25/07/2010
Scandale d'une Coupe du monde en contre-remboursement !!!
Adidas, Suez, Carrefour, le Crédit Agricole, et enfin Toyota, ces cinq principaux sponsors de l’équipe de France ont demandé et obtenu un dédommagement de la F.F.F pour préjudice subi en terme d’image et de notoriété !!!
Adidas, à lui seul, s’est vu octroyé près d’un million et demi d’euros en réparation du déficit d’image provoqué par la déroute des bleus…
Un peu d’étymologie devrait nous aider à mieux comprendre ce qui se passe et, en tout état de cause, ce qui aurait du se passer : Le mot sponsor nous dit Robert est un emprunt à un mot anglais signifiant « parrain ». Gageons que le sens du mot parrain, auquel notre dictionnaire fait allusion, n’a rien à voir avec la saga de Mr Coppola. Sponsor, précise notre dictionnaire s’intensifie même des notions de caution et répondant, d’engagement. Le latin spondere et son dérivé sponsare ont même donné en français le verbe épouser.
Evitons d’évoquer l’union incestueuse de parrains avec leur équipe filleule (assez d’histoires de mœurs !) et restons sur le terrain de la caution solidaire. Comment dès lors peut-on accepter que, ceux là mêmes qui se sont portés garants, soient les premiers à exiger le remboursement de leurs mises ? Si telle action est légitimée, qu’en est-il alors des milliers de supporters qui n’ont eu pour seule consolation que les déclarations offusquées des premiers responsables de ce gâchis ?
Voilà, chers amis sur quelles bases ubuesques se fonde l’étique du sport moderne : L’image, le paraître ayant pris le pouvoir sur l’être, ceux qui habillent sont devenus plus importants que ceux qui portent et ceux qui payent plus essentiels que ceux qui œuvrent.
Assez de faux semblants et admettons enfin ceci : Quand les centres de formation imposent à des gamins de 15 ans de ne porter que la marque qui les fournit sous peine d’exclusion, il ne s’agit plus de sponsoring mais de négoce et quand ceux qui payent deviennent moteur au lieu de carburant, les marées noires se déversent sur le monde pour nous alerter d’un danger imminent.
La beauté du sport et des activités humaines en générale devrait pouvoir se passer des faiseurs de chiffres d’affaires qui s’insinuent dans nos rêves.
Soutenir, comme sponsoriser est un engagement fondé sur une relation de confiance qui ne doit jamais dépendre des seuls résultats. Il est invraisemblable qu’une fédération s’asservisse à ce point aux volontés d’entreprises qui passent du statut de partenaire à celui de créancier.
Qui a demandé des remboursements pour déficit d’image quand des ballons se vendent dix fois le montant du salaire de ceux qui les assemblent ?
Qui a demandé des remboursements pour atteinte à la notoriété quand des employés au bout du rouleau en arrivent à préférer le néant, ou un hypothétique au-delà, plutôt qu’un présent devenu invivable ?
Qui rembourse quoi aux familles entières qui errent le long des fins de mois en quête d’un avenir moins sombre ?
Qui rembourse quoi et à qui de ces promesses d’un monde meilleur faites à longueur d’année par ceux là même qui aujourd’hui condamne ?
Qui a remboursé quoi aux enfants des townships pour prix de leur frustration ?
Adidas ? Carrefour ? Le crédit Agricole ? Suez ? Toyota ?
Peut-être est-il venu le temps d’un autre temps, celui ou l’artisan ne vaut plus tant par le seul prix donné à son œuvre que par les vertus qui lui sont attachées.
« Le jeu est la chose la plus sérieuse au monde » nous disent les enfants et aucun être humain ne pourra jamais en payer le prix sinon celui que l’amant donne à l’aimé et la monnaie de cette échange ne se trouve ni dans les coffres, ni dans les bourses.
Cette monnaie là est ailleurs, et si vous voulez savoir comment l’acquérir, demandez à vos enfants… Et, peut-être que si vous le méritez encore, ils finiront par vous dévoiler, au détour d’un de leur si beau drible, la carte du Trésor…
14:04 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : remboursement, adidas, suez, carrefour, credit agricole, toyota, football, fédération, argent, sponsor |
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23/07/2010
Ribéry/Benzema : Interdits de jeu pour jeux interdits…
Ribéry et Benzema privés d’équipe de France. La sanction est tombée avant même la décision de justice.
Ce réveil soudain d’une conscience éthique au sein de la FFF relève du miracle. Zahia, que l’on peut traduire en Français par « la lumineuse », a donc indirectement favorisé ce prodige ! Cette Marie Madeleine, experte en joueurs de foot se payait ou plutôt se faisait payer par des joueurs de l’équipe de France, le tout dans un café Arabe, et « piment sur la semoule » à la barbe de notre ministre de l’intérieur dont l’opinion sur le danger des regroupements d’Auvergnats un peu trop bronzés est maintenant de notoriété publique….
Le Zaman café ou le café du Temps - sans doute à comprendre comme le café où l’on prend son temps - abritait donc ce petit commerce tantrique. Au-delà de l’anecdote, qui est à peu près aussi importante que les distractions qui égaient les dessous de la ceinture d’une grande partie de la classe politique, ne doutons pas que le problème de la « minorité », à défaut de celui « des minorités », va animer de nouveau les prétoires. Heureusement que le débat sur l’identité a fait long feu sinon l’affaire Zahia aurait provoqué des débats multiples !
