14/04/2011

La démocratie des petites dictatures...

démocratie, paradoxe, mépris, administrations, dictature, ensemble, fédération francaise de footballIl est des paradoxes dont notre société s'accommode sans que personne ne s'en émeuve outre mesure. Ainsi, alors que la démocratie est érigée en véritable déesse, ceux la même qui la vénèrent, en trahissent l'esprit chaque jour.

Prenons pour exemple cette multitude de petites dictatures qui gouvernent notre pays et qui nous rendent souvent la vie impossible au mépris de toutes les règles élémentaires du vivre ensemble :

De l'opérateur téléphonique, qui vous impose la froideur de ses serveurs vocaux en passant par le ridicule de ses plateaux téléphoniques où les protocoles proposés sont ânonnés par des opérateurs que souvent l'on ne comprend pas et qui jamais ne nous comprennent, aux administrations plénipotentiaires en passant par les fédérations souveraines, tout dans notre démocratie transpire la dictature des médiocres et des frustrés.

Prenons pour exemple la trop célèbre FFF et son organisation : Penchons nous sur son mode de fonctionnement et nous découvrirons avec effarement qu'elle a plus de pouvoir que l'autorité de tutelle censée la gouverner, à savoir le Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Comble de ce paradoxe, cette même fédération, aux déviances retentissantes, chapeaute des ligues et des districts censés lui être subordonnés. Que nenni, en fait ce sont ces petits royaumes qui, par leur inertie, autant que par leur incompétences, finissent par dicter leur propres règles à ceux la même dont ils dépendent.

pendu.jpgAinsi va notre monde, la tête à l'envers où l'élève commande au professeur, l’enfant aux parents, le joueur à l'arbitre, le peuple au souverain, l'économique au politique, le politique au savant et la notoriété à la sagesse.

(Reversible tarot card. Par Wm Jas. CC-By. source Flickr)

Ces juxtapositions de dictatures masquées désorganisent à loisirs notre monde et chacun de s'étonner du chaos qui s'installe dans nos grandes démocraties… L'autorité pervertie s'est elle-même décapitée et son ombre exhale un parfum de nostalgie dont les dernières effluves s'échouent sur la grève de nos souvenirs.

Les journalistes se sont installés aux commandes de l'impertinence érigée en vertu cardinale, les élus se prostituent, à qui mieux mieux, le long des allées des plateaux télé avec, comme seul objectif, un maximum de passes cathodiques pour un orgasme électoral.

Dans les rues de nos capitales et dans les dédales de leurs quartiers, les injures et les agressions, à l'encontre de tout ce qui incarne une fonction étatique, sont devenues si banales que le moindre signe de déférence est perçu comme une obséquiosité.

La politesse, la gentillesse, le respect sont interprétés comme de la faiblesse, dans le meilleur des cas, ou du calcul la plupart du temps.

Bien entendu, le hasard n'a rien à faire dans cet état de déliquescence et si les gouvernances n'avaient pas elles même abdiquées de leurs devoirs, ceux qui les méprisent aujourd'hui, sans même la conscience qu'ils se détruisent eux-mêmes, n'auraient pas cette attitude détestable qui fait de notre quotidien une véritable guerre.

neduc-137-0022.JPGPourquoi je vous parle de tout ça ? Simplement par ce que je crois qu'il y a urgence à restaurer l'Autorité en tant que fonction et par là toute celles et ceux qui l'incarnent : les parents, les professeurs, les policiers, les juges, les anciens, les éducateurs, les arbitres…

Il y a urgence dans ce domaine autant qu’il y a urgence pour la préservation de la planète car toute chose étant liées, il est certain que le civisme est une composante indispensable à l'équilibre du monde et que les respect de tous ceux qui représentent l’Autorité (je n’ai pas parlé de pouvoir !), quel que soit leur domaine d'élection, est une condition sine qua non à la préservation de l'espèce humaine et de tout ce qui la compose et la fait vivre.

Un dernier mot enfin pour vous suggérer l'importance de l'enjeu : Mieux vaut une autorité mal incarnée que sa vacance, car si les individus passent, les fonctions perdurent et sont, par nature, parfaites et destinées à nous servir d'archétype pour les épouser et à les faire vivre pour nous faire grandir. 

Hannah Arendt « L’autorité implique une obéissance dans laquelle l’homme garde ses libertés. Là où la violence s’exerce, c’est que l’autorité a échoué. »

Chantal Del Sol « L’autorité ne peut pas être une oppression cachée mais un processus de participation à la grandeur entendue comme réalisation d’un idéal. Une société qui bannirait les relations d’autorité deviendrait tout entière médiocre, fade, incolore. » L’autorité, Que sais-je ? 1994.

 

18:20 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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