, que sont devenues ces armées en crampons, désignées par le terme d’ « équipes nationales ».
Ces bataillons de mercenaires, loin d’unir les peuples par le partage d’une passion commune, exacerbent les intérêts et les pulsions les plus inférieurs de notre nature humaine. On est en droit de vibrer à la vue d’un athlète qui possède la maîtrise de son art et en devoir d’encourager son œuvre, mais depuis quand ne faudrait-il manifester son admiration, qu’en fonction de la couleur du maillot des virtuoses ?
Qui a érigé en devoir de supporter telle ou telle équipe en fonction du seul critère imposé par la rubrique Nationalité figurant sur nos cartes d’identités ?
Comment, à l’heure où ceux là même qui nous gouvernent posent la question de « l’Identité Nationale », comment nos parangons de morale, scandalisés par le mutisme des joueurs à l’écoute d’hymnes, devenus soudainement sacrés pour l’occasion, comment nos gouvernants de salon sont-ils à ce point frappés de cécité, pour ne pas voir que leur Idéal National est en train d’imploser ?
Comment voudriez vous dans ce contexte de mondialisation, de métissage croissant qui fait évoluer un fils de turc en équipe Nationale Allemande, un fils d’Algérien en équipe de France, un fil de Sénégalais dans celle du Danemark, comment voudriez vous que soit indéfiniment validée cette absurdité ?
Sans vouloir vous importuner des avatars de ma petite vie, je suis contraint de vous livrer un peu de mon histoire personnelle afin de vous démontrer, si besoin était, l’inanité de cette notion obsolète et dévastatrice que constitue cette illusion qu’est la Nation et la folie qu’elle engendre.
Je suis de mère Française et de père Algérien et les seules émotions qu’ont jamais fait naître en moi ces deux cartes d’identités, se limitent à celle qu’a toujours provoqué leur présentation aux polices des mes deux « mère patrie ».
Pour le reste, le seul bonheur de ces appartenances accidentelles réside dans l’humanité que je partage de chaque bord de la Méditerranée avec celle et ceux qui ont su s’affranchir de ces chimères.
Les Nationalismes ne servent qu’à dresser les peuples les uns contre les autres afin de mieux les manipuler.
Oui, je peux pendant une même rencontre de football supporter alternativement l’une ou l’autre des équipes et ce, pour la simple et excellente raison que j’aime le football. J’aime le beau jeu indépendamment de la couleur du maillot, de celle de celui qui le porte ou le pratique. J’aime le football parce qu’il est un principe universel et unificateur. J’aime le football parce que sa nature nous affranchit des frontières sectaires et vulgaires des nationalismes criminels.
Non, je n’ai jamais chanté la Marseillaise* ou Kassaman* et j’en suis fier. Si mon père Algérien a versé son sang pour libérer la France du nazisme puis l’Algérie du colonialisme, ça n’était pas par patriotisme, encore moins pour la gloire des médailles qu’il a toujours refusées, mais pour la seule raison qui ait jamais prévalue à ses yeux, l’amour, la liberté et la dignité de notre humanité.
Ou alors dites moi comment faire communier deux équipes et leurs peuples autours de chants qui les invitent à s’entre tuer ?
KASSAMAN – Hymne national algérien
Texte : Le Poéte et militant nationaliste, Moufdi Zakaria, Le 25 avril 1955
Musique : L'artiste tunisien, Mohamed Tourki, et le compositeur égyptien, Mohamed Fawzi.
Traduction française
Par les foudres qui anéantissent,
Par les flots de sang pur et sans tache,
Par les drapeaux flottants qui flottent
Sur les hauts djebel orgueilleux et fiers,
Nous jurons nous être révoltés pour vivre ou pour mourir,
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Nous sommes des soldats pour la justice, révoltés,
Et pour notre indépendance nous avons engagé le combat,
Nous n'avons obéi à nulle injonction en nous soulevant.
Le bruit de la poudre a été notre mesure
Et le crépitement des mitrailleuses notre chant favori.
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Ô France ! le temps des palabres est révolu
Nous l'avons clos comme on ferme un livre
Ô France ! voici venu le jour où il faut rendre des comptes !
Prépare toi ! Voici notre réponse !