Gageons néanmoins que si l’application de la violation de la stricte définition de la minorité l’emporte, à savoir ce qui n’a pas la « majorité légale », et s’il est prouvé que les consommateurs du Zaman Zahia café étaient au courant de l’âge de la gâterie comprise dans ce café gourmand, il ne fait aucun doute, compte tenu des piteux résultats de l’équipe de France, que la justice va « venger » l’affront fait à la Nation !
Dans tous les cas la décision de suspendre les délinquants, prise à la hâte par la direction intérimaire d’une Fédération aux abois, suscitera de légitimes interrogations quand à la pertinence de mettre sur la place publique des ébats dont personnes ne tirent profit à part peut-être ceux qui se nourrissent de scandales ou d’autres qui, comme moi, ont la volonté d’utiliser la force de ces contre-exemples pour inviter à plus de discrétion.
Alors me direz-vous, pourquoi « tant de (c)haînes » pour retransmettre l’ambiance d’invisibles gardes à vue, de mises en examen, de sensationnel ? La réponse est aussi limpide que la question : Pour rien ou presque, je veux dire seulement pour les profits qu’un audimat boosté par le scandale permet de réaliser. L’inutilité qui entoure ce non évènement est aussi consternante que l’a été l’attitude des joueurs d’une équipe nationale sans gouvernance, sans repaires, sans autorité, sans passion, sans grandeur, sans goût, sans odeurs, sans saveurs, transparente…
Le Zaman café, où Zahia brillait, était sans doute celui du temps et des enfants perdus...
Un café où l’on s’évade quelques instants pour se retrouver entre faux amis pour jouir de fausses amours avec des petites filles qui jouent les vraies dames.
Le Zaman café était comme tant et tant d’endroits, un refuge de parvenus au sommet d’une gloire aussi haute que vaine. Le Zaman café était aussi vide de vie que l’âme de l’équipe de France en Afrique du Sud.
La fédération a condamné ses rejetons sans le moindre questionnement sur les causes de leur dérive. Cette propension à la déresponsabilisation semble gagner toutes les strates de notre société. La cécité qui frappe les instances dirigeantes de tous ordres est d’autant plus préoccupante qu’elle s’accompagne d’une inconscience désespérante.
Il me semble que les problèmes de société révélés par le comportement de l’équipe nationale devraient nous alerter sur des questions d’ordre plus général et en particulier sur l’indigence des contenus des moyens éducatifs proposés dans la plupart des structures de formation footballistique.
Il est grand temps d’enseigner que la performance, autrement dit la capacité à se transcender, passe d’abord par l’élévation des niveaux de conscience et que l’intelligence des membres d’un groupe, quel qu’il soit, est l’élément déterminent de la réussite.
Accoler aux sélectionneurs nationaux les meilleurs conseillers en communication ne fera d’eux rien de plus que d’excellents répétiteurs capables même de faire illusion sur les masses médias. Mais est-ce là vraiment que se trouve la clé du succès ? Si le parler bien remplace le parler juste, il est sans doute plus utile de mettre à la tête de nos sélections ceux là mêmes qui réalisent l’exploit depuis des décennies à se faire élire sur des promesses qui de leur propre aveu n’engagent que ceux qui y croient… Pour le reste, il est vraisemblable que la compétence pour gouverner dans quelque domaine que ce soit, se situe, grâce au ciel, ailleurs que dans les seuls bons mots.
Ce que l’on doit enseigner, c’est le développement du langage de l’intelligence du cœur. Ce langage là ne triche pas et se niche non dans la forme mais dans l’esprit la lettre. Son apprentissage se fait à l’abri du tapage et des projecteurs, à l’ombre de ces hommes qui veillent sur les terrains du monde, qu’ils soient de sable, de pavés, de goudrons, d’ici ou ailleurs, à l’école ou en prison, dans les rues d’Alger ou les favelas de Rio.
Ce foot là passe par le partage, le courage, l’oubli de soi pour le bonheur de tous et la victoire qu’il apporte est plus inestimable que ne le fut ou ne le sera jamais le plus retentissant des transferts.
Alors Messieurs les préjuges, je ne sais pas si la lumineuse avait informé vos estimés coupables de sa minorité, que certains disent invisible ou de sa majorité que d’aucun ont cru plausible, je ne sais pas si vous allez condamner touts ceux qui, footballeur ou non, ont bénéficié de ses lumières, je ne sais pas non plus s’il est répréhensible qu’un homme de vingt ans fasse la bête à deux dos avec une jeune fille de dix sept ans, pendant qu’on autorise un homme de soixante à rendre les hommages à une majeure de dix huit ans !
La morale est chose trop fluctuante pour que j’ose émettre un quelconque avis. Ce que je crois en revanche, c’est que les boucs émissaires ne sont jamais de bon augure dans une société, pas plus que la répression récurrente et hâtive.
Ce qui me semble plus salutaire serait de consacrer autant d’énergie et de moyen à instruire, à éduquer, qu’à produire et comptabiliser. L’être humain est d’abord une qualité avant d’être une quantité alors, de grâce messieurs les faiseurs de stars, lâchez vos calculettes et faite de vos tableaux noirs un usage plus utile que celui des seules inscriptions de schémas tactiques qui, vous le voyez bien, ne suffisent plus à faire de nos footballeurs des Hommes dans la stricte et simple beauté que ce mot devrait ne jamais cesser de vous inspirer.
Au travail…!
N.B : J'apprends à l'instant, que les 23 joueurs de l'équipe de France d'Afrique du Sud ne joueront pas le 1er match amical du mois d'Août... Alors, j'écoute, je recueille et on en parle !
