02/10/2010

Danone Nations Cup 2010 - Jour 1

SNC14652.JPG"Je déclare officiellement ouverte la 11ème Danone Nations Cup 2009 ET 2010"... Voilà, ça y est, l'aventure a commencé !

Quelle ambiance, quel bonheur de voir ces milliers d'enfants, ces nations de toutes les couleurs ici sur "la terre mère" comme les sud-africains nomment leur pays ! Une terre rouge flamboyante, une nature luxuriante pour un pays dont on ne peut ignorer qu'ils se reconstruit.... encore...

SNC14630.JPGIci de jeunes footballeurs jonglent savamment avec un ballon avec humour et dextérité pour le plus grand plaisir des enfants qui applaudissent à tout rompre, là des équipes qui se ré-unissent, là-bas, les journalistes caméras et appareils photos au poing ne savent plus où donner de l'objectif, plus loin, les officiels se préparent, la tribune est grandiose à la mesure de l'évènement qui réunit cette année deux Danone Nations Cup : 2009 et 2010.

 

SNC14669.JPGCe qui signifie 2 tirages au sort, 2 terrains de jeux, 2 équipe parfois pour un pays, 2 staff d'organisation... Pour 1 seul mot d'ordre : s'amuser, prendre du plaisir à partager, rencontrer, échanger, découvrir l'autre... et bien sûr essayer de remporter cette coupe du monde et repartir avec un des 2 trophées !

Cette année, 2 autres prix supplémentaires seront remis : celui du "Meilleur Coach" et de la "Meilleure équipe" sur les terrains mais également en dehors des terrains, ce sont en quelque sorte les récompenses du meilleur esprit,  du plus bel engagement, du vrai respect, de l'autre, de soi et de la nature... Parce que vous le savez-maintenant, il ne faut pas confondre Victoire et Résultat. Gagner au score n'assure pas une équipe d'être "la meilleure" car la meilleure serait celle qui aurait gagné au résultat mais également gagné par la qualité de son jeu, de ses joueurs, de son coach sur et hors des terrains...

SNC14674.JPGNous pensons vraiment que cela est possible, si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain ou après-demain mais pour espérer y arriver un jour, c'est aujourd'hui qu'il nous faut y travailler....

SNC14645.JPGCe que nous faisons chaque jour sur nos "Terrains de la Paix", nous l'offrons aujourd'hui, à travers notre partenariat avec la Danone Nations Cup", à tous les enfants du monde avec l'espoir de leur permettre ainsi de grandir sur une terre ouverte et accueillante où les devises "Accueillir Encourager Partager" et "Engagement Respect Victoire" prennent tout leur sens...

Si nous n'avons jamais jusqu'à ce jour accepté de "partenariat officiel", c'est que nous n'avions pas rencontré les personnes capables de comprendre le sens de notre démarche, nos valeurs et le temps que nous acceptions de "perdre" pour être sûrs de les faire passer correctement aux enfants et aux adultes chargés de leur éducation...

Puis c'est arrivé, ce sens et cet esprit, nous l'avons rencontré avec bonheur auprès de nos interlocuteurs chez Danone (Danone Nations Cup) et chez Prodeo (Organisation de la DNC). Depuis, notre collaboration est devenue un engagement qui ne s'est pas démenti depuis notre première rencontre en 2008 et qui s'est même developpée dans un climat de confiance et de respect mutuel pour une vision, du jeu et des enfants, fidèle à nos engagements respectifs.

SNC14629.JPGNous sommes fiers de participer à cette magnifique aventure humaine et sportive qu'est la Danone Nations Cup et heureux de le partager avec vous.

A demain !

 

01/10/2010

Danone Nations Cup 2010 en Afrique du sud


ambassador-199x300.jpg

La Danone Nations Cup fête ses 11 ans ! 11 ans de rêve, d’échange et de sport partagés par plus de 18 millions d’enfants. Du 30 Septembre au 3 octobre 2010, après 6 mois de qualifications nationales dans 40 pays, la finale mondiale de la Danone Nations Cup enflamme l’Afrique du Sud avec des moments hauts en couleurs et riches en aventures humaines. Zinedine Zidane, parrain fidèle, sera au rendez-vous pour lancer la 1ère finale hors de l’hexagone de la plus grande compétition de football mondiale destinée aux enfants.

Au-delà des frontières du sport, cet événement, voué désormais à voyager aux quatre coins de la planète, s’engagera aussi localement en faveur de l’enfance et de la santé par la mise en place d’actions durables.

Aux finalistes de l’édition 2010, se sont joints exceptionnellement l’ensemble des équipes qualifiées pour la Finale Mondiale de la Danone Nations Cup 2009 que Danone avait choisi de reporter en raison des risques liés à la pandémie de grippe H1N1. Ainsi, ce sont plus de 1000 enfants réunis en Afrique du Sud pour prendre part à une édition de tous les records.

SNC14639.JPGPour cette Danone Nations Cup 2010 en Afrique du sud, 3 nouvelles équipes connues et beaucoup d’autres à venir : Sinenzuzo Primary School (Afrique du Sud), Millenium Team (Portugal) and Whitgift Independent School (Angleterre) se sont qualifiés pour la Finale Mondiale de la Danone Nations Cup 2010.

De plus une équipe d'Haïti sera invitée à la Finale Mondiale de la Danone Nations Cup 2010 en Afrique du Sud en Octobre.