Le verdict, notre Révolution le rendra
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Sur nos héros nous bâtirons une gloire
Et sur nos corps nous monterons à l'immortalité,
Sur nos âmes, nous construirons une armée
Et de notre espoir nous lèverons l'étendard.
Front de la Libération, nous t'avons prêté serment
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Le cri de la patrie monte des champs de bataille.
Écoutez-le et répondez à l'appel.
Écrivez-le dans le sang des martyrs
Et dictez-le aux générations futures.
Nous t'avons donné la main, ô gloire,
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
LA MARSEILLAISE – Hymne national français
Le texte a subi plusieurs modifications de couplets.
On conte aujourd'hui 12 couplets et un couplet des enfants. La majorité des couplets n'est plus dans la version « officielle », celle que l'on trouve sur le site internet de l'Élysée. Seul le premier couplet est chanté lors des événements.
Deux couplets (les « couplets des enfants ») ont été ajoutés ultérieurement, dont l'un d'eux a depuis été supprimé de la version « officielle ».
Enfin, eu égard à son caractère religieux, le 8e couplet a été supprimé par Joseph Servan, ministre de la Guerre, en 1792. Un autre couplet a été supprimé car il a été jugé trop violent.
Sur la partition originale de Rouget de Lisle, on voit clairement écrit « Marchez, Marchez » au refrain, qui s'accorde avec « Formez vos bataillons », 2e personne du pluriel. La transcription officielle est pourtant « Marchons, marchons », qui tenterait d'établir une rime avec « bataillons » et « sillons ». En réalité, Rouget de Lisle était capitaine. Et en qualité d'officier, il commandait ses hommes. D'où la formule impérative. Néanmoins la Marseillaise est une marche et on peut imaginer que les soldats en manœuvre en reprenaient le refrain, en chantant "marchons" et non "marchez". Cette version se serait imposée par transmission orale.
La version dite « officielle » est la suivante :
1er couplet :
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !
Refrain :
Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
Couplet 2 :
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Refrain
Couplet 3 :
Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Refrain
Couplet 4 :
Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !
Refrain
Couplet 5 :
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Refrain
Couplet 6 :
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Refrain
Couplet 7 (dit couplet des enfants) :
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre
Refrain
14:03 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe, monde, nationale, équipes, football, nationalité, identité, pays |
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17/06/2010
Luc Ferry, culture ou inculture du sport ?*
*En réaction à la chronique de Monsieur Luc Ferry dans le Figaro du 17 juin p.15 - A lire ICI
C’est un penchant bien connu des sophistes d’affirmer tout et son contraire.
Nombreux sont celles et ceux qui, de nos jours, se parent du titre de philosophe et prétendent faire autorité en toutes matières. Monsieur Ferry ne déroge pas à cette triste règle et sa chronique parue dans le figaro prouve, si besoin était, la faculté avec laquelle certains s’arrogent le droit d’asséner des points de vue aussi stériles qu’inutiles sur des sujets dont, à l’évidence, ils ne possèdent aucune maîtrise.
Comment peut-on espérer résoudre un problème en posant d’aussi mauvaises questions ou, pour accorder le crédit de la méconnaissance à Monsieur Ferry est ses semblables, comment peut-on les poser aussi maladroitement ?
Monsieur Ferry, vous qui avez été ministre de l’Education Nationale ne pouvez, à ce point, confondre l’Idée et sa représentation, la fonction et celui qui l’incarne, le foot de quartier ou d’école et l’Equipe de France. Stigmatiser les uns à cause des travers des autres relève d’une préoccupante myopie intellectuelle. Vous agissez comme ceux qui, ne voyant plus la lumière, finissent par en nier l’existence.
Non, Monsieur Ferry, le sport ne se limite pas aux clichés que vous évoquez, non Monsieur Ferry, dans les prisons où notre association travaille, il n’y a pas de place pour les dérives que vous décrivez et qui, pour existantes qu’elles soient dans le monde dessiné par les médias, sont loin de se limiter à ces déviances. Réduire aux seuls clichés médiatiques les vertus d’une activité humaine essentiellement aussi noble est absolument désolant et votre confidence ultime concernant votre inclinaison personnelle vers la formule 1 ou les matchs de prestige ne change rien à l’affaire.