20:22 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ribery, benzema, zahia, football, fédération, equipe de france, zaman, café, politique, sanction |
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20/07/2010
Comment nos gouvernants ont influencé l’Equipe de France !!!
Quand les pouvoirs transgressent, les peuples se soulèvent et la barbarie vole au secours du monde.
Notre futur ex sélectionneur national malmené, nos ministres conspués, notre police agressée, de toutes parts la représentation de l’Etat subit les assauts répétés d’un peuple enragé. Bien entendu, le réflexe des hommes de pouvoir est de sortir les bâtons pour mater les mutins.
C’est bien méconnaitre la nature humaine que de penser qu’une bonne répression suffit à faire taire toute révolte. Quand le pouvoir tolère voire favorise les injustices les plus inadmissibles, il est paradoxalement salutaire pour les peuples que des insurgés se soulèvent.
Loin de valider la pertinence d’une violence des uns pour répondre à une transgression des autres, je rappelle simplement que le monde est ainsi fait qu’un désordre n’est jamais une cause initiale mais la conséquence d’une déviance première.
Il n’est plus un secteur de notre société qui ne soit atteint par la gangrène de l’iniquité et les comportements les plus inacceptables sont devenus le quotidien de ceux là même qui se posent en parangons de vertu.
Quelle naïveté ou quelle inconscience que cette attitude récurrente qui consiste à inviter les peuples à une exemplarité que ceux qui les administrent, violent quotidiennement : Des appartements alloués ça et là au gré de petits arrangements entre amis, des milliers d’euros qui s’envolent en fumée de cigare sur le dos du contribuables, des déclarations xénophobes qui n’empêchent en rien leur auteurs de continuer à « ad- Ministrer » des privilèges votés en toute discrétion, par et pour les députés ou sénateurs, pour s’assurer des retraites dont nombre de leur électeurs n’osent même pas rêver !
Et ce petit monde perché dans les prétoires de la chose publique semble s’étonner de la gronde et de la fronde de celles et ceux qui se font, depuis des années, continuellement spolier.
Ce nouveau dogme d’un pragmatisme coupable, qui voudrait que le chef de l’état et sa cour soit grassement rémunérés, et au moins autant que dans le privé, est d’une affligeante médiocrité et prouve, si besoin était, le but recherché par ceux qui se battent comme des coqs pour accéder au plus haut rang des poulaillers. Leur avidité les aveugles d’autant, qu’ils se permettent encore de condamner le comportement de telle ou telle star d’une équipe nationale dont il est pourtant facile de constater qu’elle n’est que l’écho de leur propre cupidité…
Oui, monsieur le président, oui, mesdames et messieurs les ministres et autres représentants d’une démocratie républicaine dont vous avez fait un paillasson pour vos beaux souliers, oui messieurs de tous bords, souvent d’ailleurs plus rapprochés que vous ne le prétendez, oui messieurs, le pays se révolte à la mesure de la somme des injustices que chaque jour vous perpétrez et ne croyez pas que vous pourrez continuer impunément à opprimer sans jamais être inquiétés.
Ce monde est le votre, qu’il soit du haut ou du bas, qu’il soit de droite ou de gauche, d’ici et d’ailleurs, vous en êtes solidaire et ce qu’il devient ne sera pas autre chose que ce que vous en ferez.
Alors de grâce, ayez la pudeur quand vous voyez les larmes justifiées d’une famille de policier assassiné, les représentations de la nation conspuées ou ravagées, ayez la pudeur de sérieusement vous interroger sur votre propre responsabilité et la part que vous avez dans ce chaos, par vos inconsciences programmé.
La gouvernance ne passe que par la restauration d’une autorité dont vous avez perdu les clés et le pouvoir, que vous incarnez par la force brutale de vos convoitises exacerbées, peut devenir, selon ce que vous en ferez, un onguent pour soigner les plaies d’une bien fragile société ou le shoot désespéré d’une société en errance que le désespoir pourrait amener à ne plus se contrôler.
21:45 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, pouvoir, politique, équipe de france, ribéry, répression, état, autorité |
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15/07/2010
Coupe du monde... Que reste t'il de nos amours ?
Que reste-t-il de nos amours, que reste-t-il de ces beaux jours quand l’espoir berçait nos rêves ?
Le temps a passé et les rues de Paris, d’Aix en Provence et d’ailleurs ne gardent plus aucune trace de la ferveur sud africaine. L’écho des vuvuzelas s’est estompé sous les rumeurs ministérielles, le discours présidentiel, le bruit des bottes sur les pavés, l’honneur déclamé aux colonies réconciliées, le tout dans un luxe d’artifice de mille feux déployés.
Que reste-t-il de Jabulani et de ses arabesques, de ses facéties, de ses courses endiablées, de ses étreintes, de ses meurtrissures, de ses doutes, de ses rebonds, de son piédestal ?
Que reste-t-il des clameurs, des exclamations, des polémiques, des paris, des certitudes, des résignations, des remords, des regrets ?
Que reste-t-il de nos amours cachés au creux de la coupe d’un monde déjà passé ? :
· 64 ballons que j’ai collectés auprès de l’école des gardiens de but de Cadenet et que je n’ai pas encore les moyens d’acheminer à Kisangani pour l’Ecole des futurs talents de Luende Basele qui se démène pour ses gamins du Congo.