"La Danone Nations Cup est une véritable Coupe du Monde pour les enfants. J'aurais aimé avoir la possibilité de vivre une telle aventure à cet âge. Pour les enfants du monde entier, c'est une chance dans la vie de participer à un tel grand événement ! Pour moi, il est un engagement très naturel. Lorsque j'étais enfant, j'ai eu tout ce que j'ai besoin, une enfance heureuse, et comme un adulte, en retour, je tiens à apporter le plus que je peux pour les enfants" Zinédine Zidane http://blog.danonenationscup.com/zidane_ambassador/

 

Pour terminer quelques chiffres :

SNC14653.JPGDanone Nations Cup 2010 en chiffres

11e édition - 40 pays

5 nouveaux pays en 2010 : Haïti, Lybie, Mozambique, Nouvelle Zélande, USA

2 500 000 d’enfants âgés de 10 à 12 ans

Plus de 25 000 écoles et 20 000 clubs impliqués à travers le monde en 2009

1120 joueurs en Afrique du Sud durant 4 jours (édition 2009 & 2010)

700 000 spectateurs dans le monde et 27 000 spectateurs à Paris en 2008

250 journalistes accrédités lors de la Finale Mondiale en 2008

Plus de 200 heures de diffusions TV dans le monde en 2008

2400 articles dans le monde en 2008

 

SNC14556.JPGAFRIQUE DU SUD

Ici il fait 30° à l'ombre, l'Afrique du Sud vibre aux accents de la joie de ces milliers d'enfants venus du monde entier pour jouer leur première coupe du monde...

Dès demain, un résumé du JOUR 1 de la Coupe du monde des enfants à l'Université de Prétoria... En voiture, c'est parti !!!

12/07/2010

C’est le football qui a gagné !!!

Toute la soirée et une partie de la nuit, j’ai cherché à vous offrir des mots à la hauteur de l’événement que nous venons de vivre.

A force de buter sur l’implacable silence imposé parfois par le gardien du verbe, j’ai imploré la providence pour qu’une aide me soit accordée. Elle est arrivée de la bouche même de celui qui, hier soir à la 115ème minute d’une rencontre héroïque, m’a fait aimer la vie pour ses rebonds et sa dramaturgie.

magnifique.jpg« C’est le football qui a gagné !!! » s’est écrié Andres Iniesta

Oui, c’est le football qui a gagné, sur le trop, sur le laid, sur le faux…

C’est le football qui a gagné sur la violence, la cupidité, la notoriété, la stupidité, la quantité, la médiocrité, et tant de mots encore gravés au fronton de nos sociétés civilisées…

C’est le football qui a gagné, le football partage, le football courage celui de la dignité, celui qui répond aux coups avec noblesse et magnanimité…

C‘est le football qui a gagné, celui de l’unité retrouvée, des égos maitrisés, le football de l’annonce du retour des hommes de bonne volonté…

C’est le football qui a gagné, celui qui, de sa danse, fait communier l’Humanité.

Merci donc, merci Monsieur Iniesta, pour la énième fois, d’avoir su voir l’appel dans l’espace et de m’avoir offert un de ces caviars dont vous et vos partenaires de la Roja avez le secret…

Merci pour ce « C’est le football qui a gagné !!! », merci pour ces quelques mots qui m’ont permis, moi aussi, d’offrir à celles et ceux qui ont pris le temps de me lire, des une deux, des transversales, des contrôle orientés, des reprises de volée, des sombreros et autres passes de mots, pour dire mon amour du football pour un football d’amour et de Paix.

10/07/2010

Espagne/Allemagne : La Coupe d’un nouveau Monde...

 

espana.gifAssis dans le TGV qui me mène d’Aix en Provence vers Paris, j’essaie de trouver les mots qui ne sont pas sortis de ma bouche, il y a maintenant plus de 48h tellement j’ai été heureux de cette rencontre Allemagne/Espagne.

Ca n’est pas tant le résultat qui m’a bouleversé que la qualité du jeu offert par un groupe espagnol qui ne m’a plus laissé que ma voix. Ma voix pour exulter mon bonheur de voir s’incarner dans ce groupe, l’éthique antique de la chevalerie originelle.

Noblesse, abnégation, humilité, bravoure, autant de vertus auxquelles tous devraient aspirer.

Loin de la dictature du résultat à tout prix, cette troupe d’un théâtre de gestes nous a emmener dans le monde de l’harmonie, du beau et de l’unité retrouvée. Ce football, que seule la fiction des jeux vidéo nous donne à voir, s’est animé du feu sacré des héros mythologiques.

Les grandes rencontres ne se peuvent que par les grandes équipes et nul doute que la jeune formation Allemande, par la qualité de sa résistance, a permis aux artistes de la Roja de donner le meilleur d’eux même.

En conséquence, il serait injuste voir injurieux de ne pas louer les joueurs de la Mannschaft pour la part qui leur est due de droit, dans la composition de cette symphonie footballistique à laquelle nous avons eu la chance d’assister.

Maintenant, après avoir atteint de tels sommets, il nous reste à espérer que la dernière épreuve de nos chevaliers rouge face à l’Ogrange verra le triomphe de leur bravoure.

Alors, ce soir, dans ce train à trop grande vitesse qui me transporte vers la capitale du Monde, sous le regard ardent d’un soleil rouge Espagne, je me prends à rêver de la venue d’un nouveau monde.

arton1804-3489d.jpgUn monde ou la qualité reprend sa juste place. Un monde ou la quantité ne dicte plus sa loi portée par l’ambition de quelque roitelet parvenu au pouvoir d’une fédération ou d’un club.