Pour ce qui nous concerne, loin de nous arrêter aux seules apparences colportées par les faiseurs de scandales, nous connaissons les bienfaits réels d’une éducation par le sport qui, loin de se limiter aux seules considérations morales, permet de transmettre la conscience du lien entre tous et la nécessité de la cultiver pour la renforcer et la préserver. Notre association œuvre au quotidien dans les clubs, les prisons, les écoles, partout où l’on nous accorde la possibilité de transmettre par le jeu, ce que l’école peine à enseigner par la contrainte.
L’aspect enjeu et même compétition ne nuit en rien au dépassement de l’individu à condition de transmuter la vision agonale, dont on a injustement affublé le sport, en vecteur d’échange, de partage, de paix.
Le sport est effectivement ce que l’on en fait et la vision que l’on a des choses dépend aussi de notre aptitude et de notre volonté à les appréhender.
Ainsi, Monsieur le ministre, plutôt que de décrier ce qui fait rêver les enfants, plutôt que de mettre l’accent sur les seuls aspects pervers et pervertis de tel ou tel sport, je vous suggère de nous aider à parfaire et à continuer notre action pour extirper des mentalités la seule vision guerrière qui prévaut de nos jours, afin de transmuter les affrontements en rencontre, les adversaires en concurrents, certaine victoires en défaites et certaines défaites en victoire.
Quand aux talents naturels dont bénéficient certains « élus » que vous incriminez, réjouissez vous plutôt de cette aubaine et enseignez à l’élu comment faire œuvre de grandeur en ajustant son effort au niveau de don qui lui a été offert afin que tous en bénéficient.
Les déviances qui habillent le sport, la politique, l’éducation, l’environnement ne doivent pas être prétexte à renoncer et encore moins à rendre responsable de tous les maux ce que nos inconsciences entachent.
Le monde prend la couleur que nous lui donnons et la rivière où les poissons meurent ne porte pas le responsabilité de la pollution.
Je vous concède volontiers que les plans de conscience des footballeurs ne souffrent pas la comparaison avec le Christ, Galilée, Hugo ou De Gaulle mais est-il bien raisonnable d’établir ce genre de comparaison ? Les plans d’action de ces personnages ne sont déjà pas comparables entre eux, bien que pour ce qui concerne le Christ, il n’est pas certain qu’il ne soit pas plus près d’un Messi, ( pardon pour le jeu de mot bien involontaire), que d’un De Gaulle car le stade est un lieu de communion bien plus vivant que ne le sont les lieux de cultes, les assemblées politiques ou les laboratoires de recherches.
Monsieur Ferry, j’espère sincèrement que votre vision parviendra à s’ouvrir, au-delà de l’écran déformant, sur l’univers de grandeur, de noblesse et d’espoir qu’est le sport.
L’ancien footballeur professionnel que je suis, l’éducateur que je prétends être et l’homme que je tente de devenir vous invitent à plus de mesure avec la conviction que, fort de cette prudence, lorsque vous ne serez plus qu’un souvenir, certains s’aventureront à déclarer que vous étiez l’inlassable quêteur d’une sagesse à laquelle vous saviez que l’on ne peut que prétendre…
21:43 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ferry, figaro, sport, football, formule 1, éducation, nationale, ministre, vertu |
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16/06/2010
Vuvuzela, l’alarme du monde
Droits de la Photo à voir ICI
Il est toujours intéressant de tenter de voir au-delà des apparences.
Le bourdonnement incessant des « vuvuzelas » doit nous interpeller sur le sens que peut revêtir la manifestation d’une liesse dont la vibration résonne dans le monde.
Le son est la première manifestation de la vie. Nous même sommes soumis à cette loi qui fait que notre existence est la conséquence d’une harmonie vibratoire, sans laquelle nous ne serions qu’une possibilité, une virtualité. Mais voilà, quand l’harmonie accouche du son, elle dessine les contours de nos existences.
Mais alors me direz vous quel rapport avec de vulgaires vuvuzelas ?. Le rapport réside dans le fait que la masse exprime et conserve à son insu des trésors voilés destinés à être reconnus par celles et ceux qui quêtent inlassablement toute trace de l’harmonie primordiale, de l’arche d’alliance contenue dans ce saint des saints qu’est notre Humanité. Ne nous y trompons pas, l’endroit idéal pour préserver un trésor ne sont ni les coffres forts ni les bibliothèques mais le cœur des hommes.
Vuvuzela annonce et alarme le monde comme les trompettes de Jéricho résonnèrent autour de la ville.