· Une partie de foot dans le parc du château de St Germain en Laye le dimanche matin, avec des copains, brésiliens, roumains, français, africains, finlandais, algériens, chrétiens, juifs, hollandais, norvégiens, musulmans, athées, hétéros, homo, divers, je ne sais pas, je ne sais plus et après tout, on s’en fout puisque seule compte la balle qui toujours roule pour le bonheur de nous retrouver pour continuer l’histoire d’un monde à venir peint aux couleurs de l’amitié.
Quatre ans sont passés d’un coup et le vide, laissé par les soirées rythmées par les seules 90 ou 120 minutes d’un temps règlementé, ne parvient pas encore à se remplir du temps réalité, celui du repas, de la météo, des infos, de la télé.
Il fait vide en ces soirées caniculaire, il fait vide de communion, d’échanges, de discussions, de rendez vous, de taquineries, d’émotions, il fait un peu vide de vie.
Alors, plutôt que de pester contre aujourd’hui pour un hier qui a du s’arrêter, je me plonge dans la fraicheur d’un présent transcendé.
Je remets la balle au centre et donne le coup d’envoi de la coupe de la solidarité :
Celle qui me fait participer à la coupe du monde des enfants, la fameuse Danone Nations Cup 2010 pour laquelle je vais peut être m’envoler en Afrique du Sud en octobre de cette année
Celle du coup d’envoi en juin 2010 à Vierzon des premières Rencontres Internationales des Terrains de la Paix (Tournoi et Conférences Internationales)
Celle qui me permettrait de trouver les moyens de faire avancer la balle pour la paix, d’aller porter à Luende Basele les ballons collectés, de nettoyer en Afghanistan ou ailleurs des terrains où des mines anti-personnelles ont été volontairement « oubliées », pour en faire un espace de jeu sur lequel les enfants ne perdront plus leurs pieds et pourront à nouveau jouer en toute tranquillité.
Voilà de quoi mon présent sera fait jusqu’à la prochaine coupe du monde à laquelle, je l’espère, la vie me permettra d’assister.
En Attendant, à vos marques, prêts ? Partagez !!!
22:39 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, football, congo, danone, nations, cup, afrique du sud, enfants, coupe du monde, amitié |
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12/07/2010
C’est le football qui a gagné !!!
Toute la soirée et une partie de la nuit, j’ai cherché à vous offrir des mots à la hauteur de l’événement que nous venons de vivre.
A force de buter sur l’implacable silence imposé parfois par le gardien du verbe, j’ai imploré la providence pour qu’une aide me soit accordée. Elle est arrivée de la bouche même de celui qui, hier soir à la 115ème minute d’une rencontre héroïque, m’a fait aimer la vie pour ses rebonds et sa dramaturgie.
« C’est le football qui a gagné !!! » s’est écrié Andres Iniesta
Oui, c’est le football qui a gagné, sur le trop, sur le laid, sur le faux…
C’est le football qui a gagné sur la violence, la cupidité, la notoriété, la stupidité, la quantité, la médiocrité, et tant de mots encore gravés au fronton de nos sociétés civilisées…
C’est le football qui a gagné, le football partage, le football courage celui de la dignité, celui qui répond aux coups avec noblesse et magnanimité…
C‘est le football qui a gagné, celui de l’unité retrouvée, des égos maitrisés, le football de l’annonce du retour des hommes de bonne volonté…
C’est le football qui a gagné, celui qui, de sa danse, fait communier l’Humanité.
Merci donc, merci Monsieur Iniesta, pour la énième fois, d’avoir su voir l’appel dans l’espace et de m’avoir offert un de ces caviars dont vous et vos partenaires de la Roja avez le secret…
Merci pour ce « C’est le football qui a gagné !!! », merci pour ces quelques mots qui m’ont permis, moi aussi, d’offrir à celles et ceux qui ont pris le temps de me lire, des une deux, des transversales, des contrôle orientés, des reprises de volée, des sombreros et autres passes de mots, pour dire mon amour du football pour un football d’amour et de Paix.
16:18 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, coupe du monde 2010, afrique, pays bas, arbitre, iniesta, finale |
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10/07/2010
Espagne/Allemagne : La Coupe d’un nouveau Monde...
Assis dans le TGV qui me mène d’Aix en Provence vers Paris, j’essaie de trouver les mots qui ne sont pas sortis de ma bouche, il y a maintenant plus de 48h tellement j’ai été heureux de cette rencontre Allemagne/Espagne.
Ca n’est pas tant le résultat qui m’a bouleversé que la qualité du jeu offert par un groupe espagnol qui ne m’a plus laissé que ma voix. Ma voix pour exulter mon bonheur de voir s’incarner dans ce groupe, l’éthique antique de la chevalerie originelle.
Noblesse, abnégation, humilité, bravoure, autant de vertus auxquelles tous devraient aspirer.
Loin de la dictature du résultat à tout prix, cette troupe d’un théâtre de gestes nous a emmener dans le monde de l’harmonie, du beau et de l’unité retrouvée. Ce football, que seule la fiction des jeux vidéo nous donne à voir, s’est animé du feu sacré des héros mythologiques.
Les grandes rencontres ne se peuvent que par les grandes équipes et nul doute que la jeune formation Allemande, par la qualité de sa résistance, a permis aux artistes de la Roja de donner le meilleur d’eux même.
En conséquence, il serait injuste voir injurieux de ne pas louer les joueurs de la Mannschaft pour la part qui leur est due de droit, dans la composition de cette symphonie footballistique à laquelle nous avons eu la chance d’assister.
Maintenant, après avoir atteint de tels sommets, il nous reste à espérer que la dernière épreuve de nos chevaliers rouge face à l’Ogrange verra le triomphe de leur bravoure.