Ce soir, je rêve que le football reprenne ses droits, là où celui qui marque s’humilie devant ses partenaires et même ses concurrents. Celui ou l’adversaire n’a de place, ni sur la pelouse, ni dans les gradins, celui où l’un grandit par l’autre et où l’opposition est une grâce.

J’ose annoncer la venue d’un nouveau monde ou la victoire ne sera plus sanctifiée par la seule dictature du résultat. J’ose annoncer la venue de l’Homme, dans la gloire de sa condition de serviteur de l’unité retrouvée. Les signes d’un nouveau monde ne sont pas à chercher dans les seuls grimoires d’un Merlin enchanteur. Les signes d’un nouveau monde se tracent en parabole sur les terrains de nos jeux.

Rien de ce qui vit n’échappe à la loi immuable du jeu de l’union des complémentaires. La Roja a déjà remporté la Coupe d’un nouveau monde, parce qu’elle nous a fait boire ce breuvage d’immortalité auxquelles toutes les traditions font référence et qui, de nos jours, trouve comme vêtement cinq lettres immortelles, sceaux du pentagramme éternel que d’aucun nomment : A.M.O.U.R .

 

 

Photo : 1963 : « I Have a Dream », de Antoine+Manuel - DR

Cette image d’Antoine+Manuel est tirée de l’exposition 50:Helvetica The Lifetime Of A Typeface au Design Museum de Londres. Elle célèbre les 50 ans de la célèbre police de caractère, créée en 1957, à Bâle, par Max Miedinger et Eduard Hoffmann, sous le nom original de Neue Haas Grotesk.

02/07/2010

Brésil/Pays-Bas : Suis-je le gardien de mon frère ?

 

t-bresil_pays_bas.jpgJe viens de suivre la rencontre Brésil/Pays-Bas et, malheureusement, il me faut plutôt employer le terme affrontement pour en parler.

Impossible pour moi, je vous l’avoue, de ne pas penser à ces Boers qui se firent une place de choix en terre africaine à coups de feu et à coups de sang. J’ai espéré un instant que cette rencontre, entre la couleur safrané des moines bouddhistes, cet orange apaisant, allait nous offrir dans son échange avec l’Auriverde d’un Brésil flamboyant, une symphonie de une deux, de transversales renversantes, d’engagements transcendants.

L’enjeu pour moi ne pourrait pas ternir le jeu et j’étais persuadé que nous allions vivre enfin un grand moment…

Le destin des temps en a décidé autrement et j’ai vu la victoire de la force brutale sur les restes peu fringants d’un brésil mitigé engoncé par un costume trop astreignant.

Le style trop européen des enfants de la balle a succombé sous les coups ravageurs de conquérants rageurs. Le résultat pour le résultat et la kyrielle de fautes commises ou simulées a débouché sur l’expulsion, bien méritée, d’un joueur Auriverde.

Triste match assourdi par des commentaires virulents contre un pauvre arbitre dont la seule faute est d’avoir été présent.

Quelle est donc cette curée à laquelle nos aboyeurs se livrent et qui, à chaque rencontre, désavoue publiquement l’autorité ?

Quand va-t-on finir par plaindre l’erreur arbitrale plutôt que de sans cesse la blâmer ?

J’en ai assez de voir à longueur de rencontres, des pauvres types se faire agresser, injurier, pour n’avoir pas pris, aux yeux des censeurs, la bonne décision.

Mais où est-il ce joueur qui, voyant l’erreur de son coéquipier, irait l’insulter pour avoir manqué une passe, un pénalty, une transversale, une talonnade ?

Cette curie devient intolérable et indécente. L’arbitre est un homme et les verbiages incessants qui occupent près de vingt pour cent des propos des commentateurs, assistés maintenant d’ancien juges de terrain venus mettre leur grain sel dans cette montagne de fiel, tout ceci ne me parait plus tolérable.

Cette rencontre a été décevante pour des raisons bien plus profondes que les décisions jugées bonnes ou mauvaises d’un petit homme en noir. Il serait temps d’arrêter cette folie de nous vouloir ennemis les uns des autres.

Arbitrer c’est d’abord protéger et si les lois sont destinées à permettre le vivre ensemble, il est l’heure de s’en souvenir. La perfection n’est pas humaine et l’arbitre de ce quart de finale se couchera sûrement ce soir avec dans le ventre un peu de cette douleur qui nous fait parfois pleurer sur le Monde.

Il ne rejoindra aucun grand club qui le consolera, ne percevra aucun salaire mirobolant pour prix des crachats qu’il reçoit, et n’aura pour défenseurs que quelques confrères à la FIFA.

Messieurs, qui aux rencontres préférez les combats, je vous invite à vous porter au bord des rings, là où votre fougue, vos frustrations, votre désir d’en découdre se feront l’écho d’un bon pugilat.

Pour les autres, pour celles et ceux qui, comme moi, préfèrent les rencontres aux combats, les nobles défaites au triomphe des coups bas, je vous invite à prendre soin de notre humanité pour ne jamais devenir ennemis les uns des autres…

 

Marianne au bord de la crise de nerfs…

Un essayiste de renom - dont je tairais l’identité de crainte de faire offense à sa mémoire, pour l’amour qu’il portait à l’anonymat - avait pressenti l’état actuel de notre société et s’en était ému en ces termes « Pour amener les hommes à vivre « en public », on ne se contente pas de les rassembler en « masse » à toute occasion et sous n’importe quel prétexte ; on veut les loger, non pas seulement dans des « ruches » mais littéralement dans des « ruches de verre », disposées d’ailleurs de telle façon qu’il ne leur sera possible d’y prendre leur repas qu’ « en commun ».On s’efforce du reste, par tous les moyens, de les « dresser » à n’être pas plus différents entre eux que ne le sont les individus des espèces animales, si ce n’est même moins encore ».