Notre monde s’est rempli d’interdits comme Jéricho le fit en son temps. Le viol permanent de la vie, les crimes incessantss contre notre humanité, contre notre Terre Mère sont autant de signes, de marque, d’enfreintes à une harmonie cosmique qui nous a été offerte en partage et confiée en garde.
L’Afrique du Sud, terre de discriminations, nous rappelle le sens même de ce mot qui signifie jugement et le jugement précède toujours la sentence induite par la faute engendrée par une crise.
Cette crise que notre monde traverse est d’une autre portée qu’une simple dégringolade des monnaies et des marchés boursiers. Cette crise est bien plus profonde et les trompes qui annoncent un jugement prochain devraient nous alerter sur le choix qui nous est proposé.
Discriminer, c’est choisir et, de cette faculté offerte par notre libre arbitre, nous ferons de notre stade planétaire, soit un lieu d’échange et de partage pour inviter la Paix, soit le stade de la confusion ultime annonçant l’avènement d’Armageddon.
Quand les trompes se mettent à sonner, il est urgent d’entendre.
21:41 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vuvuzela, trompettes, monde, coupe, football, afrique, sud, bruit |
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13/06/2010
Le monde est en fête…Mais le monde est en deuil !
Photo de Sonia "petite fille en pleurs" sur un très beau blog intitulé "les couleurs du dragon. A voir ICI

Le monde est en fête…Mais le monde est en deuil.
Les images de nos stades en liesse, dont le bourdonnement saoule les corps, me renvoie aux images de marée noire et d’oiseaux englués de pétrole.
Le monde est en fête mais le monde est en deuil.
L’ouverture de la cérémonie n’a pu empêcher la fermeture du petit cercueil sur ce petit corps dont les racines encore vivantes symbolisent la lutte et la paix. Mr Mandela, j’ai mal avec vous. Je me demande si de toute les adversités celle-là n’est pas la plus éprouvante. L’apartheid, la prison, l’humiliation, votre pardon, votre panthéon et ce qui devait être votre apothéose se transforme en purgatoire ultime dont le sens appartient au mystère de votre destinée.
J’ai regardé toutes les rencontres de ce début de coupe et la qualité de jeu très embryonnaire ne permet pas encore d’en situer le niveau technique. En revanche, l’état d’esprit semble être emprunt de votre dignité Mr Mandela. Ce que je souhaite, au delà des résultats, des triomphes des uns, des déceptions des autres, ce que je souhaite c’est que chaque entraineur, chaque joueur, chaque supporter soit solidaire de vos affres et que la noblesse des comportements honore la grandeur de votre voie.
J’écoute les analyses et les commentaires avec l’égale indifférence que l’on se doit d’adopter face aux nationalismes primaires qui, pour moi, restent la menace majeure que doivent redouter les amoureux du sport.
Je constate l’engouement irraisonné de partisans prosélytes scandalisés qu’un Français ne soit pas supporter des Bleus ou qu’un Italien ne vibre pas aux seuls mots « Squadra Azura ». La seule union qui vaille pour moi est celle avec le beau jeu, le beau geste, l’engagement dans le respect pour une victoire qui fait grandir tout le monde.
L’accueil de l’Afrique est un cadeau pour le monde, la souffrance de Mr Mandela un rappel à l’essentiel, au miracle de la vie, si précieuse, si fragile, si belle, si, si ,si….
Et si nous mettions à profit cet évènement planétaire pour mieux nous en souvenir, et si le départ de cette petite fille était comme un SOS lancé en braille pour les aveugles que nous sommes. Et si l’envol de cet enfant était le symbole sacrificiel des bambins des townships pour rappeler à l’humanité qu’ils sont aussi notre avenir, un avenir que personne ne prend la peine d’inviter au jeu.
Le rêve, à portée de mains trop tendues, peut devenir cauchemar quand les bras grandissent. Attention messieurs les pourvoyeurs de paradis artificiels, ceux que vous laissez trop loin de votre Eden pourrait bien un jour prochain vous faire connaître l’enfer de leurs misères et de leurs frustrations.