Alors, ce soir, dans ce train à trop grande vitesse qui me transporte vers la capitale du Monde, sous le regard ardent d’un soleil rouge Espagne, je me prends à rêver de la venue d’un nouveau monde.
Un monde ou la qualité reprend sa juste place. Un monde ou la quantité ne dicte plus sa loi portée par l’ambition de quelque roitelet parvenu au pouvoir d’une fédération ou d’un club.
Ce soir, je rêve que le football reprenne ses droits, là où celui qui marque s’humilie devant ses partenaires et même ses concurrents. Celui ou l’adversaire n’a de place, ni sur la pelouse, ni dans les gradins, celui où l’un grandit par l’autre et où l’opposition est une grâce.
J’ose annoncer la venue d’un nouveau monde ou la victoire ne sera plus sanctifiée par la seule dictature du résultat. J’ose annoncer la venue de l’Homme, dans la gloire de sa condition de serviteur de l’unité retrouvée. Les signes d’un nouveau monde ne sont pas à chercher dans les seuls grimoires d’un Merlin enchanteur. Les signes d’un nouveau monde se tracent en parabole sur les terrains de nos jeux.
Rien de ce qui vit n’échappe à la loi immuable du jeu de l’union des complémentaires. La Roja a déjà remporté la Coupe d’un nouveau monde, parce qu’elle nous a fait boire ce breuvage d’immortalité auxquelles toutes les traditions font référence et qui, de nos jours, trouve comme vêtement cinq lettres immortelles, sceaux du pentagramme éternel que d’aucun nomment : A.M.O.U.R .
Photo : 1963 : « I Have a Dream », de Antoine+Manuel - DR
Cette image d’Antoine+Manuel est tirée de l’exposition 50:Helvetica The Lifetime Of A Typeface au Design Museum de Londres. Elle célèbre les 50 ans de la célèbre police de caractère, créée en 1957, à Bâle, par Max Miedinger et Eduard Hoffmann, sous le nom original de Neue Haas Grotesk.
09:43 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau monde, espagne, allemagne, football, coupe du monde, afrique du sud, finale, demi-finales |
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06/07/2010
Maradona, la pression de la main de dieu…
Je ne sais pas si les étreintes de Maradona sont la « preuve » de l’amour qu’il porte à ses joueurs mais ce dont je suis certain, c’est que la manifestation ostentatoire de cette effusion n’est en aucun cas un gage de compétence.
A trop vouloir faire de Messi son double, il a réussi à asphyxier le plus beau joueur de la planète. Le côté mère juive pour ce qu’il peut avoir de drôle sur un écran de cinéma devient insupportable dans une épreuve de cette importance.
Je sais que l’époque se prête à l’épanchement public de toutes les intimités mais là comme ailleurs, il faut savoir ne pas sombrer dans l’indécence. La Manschaft s’est surprise elle-même de la facilité à prendre l’ascendant sur une équipe argentine dont le seul génie reposait sur un petit bonhomme déjà ivre de la pression de la main de dieu.
Triste fin pour celui que tout le monde voulait voir au sommet de l’olympe et qui, par l’envie et la frustration d’un tricheur de légende, va devoir affronter le démon des regrets.
On n’a presque rien envie d’écrire sur cette rencontre tellement rien ne s’est passé comme on l’avait imaginé. La faible flamme d’un tango emprunté s’est éteinte sous les bourrasques récurrentes d’une Manschaft déchainée. Il n’aura fallu que quelques minutes pour que le rêve de notre petit prince ne se transforme en cauchemar.
Rien, sinon la tristesse d’un enfant à qui un père envahissant a confié les clés de sa propre rédemption. Le poids posé sur les épaules de ce pauvre gamin pesait de toute l’amertume du maitre qui refuse d’être éclipsé par l’élève. Cette défaite annoncée a été le fruit de la volonté d’un homme à conserver son statut de légende.
Je ne sais pas quelle a été la part de conscience dans l’écriture de ce médiocre scénario mais je sais que son auteur s’en sortira mieux que les acteurs qu’il a dirigé. Je rêvais à l’apothéose pour ce gamin de 22 ans, sortit droit d’un conte de fée où la souffrance transcendée par l’effort et le talent était parvenue à vaincre la fatalité.
Petit Lionel était devenu grand, peut-être un peu trop grand pour un petit jongleur, immense technicien, mais pour moi petit joueur depuis cette petite main qui en a fait un petit dieu.
Ce que j’ai retenu de positif de ce drame en deux actes et quatre buts, c’est que tel est pris qui croyait prendre et que je parie que le petit Lionel aura une autre occasion de nous amener sur sa planète, celle du jeu vrai, du jeu juste, du jeu simple, du jeu beau, celle ou les yeux ne servent à rien pour voir les arabesques dessinés par les petits princes, celle ou l’on ne voit bien qu’avec le cœur.
10:21 Publié dans En attendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe, monde, maradona, football, main, dieu, messi, argentine, prince |
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02/07/2010
Brésil/Pays-Bas : Suis-je le gardien de mon frère ?
Je viens de suivre la rencontre Brésil/Pays-Bas et, malheureusement, il me faut plutôt employer le terme affrontement pour en parler.
Impossible pour moi, je vous l’avoue, de ne pas penser à ces Boers qui se firent une place de choix en terre africaine à coups de feu et à coups de sang. J’ai espéré un instant que cette rencontre, entre la couleur safrané des moines bouddhistes, cet orange apaisant, allait nous offrir dans son échange avec l’Auriverde d’un Brésil flamboyant, une symphonie de une deux, de transversales renversantes, d’engagements transcendants.