L’actualisation de sa crainte est allée, malheureusement, bien au-delà de cette clairvoyance et, non content de faire de notre monde une gigantesque ruche de verre, on y plante d’innombrables caméras et autre capteurs d’intimité pour récolter « l’écho intime de notre savane ».

ecoute_la_rue_marianne_.jpgDe la Une racoleuse et vulgaire d’une « Equipe de gagneuses » à l’audit indigent d’une ministre rose venue espionner « son équipe de musclés », en passant par l’audition à l’assemblée des sages, de « délinquants fédérés », Marianne est au bord de la crise de nerfs…

La cascade « d’info volées », qui déferle sur les médias, s’enrichit même de la prostitution de quelque « député twitteur » trop heureux de saisir l’occasion pour sortir d’un anonymat dont le poids lui pèse bien plus que la souffrance de ses électeurs.

Le scandale paraît toujours très utile aux médiocres.

La preuve, le réflexe pavlovien des rédactions qui se sont empressées de donner la parole à ce Judas de Bourbon en l’invitant sur les divans de leurs plateaux. Ce petit homme, que je préfère laisser à l’ombre de sa bêtise, ne méritait certainement pas la prise de parole qui lui a été offerte et à moins de venir confesser sa faute pour s’humilier devant ses pairs, il eut été préférable de faire peser le poids du silence sur cette inadmissible transgression.

Un joueur de foot peut être vulgaire dans le secret d’un vestiaire et il appartient à son éducateur d’en tirer les conclusions, un député ne devrait pas avoir le droit de violer impunément le contenu d’un huis clos sans encourir une sanction exemplaire et à la mesure de son infraction.

Mais quel est donc cette folie soudaine que de vouloir tout savoir sur tout, tout le temps, par n’importe quel moyen, au seul prétexte d’une prétendue transparence à laquelle nous aurions droit et de quel droit parle-t-on ?

Caméra cachée, micro dissimulé, portable embusqué, ordinateur connecté, notre monde est devenu l’écran géant d’une émission planétaire à laquelle tout le monde doit participer. Est-ce ce droit qui nous est offert ? Ne serait-ce pas plutôt un devoir qui nous est imposé, le devoir de consommer une « fast-info » pour le plus grand bonheur des officines clownesques de nos « fast-médias » internationaux ?

Mais qui a décrété qu’il fallait tout divulguer, tout révéler ?

Au-delà de la supercherie à laquelle on tente de nous faire croire, de quelle révélation nous parle-t-on sinon de celle d’un couvercle pourtant salutaire que l’on se plait à soulever pour mettre à jour les déchets de notre humanité…

Est-il bien utile, de mettre sur la place publique cette part nauséabonde que chacun d’entre nous porte en lui et qui peut, à la faveur d’une situation particulière, s’échapper de nos actes, de nos lèvres et même de nos pensées.

Rien de ce que nos médias colportent en la matière n’est utile à la prétendue information qu’ils brandissent comme étendard de leur foi. La seule motivation, le seul moteur de leur déséquilibre reste la nécessité impérative de vendre du papier.

Il est certain qu’il serait plus utile, pour la sacro sainte « opinion publique » que ces faiseurs de scandale prétendent éclairer, que la vente de leur papier ou de leurs images se fassent en rouleaux. D’ailleurs, au train ou vont les choses, il n’est pas certains que la décennie ne s’achève, sans que quelque journaliste consciencieux, quelque député zélé, quelque ministre éclairé ou quelque spécialiste autoproclamé n’aille se planquer sous les douches ou au fond de la cuvette des WC d’un vestiaire enfiévré pour nous livrer via l’étude scientifique de quelque selles ou de la forme de quelque sexe, le régime alimentaire des athlètes, l’endroit où ils sont allé diner, à moins que la forme d’une lèvre ou d’un gland ne nous renseigne sur le niveau d’intensité des séances de fractionné.

m-foot_france.jpgMais au nom de l’information et au nom du droit de l’opinion publique à tout savoir, on peut bien accepter quelque entorse à une notion, devenue aussi obsolète que dérangeante, qui s’appelait autrefois déontologie.

Il est des mots que les chasseurs de voix aimeraient tant voir disparaître qu’au lieu d’en effacer les lettres dans les dictionnaires, il s’emploie à en tuer l’esprit pour mieux agir en maître.

Prenez garde messieurs les producteurs de scandales que votre tactique de l’attaque agressive, pour le succès à tout prix, ne se retourne contre vous, car les footballeurs, dont je suis, connaissent cette loi élémentaire des stades et peut être même de la vie : A trop se découvrir pour la seule conquête de la fin par des moyens pas toujours honorables, on risque les désagréments de contres imparables qui, trop souvent pour les joueurs téméraires, transmutent les victoires conjecturées en défaites mémorables.

Le supporter et les marchands du temple...

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Le douxième homme : le supporter, c'est autre chose que le fan affalé sur son fauteuil, la télécommande à la main...

Vouloir dresser le profil type du supporter équivaut à définir celui de l’humanité toute entière.