Ecoutez, écoutez encore, cette fête mêlée de larmes sonne peut-être l’alarme pour nous sauver. Il faut prendre le temps d’interpréter les signes, il n’y a de hasard en rien et notre cécité intellectuelle ou notre fermeture de cœur ne sont que des handicaps ou des « blessures » que nous nous devons de soigner afin de ne pas laisser sombrer notre monde dans un mal incurable qu’aucun breuvage d’aucune coupe ne pourra plus soigner.
Merci Mr Mandela de nous offrir ce qui est peut-être votre ultime souffrance pour aider à préserver le monde de sa folie et pour le libérer de l’auto-apartheid dans lequel il s’est plongé depuis maintenant de trop nombreuses années.
19:25 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : enfants, afrique, sud, football, coupe, monde, deuil, avenir |
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11/06/2010
Football... Qui est l'entraîneur ?
L'entraîneur c'est celui qui sait et celui qui aime... Celui qui demande et celui qui donne... Celui que l'on respecte parce qu'il nous permet de donner le meilleur de nous-même... L'entraîneur est un homme, de ceux qui forcent l'admiration mais ne provoquent jamais la crainte, de ceux qui ont l'exigence des courageux et le courage des connaissant... L'entraineur ne confond jamais victoire et résultat et son goût pour la compétition ne se satisfait pas de la gagner de mauvaise manière... Combien y a t'il d'entraineurs qui satisfont à cette définition, au sein de nos clubs de football ?
Extrait du livre "Une balle pour la Paix - Football, sport sacré ?" de Tayeb Belmihoub - Editions Mélanges
Chapitre 5 page 55 "L'Entraîneur"
« Si le rôle du maître est bien de faire émerger le désir d'apprendre, sa tâche est de "créer l'énigme" ou plus exactement de faire savoir une énigme : en dire ou en montrer suffisamment pour que l'on entrevoie son intérêt et sa richesse et se taire à temps pour susciter l'envie de dévoilement. » Philippe Meirieu « Apprendre ... Oui, mais comment ? »
"J’ai connu le bonheur d’entraîner pendant quelques années des équipes amateurs. Quelques souvenirs impérissables m’ont démontré la valeur de l’épreuve pour élever sa conscience.
J’ai eu à m’occuper de jeunes, qu’une éducation déficiente et souvent douloureuse avait conduits en foyer social. Ni meilleurs ni pires que l’adolescent moyen, ils souffraient néanmoins d’un sentiment d’exclusion, exacerbé par les regards de défiance à la dérobée de la population locale. Ils subissaient même parfois des « biens pensant », une franche hostilité, comme si la détresse dans laquelle ils se trouvaient, les rendait responsables, voire coupables, de je ne sais quel crime ! Paradoxalement, la misère dérange plus ceux qui l’observent que ceux qui la vivent…
Le premier jour d’entraînement a toujours été pour moi, un moment crucial. Premiers regards, premiers mots et plus essentiel encore, premiers gestes. L’entraîneur, le transmetteur du savoir, celui qui prétend donner l’exemple, celui qui initie, celui que l’on doit respecter, croire, celui qui nous engage sur la voie…Celui là
doit être à la hauteur de sa tâche et de ses exigences. Il est d’abord un homme de geste car bien avant que le cri ne manifeste la parole, avant que le verbe ne chute dans le mot, le geste fût l’archétype de l’incarnation du verbe, langage primordial que tous doivent comprendre et entendre avec le coeur. Je ne peux oublier cet instant d’angoisse, où chaque geste, chaque mot, chaque regard doit refléter l’authenticité, la force de mon engagement et de mon serment.
Pour le reste, il serait bon que les éducateurs fassent preuve de plus d’humilité quant à ce qu’ils prétendent apprendre tant il est incontestable que certains joueurs viennent au monde avec un don qu’aucun entraîneur ne saurait jamais transmettre. La capacité à produire du beau vient du parfait, pas de l’homme.
Je disais donc que je donne bien plus que quelques heures de mon temps, je donne ma vie. Je me transforme en jardinier qui tantôt désherbe le mauvais geste, tantôt arrose des graines destinées à devenir les plantes que la vie appelle. Je sème, plante, récolte, déplace, replace, je veille. Je suis un serviteur de l’harmonie. Quand, sous mon regard émerveillé, les virtuoses de la balle offrent une symphonie que l’amour dirige, je sens monter en moi des larmes de bonheur. Je deviens le témoin de l’union, témoin de l’humanité devenue Une et Indivisible, témoin d’un miracle.