L’enjeu pour moi ne pourrait pas ternir le jeu et j’étais persuadé que nous allions vivre enfin un grand moment…
Le destin des temps en a décidé autrement et j’ai vu la victoire de la force brutale sur les restes peu fringants d’un brésil mitigé engoncé par un costume trop astreignant.
Le style trop européen des enfants de la balle a succombé sous les coups ravageurs de conquérants rageurs. Le résultat pour le résultat et la kyrielle de fautes commises ou simulées a débouché sur l’expulsion, bien méritée, d’un joueur Auriverde.
Triste match assourdi par des commentaires virulents contre un pauvre arbitre dont la seule faute est d’avoir été présent.
Quelle est donc cette curée à laquelle nos aboyeurs se livrent et qui, à chaque rencontre, désavoue publiquement l’autorité ?
Quand va-t-on finir par plaindre l’erreur arbitrale plutôt que de sans cesse la blâmer ?
J’en ai assez de voir à longueur de rencontres, des pauvres types se faire agresser, injurier, pour n’avoir pas pris, aux yeux des censeurs, la bonne décision.
Mais où est-il ce joueur qui, voyant l’erreur de son coéquipier, irait l’insulter pour avoir manqué une passe, un pénalty, une transversale, une talonnade ?
Cette curie devient intolérable et indécente. L’arbitre est un homme et les verbiages incessants qui occupent près de vingt pour cent des propos des commentateurs, assistés maintenant d’ancien juges de terrain venus mettre leur grain sel dans cette montagne de fiel, tout ceci ne me parait plus tolérable.
Cette rencontre a été décevante pour des raisons bien plus profondes que les décisions jugées bonnes ou mauvaises d’un petit homme en noir. Il serait temps d’arrêter cette folie de nous vouloir ennemis les uns des autres.
Arbitrer c’est d’abord protéger et si les lois sont destinées à permettre le vivre ensemble, il est l’heure de s’en souvenir. La perfection n’est pas humaine et l’arbitre de ce quart de finale se couchera sûrement ce soir avec dans le ventre un peu de cette douleur qui nous fait parfois pleurer sur le Monde.
Il ne rejoindra aucun grand club qui le consolera, ne percevra aucun salaire mirobolant pour prix des crachats qu’il reçoit, et n’aura pour défenseurs que quelques confrères à la FIFA.
Messieurs, qui aux rencontres préférez les combats, je vous invite à vous porter au bord des rings, là où votre fougue, vos frustrations, votre désir d’en découdre se feront l’écho d’un bon pugilat.
Pour les autres, pour celles et ceux qui, comme moi, préfèrent les rencontres aux combats, les nobles défaites au triomphe des coups bas, je vous invite à prendre soin de notre humanité pour ne jamais devenir ennemis les uns des autres…
20:55 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bresil, pays-bas, quart, finale, football, afrique du sud, arbitre, ennemis, gardien, frère, affrontement, rencontre |
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Marianne au bord de la crise de nerfs…
Un essayiste de renom - dont je tairais l’identité de crainte de faire offense à sa mémoire, pour l’amour qu’il portait à l’anonymat - avait pressenti l’état actuel de notre société et s’en était ému en ces termes « Pour amener les hommes à vivre « en public », on ne se contente pas de les rassembler en « masse » à toute occasion et sous n’importe quel prétexte ; on veut les loger, non pas seulement dans des « ruches » mais littéralement dans des « ruches de verre », disposées d’ailleurs de telle façon qu’il ne leur sera possible d’y prendre leur repas qu’ « en commun ».On s’efforce du reste, par tous les moyens, de les « dresser » à n’être pas plus différents entre eux que ne le sont les individus des espèces animales, si ce n’est même moins encore ».
L’actualisation de sa crainte est allée, malheureusement, bien au-delà de cette clairvoyance et, non content de faire de notre monde une gigantesque ruche de verre, on y plante d’innombrables caméras et autre capteurs d’intimité pour récolter « l’écho intime de notre savane ».
De la Une racoleuse et vulgaire d’une « Equipe de gagneuses » à l’audit indigent d’une ministre rose venue espionner « son équipe de musclés », en passant par l’audition à l’assemblée des sages, de « délinquants fédérés », Marianne est au bord de la crise de nerfs…
La cascade « d’info volées », qui déferle sur les médias, s’enrichit même de la prostitution de quelque « député twitteur » trop heureux de saisir l’occasion pour sortir d’un anonymat dont le poids lui pèse bien plus que la souffrance de ses électeurs.
Le scandale paraît toujours très utile aux médiocres.
La preuve, le réflexe pavlovien des rédactions qui se sont empressées de donner la parole à ce Judas de Bourbon en l’invitant sur les divans de leurs plateaux. Ce petit homme, que je préfère laisser à l’ombre de sa bêtise, ne méritait certainement pas la prise de parole qui lui a été offerte et à moins de venir confesser sa faute pour s’humilier devant ses pairs, il eut été préférable de faire peser le poids du silence sur cette inadmissible transgression.
Un joueur de foot peut être vulgaire dans le secret d’un vestiaire et il appartient à son éducateur d’en tirer les conclusions, un député ne devrait pas avoir le droit de violer impunément le contenu d’un huis clos sans encourir une sanction exemplaire et à la mesure de son infraction.