La magie du football opère bien au delà de tout caractère, de toute classe, de toute condition. Si l’enfant court vers le stade, il est bien souvent précédé ou suivi de son père, son grand père, sa maman, sa mamie, sa cousine, son ami, son frère, le voisin, le chauffeur du bus qui l’a déposé, le patron de son oncle, le ministre qu’il a vu à la télé, le chanteur qui le fait rêver…

Si la nature du joueur se révèle sur le terrain, l’attitude du supporter révèle la nature de l’homme venu assister à la rencontre.

Combien sont-ils ces introvertis qui se sentent pousser les ailes de la gloire, combien sont-ils ces extravertis que les larmes empêchent de prononcer le moindre mot devant un chef d’oeuvre de Zidane ? Combien sont-elles ces femmes, mères, épouses, qui détestent leurs maris vautrés dans le canapé, devenus aveugle et sourds pendant 90 minutes et qui, pour autant, se sont ralliées à la cause du football lors de notre seule et unique victoire de la Coupe du Monde ? Magie, magie, le supporter est partout, potentiellement partout et il suffit d’un événement particulier pour que celui qui décriait alors vingt deux abrutis courant derrière une balle, devienne alors le plus ardent défenseur de la cause du football.

Les supporters vont vers les terrains comme les pèlerins convergent vers leur centre spirituel. Aspirés, attirés, ils vont vers leur intérieur, ils vont vers leur centre. J’aime le supporter. Celui dont la vie est rythmée par la palpitation de son équipe, celui qui pleure des défaites et des victoires. Celui dont le regard s’allume dès qu’il pénètre aux abords du stade. Celui que l’on nomme le douzième homme.

Je sais que la société fait naître des éléments « monstrueux » de notre pollution humaine, comment en serait-il autrement… ! Mais malgré cette déviation inévitable, il n’en demeure pas moins vrai que, là comme ailleurs, pour une poignée d’âmes perdues, venues se défouler et évacuer un mal de vivre, la grande majorité des amoureux des stades apporte une énergie sans laquelle les joueurs de ballons seraient, à coup sûr, orphelins.

Lorsque je jouais, je les voyais se presser autour de la main courante, puis dans les gradins. Certains étaient d’anciens joueurs, d’autres encore, souvent les plus fervents, n’avaient jamais participé à une rencontre. Chaque fois, la même fraîcheur, des sourires, des mains qui se posaient sur moi bénissant mon entrée dans le temple. Que de regards j’ai pu croiser dans lesquels s’étaient endormis les rêves les plus fous ! Parfois je percevais le cri étouffé du désespoir dû au chômage, à la séparation. D’autre fois, l’odeur forte d’une vie d’alcool pour anesthésier des douleurs trop intenses, embaumait une accolade. Mais toujours, toujours, derrière ces masques, je percevais l’innocence de l’enfant.

Je sais que les stades sont devenus aujourd’hui de véritables camps retranchés et j’enrage de voir la ceinture de C.R.S entourer ces « temples » comme ils entourent d’ailleurs certains lieux de culte. L’analogie devrait nous donner à réfléchir. La responsabilité est à rechercher dans les causes, non dans les conséquences.

Combien d’orphelins de la vie viennent chercher un sens à leur devenir, combien, comme des animaux hurlant une douleur que personne ne veut plus entendre, se traînent dans les virages des stades : Dernière clinique offrant encore, fut-ce le temps d’un match, l’illusion d’une vie sans souffrance, ou du moins, une souffrance que l’on peut hurler, sans crainte d’être enfermé entre les quatre murs d’une cellule ou d’un centre psychiatrique.

Les supporters me touchent et la manipulation dont ils sont l’objet à des fins mercantiles devrait alerter davantage les pouvoirs publics. Les quelques « déséquilibrés », au sens strict de ce mot, ne sont pas autre chose que les victimes, ou plutôt le résultat de politiques comptables de l’univers professionnel.

Tout dans notre société moderne se réduit à l’efficacité, la productivité, le résultat. Les exigences du monde du profit à tout prix, se conjuguent mal avec l’esprit du sport. Quelqu’un m’a dit un jour, lorsque l’on veut dîner avec le diable, il faut une longue fourchette. Celles de certaines instances footballistiques sont souvent trop courtes…

Tout dans notre société moderne se réduit à l’efficacité, la productivité, le résultat. Les exigences du monde du profit à tout prix, se conjuguent mal avec l’esprit du sport. Quelqu’un m’a dit un jour, lorsque l’on veut dîner avec le diable, il faut une longue fourchette. Celles de certaines instances footballistiques sont souvent trop courtes…

Ce monde très particulier abrite trop de vendeurs de « chair humaine » dont les velléités s’accordent mal avec mon amour du ballon. Bien que minoritaires, ces commerçants déguisés, associés à quelques « fédératifs » trop bien nourris, ont eut raison de mon envie d’évoluer dans ce que l’on appelle, bien improprement à mon avis, le « football de haut niveau ».

Le football est une voie initiatique, pas une activité commerciale. Cette voie ne peut se satisfaire de marchands du temple et ceux qui l’empruntent doivent être qualifiés pour le faire.