Il m’est trop souvent arrivé, avec ces adolescents à la personnalité fragilisée, d’avoir à arbitrer des conflits sur lesquels planait en prédateur, le spectre de la haine, séductrice implacable usant de son arme favorite, la division. Un jeune garçon, déjà plus marqué par la vie que bien des hommes, répondait au nom de Bastien. Son jeu était comme lui, impulsif, généreux, créatif, les hommes sont comme ils jouent. Bastien venait de subir une injustice flagrante, doublée d’un coup qui l’avait mis si hors de lui, qu’un flot ininterrompu d’injures jaillit du fond de sa douleur. Dire que sa réaction était la bonne serait valider la vengeance. Le temps n’était pas à la polémique, il importait pour moi que l’épreuve fasse grandir. Fusse dans une apparente douleur, il fallait que le conflit serve et l’agresseur, et l’agressé. Il est plus facile de se faire un ennemi que de finir par se faire aimer de lui.
Je pris Bastien à part et lui glissais à l’oreille des mots inspirés par l’urgence. Notre échange, je devrais dire à cet instant, notre communion, fut brève mais si intense qu’elle lui donna assez de courage et de confiance pour présenter des excuses à celui là même qui l’avait agressé. Bastien s’est présenté la main offerte et le coeur dedans pour rétablir la paix. Celui qui l’avait agressé fut aussi désarçonné que surpris par cette démarche. Leurs regards se sont croisés, leurs silences se sont parlés, ces deux adolescents ont grandi, et leur conscience s’est éveillée à la force du pardon, bien plus grande que la puissance de la haine.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la paix est le fruit d’un âpre et noble combat, pour parvenir à rétablir l’équilibre entre des forces antagonistes qui jettent le trouble et la confusion dans nos coeurs. Cette énergie me met en état d’urgence. Il me faut alors à tout prix réparer, soigner la blessure, la fracture qu’engendre le sentiment de haine.
Cette expérience n’est pas unique, loin s’en faut et nombre d’éducateurs pourraient vous en conter de plus belles encore si l’on passait plus de temps à montrer ce qui unit au lieu de monter en épingle ce qui divise. J’ai eu, dans un registre analogue, la joie intense d’entraîner l’espace d’une demie saison, un club de la banlieue parisienne, des seniors24, où un condensé de personnalités très fortes et au passé déjà très lourd, venait « s’affronter » sur la pelouse. Le rituel de mise en confiance du premier jour était toujours le même : montrer par le geste que je n’étais pas un imposteur. Il s’agissait d’un club de district du Val d’Oise. Les débuts sont souvent difficiles, mais après quelques séances et quelques matchs, j’obtins qu’aucun joueur ne pénétra dans l’enceinte du stade la cigarette à la main, qu’aucun ne profère d’injure sur le terrain et qu’aucun ne soit jamais en situation de mériter un avertissement.
Lors de chaque rencontre, je mettais mon plus beau costume du dimanche pour les honorer comme le ferait l’entraîneur d’un club professionnel. Je considérais qu’ils méritaient encore plus que je fusse digne de l’effort qu’ils allaient produire. Effort physique, mais bien plus encore, combat contre eux-mêmes, pour vaincre des tendances qui les incitaient à des comportements que je jugeais inacceptables sur le rectangle vert.
Nous étions premiers à la mi-saison, sept avaient arrêter de fumer et plus encore, apprenant que la rémunération qui m’était versée ne couvrait pas mes frais de déplacement - je parcourais 300km pour les entraîner -, ils proposèrent de m’abandonner leurs primes de match ! Comment ne pas être bouleversé par tant de noblesse, de générosité et de grandeur ? Sont-ils nombreux, les chefs d’entreprises qui se voient offrir, par leurs employés, leurs salaires pour continuer à diriger leurs entreprises ? A l’inverse, combien de chefs d’entreprises sont prêts à tout donner pour veiller à l’harmonie de leur équipe ? Les lois du marché économique dictent leurs règles. Règles fluctuantes qui déstructurent les bases les plus élémentaires de la vie en communauté. Chacun pour soi sans même Dieu pour tous.