Mais quel est donc cette folie soudaine que de vouloir tout savoir sur tout, tout le temps, par n’importe quel moyen, au seul prétexte d’une prétendue transparence à laquelle nous aurions droit et de quel droit parle-t-on ?
Caméra cachée, micro dissimulé, portable embusqué, ordinateur connecté, notre monde est devenu l’écran géant d’une émission planétaire à laquelle tout le monde doit participer. Est-ce ce droit qui nous est offert ? Ne serait-ce pas plutôt un devoir qui nous est imposé, le devoir de consommer une « fast-info » pour le plus grand bonheur des officines clownesques de nos « fast-médias » internationaux ?
Mais qui a décrété qu’il fallait tout divulguer, tout révéler ?
Au-delà de la supercherie à laquelle on tente de nous faire croire, de quelle révélation nous parle-t-on sinon de celle d’un couvercle pourtant salutaire que l’on se plait à soulever pour mettre à jour les déchets de notre humanité…
Est-il bien utile, de mettre sur la place publique cette part nauséabonde que chacun d’entre nous porte en lui et qui peut, à la faveur d’une situation particulière, s’échapper de nos actes, de nos lèvres et même de nos pensées.
Rien de ce que nos médias colportent en la matière n’est utile à la prétendue information qu’ils brandissent comme étendard de leur foi. La seule motivation, le seul moteur de leur déséquilibre reste la nécessité impérative de vendre du papier.
Il est certain qu’il serait plus utile, pour la sacro sainte « opinion publique » que ces faiseurs de scandale prétendent éclairer, que la vente de leur papier ou de leurs images se fassent en rouleaux. D’ailleurs, au train ou vont les choses, il n’est pas certains que la décennie ne s’achève, sans que quelque journaliste consciencieux, quelque député zélé, quelque ministre éclairé ou quelque spécialiste autoproclamé n’aille se planquer sous les douches ou au fond de la cuvette des WC d’un vestiaire enfiévré pour nous livrer via l’étude scientifique de quelque selles ou de la forme de quelque sexe, le régime alimentaire des athlètes, l’endroit où ils sont allé diner, à moins que la forme d’une lèvre ou d’un gland ne nous renseigne sur le niveau d’intensité des séances de fractionné.
Mais au nom de l’information et au nom du droit de l’opinion publique à tout savoir, on peut bien accepter quelque entorse à une notion, devenue aussi obsolète que dérangeante, qui s’appelait autrefois déontologie.
Il est des mots que les chasseurs de voix aimeraient tant voir disparaître qu’au lieu d’en effacer les lettres dans les dictionnaires, il s’emploie à en tuer l’esprit pour mieux agir en maître.
Prenez garde messieurs les producteurs de scandales que votre tactique de l’attaque agressive, pour le succès à tout prix, ne se retourne contre vous, car les footballeurs, dont je suis, connaissent cette loi élémentaire des stades et peut être même de la vie : A trop se découvrir pour la seule conquête de la fin par des moyens pas toujours honorables, on risque les désagréments de contres imparables qui, trop souvent pour les joueurs téméraires, transmutent les victoires conjecturées en défaites mémorables.
14:45 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : equipe, france, coupe du monde, football, médias, presse, scandale, politique, fédération |
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Le supporter et les marchands du temple...
Le douxième homme : le supporter, c'est autre chose que le fan affalé sur son fauteuil, la télécommande à la main...
Vouloir dresser le profil type du supporter équivaut à définir celui de l’humanité toute entière.
La magie du football opère bien au delà de tout caractère, de toute classe, de toute condition. Si l’enfant court vers le stade, il est bien souvent précédé ou suivi de son père, son grand père, sa maman, sa mamie, sa cousine, son ami, son frère, le voisin, le chauffeur du bus qui l’a déposé, le patron de son oncle, le ministre qu’il a vu à la télé, le chanteur qui le fait rêver…
Si la nature du joueur se révèle sur le terrain, l’attitude du supporter révèle la nature de l’homme venu assister à la rencontre.
Combien sont-ils ces introvertis qui se sentent pousser les ailes de la gloire, combien sont-ils ces extravertis que les larmes empêchent de prononcer le moindre mot devant un chef d’oeuvre de Zidane ? Combien sont-elles ces femmes, mères, épouses, qui détestent leurs maris vautrés dans le canapé, devenus aveugle et sourds pendant 90 minutes et qui, pour autant, se sont ralliées à la cause du football lors de notre seule et unique victoire de la Coupe du Monde ? Magie, magie, le supporter est partout, potentiellement partout et il suffit d’un événement particulier pour que celui qui décriait alors vingt deux abrutis courant derrière une balle, devienne alors le plus ardent défenseur de la cause du football.
Les supporters vont vers les terrains comme les pèlerins convergent vers leur centre spirituel. Aspirés, attirés, ils vont vers leur intérieur, ils vont vers leur centre. J’aime le supporter. Celui dont la vie est rythmée par la palpitation de son équipe, celui qui pleure des défaites et des victoires. Celui dont le regard s’allume dès qu’il pénètre aux abords du stade. Celui que l’on nomme le douzième homme.
Je sais que la société fait naître des éléments « monstrueux » de notre pollution humaine, comment en serait-il autrement… ! Mais malgré cette déviation inévitable, il n’en demeure pas moins vrai que, là comme ailleurs, pour une poignée d’âmes perdues, venues se défouler et évacuer un mal de vivre, la grande majorité des amoureux des stades apporte une énergie sans laquelle les joueurs de ballons seraient, à coup sûr, orphelins.
