06/07/2010

Maradona, la pression de la main de dieu…

 

maradona-kusturica-na-pas-main-dieu-veut-L-3.jpegJe ne sais pas si les étreintes de Maradona sont la « preuve » de l’amour qu’il porte à ses joueurs mais ce dont je suis certain, c’est que la manifestation ostentatoire de cette effusion n’est en aucun cas un gage de compétence.

A trop vouloir faire de Messi son double, il a réussi à asphyxier le plus beau joueur de la planète. Le côté mère juive pour ce qu’il peut avoir de drôle sur un écran de cinéma devient insupportable dans une épreuve de cette importance.

Je sais que l’époque se prête à l’épanchement public de toutes les intimités mais là comme ailleurs, il faut savoir ne pas sombrer dans l’indécence. La Manschaft s’est surprise elle-même de la facilité à prendre l’ascendant sur une équipe argentine dont le seul génie reposait sur un petit bonhomme déjà ivre de la pression de la main de dieu.

Triste fin pour celui que tout le monde voulait voir au sommet de l’olympe et qui, par l’envie et la frustration d’un tricheur de légende, va devoir affronter le démon des regrets.

On n’a presque rien envie d’écrire sur cette rencontre tellement rien ne s’est passé comme on l’avait imaginé. La faible flamme d’un tango emprunté s’est éteinte sous les bourrasques récurrentes d’une Manschaft déchainée. Il n’aura fallu que quelques minutes pour que le rêve de notre petit prince ne se transforme en cauchemar.

Rien, sinon la tristesse d’un enfant à qui un père envahissant a confié les clés de sa propre rédemption. Le poids posé sur les épaules de ce pauvre gamin pesait de toute l’amertume du maitre qui refuse d’être éclipsé par l’élève. Cette défaite annoncée a été le fruit de la volonté d’un homme à conserver son statut de légende.

Je ne sais pas quelle a été la part de conscience dans l’écriture de ce médiocre scénario mais je sais que son auteur s’en sortira mieux que les acteurs qu’il a dirigé. Je rêvais à l’apothéose pour ce gamin de 22 ans, sortit droit d’un conte de fée où la souffrance transcendée par l’effort et le talent était parvenue à vaincre la fatalité.

Petit Lionel était devenu grand, peut-être un peu trop grand pour un petit jongleur, immense technicien, mais pour moi petit joueur depuis cette petite main qui en a fait un petit dieu.

Ce que j’ai retenu de positif de ce drame en deux actes et quatre buts, c’est que tel est pris qui croyait prendre et que je parie que le petit Lionel aura une autre occasion de nous amener sur sa planète, celle du jeu vrai, du jeu juste, du jeu simple, du jeu beau, celle ou les yeux ne servent à rien pour voir les arabesques dessinés par les petits princes, celle ou l’on ne voit bien qu’avec le cœur.