Une équipe de football est comme l’humanité, Une dans son essence, multiple dans son apparence. Veiller les uns sur les autres, être à l’écoute les uns des autres. L’équilibre est à ce prix. Le collectif, n’est pas du « collectivisme », c’est la volonté de mettre chaque note en correspondance avec celle qui la fait résonner le mieux. Vaste entreprise mais si passionnante qu’elle est ma raison de vivre… A l’heure où les sociétés dans lesquelles nous vivons accouchent d’individus continuellement frustrés de leurs rêves, le terrain de football permet à chacun d’évoluer à sa meilleure place : celle où il se sent le mieux.
Combien sont-ils ces avocats qui rêvent d’être potiers, ces médecins d’être comédiens, ces comédiens de devenir charpentiers ? Qui et quand leur a-t-on donné la chance d’évoluer à leur poste, selon leur nature profonde ? Trop rarement, car si tel était le cas, le monde tournerait aussi rond qu’un ballon.
Ce monde est peuplé de gardiens de but, de défenseurs, de milieux, d’attaquants, d’arbitres, de soigneurs. Ce monde est foot !"
10:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entraîneur, matche, coupe, monde, france, équipe, football, afrique, sud, uruguay, domenech |
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04/06/2010
Aux enfants d'Abraham...
La vie nous réserve toujours de bien belles surprises...
Consterné, attristé, révolté comme on peut l’être face à l’autisme du pouvoir Israélien, je pestais contre la prise en otage du Judaïsme par un sionisme aveugle, comme il m’arrive de m’affliger du meurtre de l’Islam par des Islamistes obscurs.
Au cœur de ce non-temps plein de souffrance, je me suis effondré sur l’espace trop confortable d’un canapé offert. La main sur la télécommande guidée par une lassitude quêtant l’oubli, j’ai vu s’afficher les images de l’espoir. Redressé soudain comme la plante vers la lumière, mes yeux animés par mon cœur se sont éclairés de la révolte de juifs new-yorkais défilant de slogans éhontés et pourfendeurs de l’arrogance d’un Israël dans lequel ils ne se reconnaissent en rien.
Le monde est beau pour qui sait le voir avec les yeux de l’ultime, là où l’homme ne triche plus, là où son cœur lui sert de balance, où sa raison se plie au verdict de la vérité. Les Israéliens ne sont pas Israël, les Juifs ne sont pas les sionistes et il est de notre devoir de les aider, de s’entraider pour les délivrer du malin qui les divise, qui nous divise.
Au-delà même des raisons qui poussent à forcer un blocus dont le seul prétexte est la sécurité pour les uns et le secours humanitaire pour les autres, au-delà de toute bonne ou arrière pensée, il y a ce minimum d’humanité que nous nous devons de servir et de faire respecter.
La force de la Paix peut soumettre la plus destructrice des forces car elle est résorption finale de toutes les autres.
Aucune guerre ne résiste à la Paix. Frères de New York, j’ai mal à votre foi en Moîse et les prophètes qui l’on précédé, comme je sais que vous avez mal en ma foi en Mohammed et les prophètes qui l’on précédé pour la permanente crucifixion que notre humanité égarée leur fait perpétuellement subir.
Mes Sœurs et frères de là-bas et d’ailleurs, je défile avec vous de chaque parcelle de ma conscience pour vous dire mon soutien et mon amour pour restaurer la Jérusalem terrestre en écho à la Jérusalem céleste que jamais personne ne pourra s’approprier quel que soit le nom du Dieu par lequel il entend le faire.
Alors mes frères Juifs d’Amérique, merci d’avoir allégé ma charge, d’avoir séché des larmes intérieures par la vigueur et la vérité de votre cri.
Tayeb Belmihoub
10:51 Publié dans Humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : palestine, bateau, attaque, israel, armée, humanitaire, new-york, etats-unis, turquie, mer, marins |
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03/06/2010
La Balle pour la Paix fait des petits...
Parce que la balle, ronde comme le ventre d'une mère, berce Tayeb Belmihoub depuis sa plus tendre enfance, parce qu'il lui doit les plus beaux et les plus purs souvenirs et émotions de sa vie, il a décidé de donner aux enfants "la Balle pour la Paix" afin qu'à travers et pour eux, elle fasse le tour du monde. Ilot d'innocence dans un sport entaché du désir, trop souvent obscur, des argentiers du football qui ont oublié leur âme d'enfant...
Le coup d'envoi sera donné le jour de la finale de la Coupe du Monde 2010 par les enfants de l'Ecole des futurs talents de Kisangani au Congo.