Lorsque je jouais, je les voyais se presser autour de la main courante, puis dans les gradins. Certains étaient d’anciens joueurs, d’autres encore, souvent les plus fervents, n’avaient jamais participé à une rencontre. Chaque fois, la même fraîcheur, des sourires, des mains qui se posaient sur moi bénissant mon entrée dans le temple. Que de regards j’ai pu croiser dans lesquels s’étaient endormis les rêves les plus fous ! Parfois je percevais le cri étouffé du désespoir dû au chômage, à la séparation. D’autre fois, l’odeur forte d’une vie d’alcool pour anesthésier des douleurs trop intenses, embaumait une accolade. Mais toujours, toujours, derrière ces masques, je percevais l’innocence de l’enfant.
Je sais que les stades sont devenus aujourd’hui de véritables camps retranchés et j’enrage de voir la ceinture de C.R.S entourer ces « temples » comme ils entourent d’ailleurs certains lieux de culte. L’analogie devrait nous donner à réfléchir. La responsabilité est à rechercher dans les causes, non dans les conséquences.
Combien d’orphelins de la vie viennent chercher un sens à leur devenir, combien, comme des animaux hurlant une douleur que personne ne veut plus entendre, se traînent dans les virages des stades : Dernière clinique offrant encore, fut-ce le temps d’un match, l’illusion d’une vie sans souffrance, ou du moins, une souffrance que l’on peut hurler, sans crainte d’être enfermé entre les quatre murs d’une cellule ou d’un centre psychiatrique.
Les supporters me touchent et la manipulation dont ils sont l’objet à des fins mercantiles devrait alerter davantage les pouvoirs publics. Les quelques « déséquilibrés », au sens strict de ce mot, ne sont pas autre chose que les victimes, ou plutôt le résultat de politiques comptables de l’univers professionnel.
Tout dans notre société moderne se réduit à l’efficacité, la productivité, le résultat. Les exigences du monde du profit à tout prix, se conjuguent mal avec l’esprit du sport. Quelqu’un m’a dit un jour, lorsque l’on veut dîner avec le diable, il faut une longue fourchette. Celles de certaines instances footballistiques sont souvent trop courtes…
Tout dans notre société moderne se réduit à l’efficacité, la productivité, le résultat. Les exigences du monde du profit à tout prix, se conjuguent mal avec l’esprit du sport. Quelqu’un m’a dit un jour, lorsque l’on veut dîner avec le diable, il faut une longue fourchette. Celles de certaines instances footballistiques sont souvent trop courtes…
Ce monde très particulier abrite trop de vendeurs de « chair humaine » dont les velléités s’accordent mal avec mon amour du ballon. Bien que minoritaires, ces commerçants déguisés, associés à quelques « fédératifs » trop bien nourris, ont eut raison de mon envie d’évoluer dans ce que l’on appelle, bien improprement à mon avis, le « football de haut niveau ».
Le football est une voie initiatique, pas une activité commerciale. Cette voie ne peut se satisfaire de marchands du temple et ceux qui l’empruntent doivent être qualifiés pour le faire.
Combien sont ils ces « grands argentiers » du football à s’abreuver de la sueur de nos jeunes héros ? Combien de parasites se remplissent les poches, vidant les coeurs pour s’abreuver de ce nectar divin ? Publicitaires, médias, hommes politiques de tous poils venus récupérer, à des fins électorales, une victoire, une défaite, un joueur…
Combien de ces vautours planent au dessus de l’enceinte sacrée ? Ils vous objecteront sans doute qu’ils servent la cause du football… Il serait plus juste de dire qu’ils se servent de cette cause et, la plupart du temps, à des fins peu honorables.
Je vais illustrer d’un exemple l’état d’esprit dans lequel s’est emprisonné le monde dirigeant du football actuel. Alors que je passais un diplôme d’éducateur, je me trouvais dans un centre de formation de jeunes joueurs. Comme chaque fin de semaine, les parents venaient chercher leurs progénitures. Quelle n’a pas été alors ma stupéfaction de surprendre l’altercation entre un formateur et un jeune à cause de l’oubli de son sac de sport « à l’effigie de la marque qui fournissait les équipements ». Il lui a été dit haut et fort que la prochaine fois, c’était l’exclusion du centre. J’étais assommé.
Je me revoyais, pieds nus, sur mon terrain vague algérien, disputant une rencontre de quartier pour une bouteille de sélecto, sous les hurlements des supporters locaux venus encourager nos efforts. J’avoue que cet événement m’a profondément marqué. Tellement que j’ai toujours enjoint les parents de jeunes joueurs à n’acheter que les équipements meilleur marché, convaincu que jamais l’équipement n’a fait le joueur.
Le « business supporter » est si juteux que les fumigènes que l’on condamne, sont vendus par ceux la même qui prétendent les interdire. Instaurer dans de telles conditions un code de comportement relève du miracle et je trouve que la délinquance de certains supporters est une délicatesse face à celle de ceux qui l’exploitent.
Malheureusement, ceux qui font commerce de l’humain ont compris, depuis fort longtemps, que la haine génère plus de profit que l’amour.
On a atteint de tels sommets que même les supporters finissent par être contaminés par le syndrome du résultat. Gagnez, sinon on ne vient plus vous voir ! Au lieu de laisser les speakers autour des stades haranguer les foules avec des slogans guerriers, il serait bon d’afficher, au dos des billets, un extrait, par exemple, du texte de Rudyard Kipling « Si… » :
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
(Traduction : Paul Eluard)
11:04 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marchand, argent, football, afrique, france, fédération, amateur, démission, supporter |
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