Combien sont ils ces « grands argentiers » du football à s’abreuver de la sueur de nos jeunes héros ? Combien de parasites se remplissent les poches, vidant les coeurs pour s’abreuver de ce nectar divin ? Publicitaires, médias, hommes politiques de tous poils venus récupérer, à des fins électorales, une victoire, une défaite, un joueur…

Combien de ces vautours planent au dessus de l’enceinte sacrée ? Ils vous objecteront sans doute qu’ils servent la cause du football… Il serait plus juste de dire qu’ils se servent de cette cause et, la plupart du temps, à des fins peu honorables.

kipling.jpgJe vais illustrer d’un exemple l’état d’esprit dans lequel s’est emprisonné le monde dirigeant du football actuel. Alors que je passais un diplôme d’éducateur, je me trouvais dans un centre de formation de jeunes joueurs. Comme chaque fin de semaine, les parents venaient chercher leurs progénitures. Quelle n’a pas été alors ma stupéfaction de surprendre l’altercation entre un formateur et un jeune à cause de l’oubli de son sac de sport « à l’effigie de la marque qui fournissait les équipements ». Il lui a été dit haut et fort que la prochaine fois, c’était l’exclusion du centre. J’étais assommé.

Je me revoyais, pieds nus, sur mon terrain vague algérien, disputant une rencontre de quartier pour une bouteille de sélecto, sous les hurlements des supporters locaux venus encourager nos efforts. J’avoue que cet événement m’a profondément marqué. Tellement que j’ai toujours enjoint les parents de jeunes joueurs à n’acheter que les équipements meilleur marché, convaincu que jamais l’équipement n’a fait le joueur.

Le « business supporter » est si juteux que les fumigènes que l’on condamne, sont vendus par ceux la même qui prétendent les interdire. Instaurer dans de telles conditions un code de comportement relève du miracle et je trouve que la délinquance de certains supporters est une délicatesse face à celle de ceux qui l’exploitent.

Malheureusement, ceux qui font commerce de l’humain ont compris, depuis fort longtemps, que la haine génère plus de profit que l’amour.

On a atteint de tels sommets que même les supporters finissent par être contaminés par le syndrome du résultat. Gagnez, sinon on ne vient plus vous voir ! Au lieu de laisser les speakers autour des stades haranguer les foules avec des slogans guerriers, il serait bon d’afficher, au dos des billets, un extrait, par exemple, du texte de Rudyard Kipling « Si… » :

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

(Traduction : Paul Eluard)

28/06/2010

Il était une Fois... Des marchands de Foi !

00793070-photo-affiche-le-bon-la-brute-et-le-truand.jpgLorsque j’ai publié mon premier essai en 2005 (Une balle pour la Paix - Football sport sacré ? Editions Mélanges), je ne pouvais supposer que cinq ans plus tard, une recrudescence de « signes extérieurs de religiosité » allaient à ce point marquer la coupe du Monde 2010.

La palme revient sans conteste à Diego Maradona, sélectionneur de l’équipe d’Argentine qui ne peut plus compter sur sa seule main pour conquérir son graal.

Pris d’une ferveur compulsive, il enchaine les signes de croix comme Eli Wallach, la brute dans cet inoubliable western spaghetti des années 70 « Le bon, la brute et le truand ». Notre Diego peut même s’enorgueillir du succès de ses incantations puisque non seulement son équipe enfile les victoires mais, de surcroît, elle a bénéficié, lors de son huitième de finale contre le Mexique, d’une intervention occulte qui a littéralement aveuglé un des arbitres de touche : Frappé d’on ne sait trop quelle amnésie providentielle, il a « oublié » le hors jeu de Carlos Tevez sur le premier but qu’il inscrit pour l’Albicéleste.

De là à penser que le nombre de signes de croix est déterminant dans le résultat des rencontres de son équipe, il n’y a qu’un « petit pont » que notre faiseur de miracle, à la main joueuse et pieuse, saura franchir sans états d’âme.

Ainsi, après le fléau qui s’est insinué dans le sport, par les nationalismes sectaires que nous avons dénoncés par ailleurs, (voir chronique « Coupe du Monde 2010 : la fin des équipes nationales) nous assistons aux manifestations de foi qui, de notre point de vue, loin d’exprimer la moindre intuition intime relèvent plutôt de la plus banale superstition…

Bien entendu, il ne s’agit aucunement pour ces « bondieusards » d’évoquer ce qui peut faire accéder à une quelconque transcendance mais bien de conjurer ce qui pourrait les empêcher de prendre le pouvoir. Car en définitive, c’est bien uniquement de cela dont il s’agit et je vous garantie que la manière importe peu à tous nos sélectionneurs, présidents de fédérations, ou ministres des sports et bientôt, au train ou vont les choses, aux ministres des cultes, avides de domination. Ce qu’il leur faut à tout prix et même à n’importe quel prix, c’est monter sur la première marche : Place au score !

Malheureusement, l’expérience nous enseigne que, quel que soit le domaine où la quantité prend le pas sur la qualité, les consciences se sclérosent et s’affrontent.

Loin de moi la volonté de dénier le droit de chacun à l’expression de sa foi, mais il me semble que lorsqu’elle est pure, elle ne s’embarrasse pas de tout cet attirail ostentatoire voire prosélyte qui s’affiche au bord des pelouses. Les signes extérieurs de religiosité sont à la foi, ce que le doudou est à l’enfant, un contre phobique. La différence réside dans les conséquences de ces déséquilibres.

Cette coupe du Monde 2010 offre toutes les surprises et celle-là est de taille. On s’interroge sur la pertinence d’un arbitrage vidéo, qui émeut jusqu’aux chefs d’états, mais pas une voix ne s’élève pour prévenir des dangers de ces manifestations de chapelles. Ces simulacres d’oraison devraient inciter à la prudence, les élites sacerdotales quelles qu’elles soient avant que les dérives de ces comportements immatures ne viennent polluer un peu plus les esprits les plus fragiles.