Comme cela a été annoncé il y a 3 ans, maintenant que la Balle pour la Paix a grandi, elle peut faire des petits, que voilà, que voici :
Des enfants, un ballon, une photo et un message pour la Paix... viendront alimenter le blog de La Balle pour la Paix fait des petits...
L'exposition photos et messages qui en découlera sera transportée comme prévu partout où la Paix a besoin de la voix et des messages de Paix des enfants du monde : Ecoles, assemblée nationale, UNICEF, ONU, Maison des enfants, Prisons, Bibliothèques, organismes gouvernementaux, tribunaux...
Enfants, dans votre famille, à l'école, dans votre club de football... Participez à la paix dans le monde de demain qui sera le vôtre : Des enfants, un ballon, une photo et un message pour la Paix... à envoyer par mail ICI
Extrait du livre "Une balle pour la Paix" Tayeb Belmihoub - Editions Mélanges - www.fnac.fr
La balle qui m’a engendré…( )
Celui qui maîtrise l’objet de nos rêves inspire souvent plus de respect que de haine. La magie du
ballon, c’est cette puissance à unir les hommes par la force d’un « non agir » qui induit tous les possibles. Qui de nous n’a pas rêvé de cette communion absolue avec l’objet de son désir ? Union parfaite et ultime où l’autre n’est même plus un souvenir. Eternel présent qui s’affranchit de toute dualité. Tout, partout, tout le temps, éternellement…
Tel est cet instrument mythique qui organise ceux qui en jouent ! Cette magie, ce ballet ballon, envoûta à l’époque de mon enfance algérienne, mes ennemis. Celle qui « marie » avait fait son oeuvre, son alliance inaltérable eut raison de toutes les haines.
Enfant, j’imaginais l’espace, la balle le créait. Je n’ai jamais plus connu la solitude depuis que cette compagne s’est manifestée. Je ne savais pas encore que notre univers était peuplé de ballons par la volonté de cet « entraîneur » des mondes, orchestrant un gigantesque match aux règles parfaites, rythmé par autant de mi-temps que de cycles traversés par l’humanité.
Je suis un enfant de la balle. Cette balle offerte en symbole de l’énergie qui manifeste le monde.
Cette balle qui se plait à épouser le mouvement de nos rêves. La « ronde », ma balle, matrice universelle, forme envoûtante, dont la seule présence rend l’homme intelligent. Sans elle sur un terrain, il s’agite, avec elle, il s’ordonne. En elle sont inscrits les noms de tous les joueurs, nés ou à naître, célèbres ou anonymes, en elle sont inscrites toutes les combinaisons ou figures de jeux que les plus illustres pratiquants, ou les plus humbles prétendants, ont effectué et effectuerontdepuis et jusqu'à la fin des temps.
J’en ai passé des heures à tenter de la maîtriser, à tenter de me maîtriser. Cet objet de toutes les convoitises, oriente et rythme ma vie. J’ai conservé intact le souvenir de ces soirées passées à dribbler mon chien Kiki sous un dôme éclairé par la lueur d’une lune plus ronde que la boule de chiffons improvisée qui me servait de ballon. Les odeurs de jasmin embaumaient mon Eden où coulait une rivière de paix, balisée par des lucioles angéliques et protectrices de ce bonheur d'enfant.
Comment dès lors ne pas remercier tout ce qui nous permet de devenir, plus noble, plus grand, plus fort ? Comment ne pas vénérer ce qui nous permet de découvrir ce maître intérieur qui polit nos consciences ?
Cet état d’innocence, le paradis, où nulle question ne se pose, où l’éternel présent ne nous a pas encore séparés de l’univers… J’étais l’univers, j’étais le ciel, la lune et les étoiles, j’étais le doux jasmin et le chaud sirocco qui caressait les fruits trop mûrs du verger, j’étais le principe et son symbole, j’étais la balle.






Copyright Tayeb Belmihoub 2006
Pour acquérir les cartes postales "Une balle pour la Paix" envoyer un mail ICI
Nous vous enverrons le catalogue des phrases et vous pourrez choisir vos cartes postales
en toute tranquilité. Vous les recevrez sous 15/20 jours à réception de votre règlement.
21:25 Publié dans Engagement associatif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfants, balle, paix, football, envoi, monde |
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