Si le Sacré inclut les religions, les doctrines et tout ce qui se manifeste en ce bas monde, il s’affranchit, « grâce au ciel », des petitesses dévastatrices des dévots de bistrots.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’exprimer une quelconque révolte mais simplement de mettre en garde contre ces petits riens qui finissent par faire de si grands riens qu’ils accouchent d’immenses chaos.

Le football est, de notre point de vue, la manifestation incontestable du sacré. Cette notion a pour seule fonction de « rassembler ce qui est épars », de permettre ici ou ailleurs la conscience de la communauté originelle de tout être et de toute chose.

Le football offre à vivre la réalité des rencontres par la joie et le partage.

Nul ne sait, à l’heure où j’écris ces lignes, qui de l’Argentine, de l’Espagne ou de toute autre équipe emportera le trophée 2010, mais une chose est certaine, ni la croix, ni le croissant, ni aucune étoile du ciel ou d’ailleurs, aucun symbole, aucun signe, même gesticulé par des « singes de Dieu », ne décidera du résultat de cette coupe du Monde et ce, pour cette simple raison, que la foi est une oraison muette et silencieuse qui ne se nourrit d’aucune gymnastique frénétique et hystérique mais seulement d’intentions pures et de paix.

22/06/2010

Se souvenir des belles choses...

DSC_1417.JPGIl y a des jours où l'on s'en veut d'être « comme tout le monde »...

Comme tout le monde depuis des années je peste contre Domenech, comme tout le monde je ne parviens pas à comprendre comment une bande d'incompétents dirigent toutes les fédérations du monde, comme tout le monde j'ai acheté L'Equipe pour sa Une racoleuse, comme tout le monde je me suis précipité dans les pages intérieures pour y lire la transpiration du vestiaire, et comme tout le monde j'ai eu honte de ce que j'ai entendu et plus encore d'avoir tendu un œil voyeur, comme tout le monde....

Comme tout le monde j'ai pesté contre le voyage des poules de luxe venues rejoindre leurs petits coqs, comme tout le monde je suis resté dubitatif quand j'ai vu nos stars se donner bonne conscience au milieu des townships délivrant ça et là quelques autographes que maintenant les enfants vont probablement jeter à la poubelle en même temps que leur rêves.

Comme tout le monde j'ai condamné l'attitude démagogique d'une secrétaire d'Etat mise en quarantaine par une sélection vexée, et comme tout le monde, je me suis offusqué d'apprendre que madame-sans-gêne avait retenu puis annulé, mais trop tard, une suite à l'hôtel pour ne pas y coucher.

Comme tout le monde je n'en peux plus de voir madame « vaccin contre la grippe » se fendre d'analyses footballistiques en compagnie d'un Mr Identité Française convaincu de sa pertinence en toutes matières. Comme vous tous j'ai moins regardé les rencontres ces jours derniers. Comme vous tous, des amis m'ont appelé. Anciens joueurs comme moi ou éducateurs comme moi ou simples citoyens comme moi, ils m'ont appelé pour me demander un avis, un conseil et comme vous tous, je leur ai livré mon dégoût, mon intention de tout plaquer, de ne même plus regarder, de ne plus me mêler de football convaincu que tout est devenu tellement lamentable que plus rien n'y pourra rien changer.

Vous voyez que de ce point de vue au moins, la vision de cette médiocrité offre l'opportunité de créer un peu d'unité.

Tous ensemble nous avons condamné ce spectacle affligeant d'un groupe fissuré, apeuré, sans gouverne, sans noblesse, sans générosité, sans.... Un peu à l'image de notre France, sans projet commun et de plus en plus divisée.

Alors, j'ai dis j'arrête tout, moi aussi je jette mon chrono, moi aussi je démissionne de la présidence de mon association, moi aussi j'envoie tout balader pour m'occuper de théâtre, de lecture, de voyages, de moi quoi.

Et puis, hier en fin de journée, le 21 juin, jour le plus long de l'année ou presque, j'avais rendez-vous chez Danone pour préparer la prochaine DNC (coupe du monde des benjamins), à laquelle vont participer 40 pays du monde en Afrique du Sud et parrainée par Zinédine Zidane.

Alors, je me suis souvenu du regard de tous ces gamins que des années durant j'ai eu la joie d'entraîner, de leur espoir et du bonheur qu'ils m'ont offert certains soirs où ma vie d'homme penchait un peu de côté.

Je me suis souvenu de France 82 et de la victoire dans la défaite, des larmes du carré magique, je me suis souvenu de France 98 et de la liesse dans les rues de notre pays et de l'étreinte de cette octogénaire me racontant la fête de la fraternité d'une France libérée.

Je me suis souvenu que la solidarité sur le terrain c'est de compenser l'erreur de nos partenaires avant qu'elle ne devienne une faute, je me suis souvenu des belles choses et hier, j'ai rallumé la télé. Hier, j'ai vu David Villa et l'Espagne nous régaler, j'ai vibré de nouveau des "une deux" de Xavi, Puyol ou Piqué, j'ai effacé les titres racoleurs d'une presse trop pressée et je me suis souvenu des belles choses.

J'ai nettoyé de mes pensées la marée noire venu s'échouer jusque sur les terrains du Cap et de Pretoria, j'ai asséché les larmes des enfants des townships, qui ne pourront pas venir assister aux rencontres des privilégiés, j'ai débloqué de mon espoir le blocus de Gaza où j'ai construit un «Terrain Pour la Paix» sur lequel aucune balle tirée ne blessera jamais, j'ai décidé de ne me souvenir que des belles choses.

Voilà comment d'un cauchemar on peut accoucher d'un magnifique rêve alors, pour les quelques heures qui nous restent avant la rencontre de ce soir, souvenons-nous des belles choses, espérons et rebâtissons ensemble cette Douce France, souvenir de notre enfance bercée de tendre insouciance qui somnole dans nos cœurs....

17/06/2010

Luc Ferry, culture ou inculture du sport ?*

*En réaction à la chronique de Monsieur Luc Ferry dans le Figaro du 17 juin p.15 - A lire ICI

C’est un penchant bien connu des sophistes d’affirmer tout et son contraire.

Nombreux sont celles et ceux qui, de nos jours, se parent du titre de philosophe et prétendent faire autorité en toutes matières. Monsieur Ferry ne déroge pas à cette triste règle et sa chronique parue dans le figaro prouve, si besoin était, la faculté avec laquelle certains s’arrogent le droit d’asséner des points de vue aussi stériles qu’inutiles sur des sujets dont, à l’évidence, ils ne possèdent aucune maîtrise.

Comment peut-on espérer résoudre un problème en posant d’aussi mauvaises questions ou, pour accorder le crédit de la méconnaissance à Monsieur Ferry est ses semblables, comment peut-on les poser aussi maladroitement ?

Monsieur Ferry, vous qui avez été ministre de l’Education Nationale ne pouvez, à ce point, confondre l’Idée et sa représentation, la fonction et celui qui l’incarne, le foot de quartier ou d’école et l’Equipe de France. Stigmatiser les uns à cause des travers des autres relève d’une préoccupante myopie intellectuelle. Vous agissez comme ceux qui, ne voyant plus la lumière, finissent par en nier l’existence.

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Non, Monsieur Ferry, le sport ne se limite pas aux clichés que vous évoquez, non Monsieur Ferry, dans les prisons où notre association travaille, il n’y a pas de place pour les dérives que vous décrivez et qui, pour existantes qu’elles soient dans le monde dessiné par les médias, sont loin de se limiter à ces déviances. Réduire aux seuls clichés médiatiques les vertus d’une activité humaine essentiellement aussi noble est absolument désolant et votre confidence ultime concernant votre inclinaison personnelle vers la formule 1 ou les matchs de prestige ne change rien à l’affaire.

Pour ce qui nous concerne, loin de nous arrêter aux seules apparences colportées par les faiseurs de scandales, nous connaissons les bienfaits réels d’une éducation par le sport qui, loin de se limiter aux seules considérations morales, permet de transmettre la conscience du lien entre tous et la nécessité de la cultiver pour la renforcer et la préserver. Notre association œuvre au quotidien dans les clubs, les prisons, les écoles, partout où l’on nous accorde la possibilité de transmettre par le jeu, ce que l’école peine à enseigner par la contrainte.

L’aspect enjeu et même compétition ne nuit en rien au dépassement de l’individu à condition de transmuter la vision agonale, dont on a injustement affublé le sport, en vecteur d’échange, de partage, de paix.

Le sport est effectivement ce que l’on en fait et la vision que l’on a des choses dépend aussi de notre aptitude et de notre volonté à les appréhender.

Ainsi, Monsieur le ministre, plutôt que de décrier ce qui fait rêver les enfants, plutôt que de mettre l’accent sur les seuls aspects pervers et pervertis de tel ou tel sport, je vous suggère de nous aider à parfaire et à continuer notre action pour extirper des mentalités la seule vision guerrière qui prévaut de nos jours, afin de transmuter les affrontements en rencontre, les adversaires en concurrents, certaine victoires en défaites et certaines défaites en victoire.

Quand aux talents naturels dont bénéficient certains « élus » que vous incriminez, réjouissez vous plutôt de cette aubaine et enseignez à l’élu comment faire œuvre de grandeur en ajustant son effort au niveau de don qui lui a été offert afin que tous en bénéficient.

Les déviances qui habillent le sport, la politique, l’éducation, l’environnement ne doivent pas être prétexte à renoncer et encore moins à rendre responsable de tous les maux ce que nos inconsciences entachent.

Le monde prend la couleur que nous lui donnons et la rivière où les poissons meurent ne porte pas le responsabilité de la pollution.

Je vous concède volontiers que les plans de conscience des footballeurs ne souffrent pas la comparaison avec le Christ, Galilée, Hugo ou De Gaulle mais est-il bien raisonnable d’établir ce genre de comparaison ? Les plans d’action de ces personnages ne sont déjà pas comparables entre eux, bien que pour ce qui concerne le Christ, il n’est pas certain qu’il ne soit pas plus près d’un Messi, ( pardon pour le jeu de mot bien involontaire), que d’un De Gaulle car le stade est un lieu de communion bien plus vivant que ne le sont les lieux de cultes, les assemblées politiques ou les laboratoires de recherches.

Monsieur Ferry, j’espère sincèrement que votre vision parviendra à s’ouvrir, au-delà de l’écran déformant, sur l’univers de grandeur, de noblesse et d’espoir qu’est le sport.

L’ancien footballeur professionnel que je suis, l’éducateur que je prétends être et l’homme que je tente de devenir vous invitent à plus de mesure avec la conviction que, fort de cette prudence, lorsque vous ne serez plus qu’un souvenir, certains s’aventureront à déclarer que vous étiez l’inlassable quêteur d’une sagesse à laquelle vous saviez que l’on ne peut que prétendre…

 

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