23/04/2011
Barça... Le nouveau monde !
Le football est un langage universel dont l’expression symbolique offre, à qui prend la peine de s’y arrêter, les clés de lecture d’une époque.L’antagonisme originel Caïn/Abel a pris le nom de Real/Barça... Comparaison n’est pas raison, s’empresseront de rétorquer nos philosophes. J’oserais en retour les inviter à s’affranchir des barrières de ce dogme pour qu’ils se libèrent des limites de sa prison et, à l’instar du poète, je leur dirai que le cœur a ses raisons que la Raison ignore…
Il n’est pas inutile de se pencher d’un peu plus près sur la représentation de nos deux équipes et, au-delà, sur ce qu’elles véhiculent et cristallisent :
Le Real Madrid, loin d’être le collectif qu’il a été, se réduit de nos jours à un état d’esprit et une mentalité incarnés par deux hommes qui, d’une certaine manière, n’en font qu’un: Mourinho José-Fiorentino Pérez.
Cette entité bicéphale n’a d’autre objectif que le Pouvoir pour assouvir l’insatiable appétit d’un ego atrophié. Dominer, dominer, dominer… Les moyens importent peu, pourvu que le tableau du score affiche, à l’issue des rencontres, un but de plus que celui que l’on considère toujours comme « l’adversaire ».
Cette volonté farouche d’éliminer celui que l’on pourrait nous préférer est aussi vieille que le monde et si les noms changent, les fonctions restent. De nos jours, le Real est au Barça ce que Caïn fut à Abel et ce qu’ils représentent est immuable : le couple des contraires.
Depuis 2006 et le fameux coup de boule de Zinedine face à un Materrazzi très Mourinhesque, le trophée porté par l’équipe Italienne était entaché du péché. La révolte de l’ange, bien que vécue comme un drame, demeurait plus noble que la victoire du démon. La coupe levée par la Squadra Azzura, loin de contenir le breuvage d’immortalité que confère le Saint Graal, s’était remplie de la bile de Judas.
J’entend déjà les voix qui s’élèvent, en défenseurs des petits scribes calculateurs, clones des Mourinho/Pérez ou Materrazzi, pour nous expliquer que l'objectif du foot étant d’inscrire un but de plus que son « adversaire », la fin justifie les moyens, voire tous les moyens y compris les moins nobles et c’est bien de cela d’ailleurs dont il s’agit, c’est bien de cela que je souhaite vous entretenir.
Cette vision agonale d’un monde avide transpire de tous les pores des joueurs madrilènes. Non que leurs natures les inclinent à ce penchant Mourinhesque mais les salaires, que leur statut de « pom pom boys du Président » impose, fait d’eux des pantins gladiateurs au service d’empereurs du vide.
Le monde depuis toujours oscille selon les époques entre Caïn et Abel, entre Real et Barça et ce qui importe ici n’est pas tant les noms, que les fonctions respectives incarnées par ces entités au gré des époques et des cycles de leur manifestation.
Notre époque est indiscutablement Real, violente, cupide, avide, arrogante, provocante, polémique…
Pourtant, depuis le dernier mundial, la face Barça sort de l’ombre.
Pepe Guardiola, l’anti Murinho, et son équipe pointent le nez du nouveau monde, celui de l’élégance, de la noblesse, de la Victoire au V majuscule ; Non pas celle que l’on pense obtenir sur l’autre pour la gloire éphémère d’une domination sans partage, mais celle que l’on obtient sur soi, grâce à la résistance de l’autre. Cette victoire là se bâtit sans haine, elle se conquiert grâce à l’amour de l’autre et de ce que sa résistance nous offre à dépasser et à découvrir de nous mêmes.
Loin des chimères du pouvoir, la Victoire du monde Barça est une catharsis, une transmutation des contraires en complémentaires. Le monde Barça est un sacrifice permanent, celui de notre ego sur l’autel de la grâce pour que s’unissent, par l’opposition, les deux parties d’un même corps, les deux faces d’un unique ballon éternel.
La récurrence des classicos devrait nous interpeller. Bien au-delà des scores et des déchainements qu’ils vont entrainer, bien au-delà des ambitions Mourinho/Pérez, des polémiques de tous les chroniqueurs qui refont les matchs sans pour autant rien y comprendre, des arrière-pensées politiques, économiques, au-delà des personnes qui vont s’affronter par le jeu de balles qu’ils voudraient parfois plus perforantes que bondissantes, je pense au Nouveau Monde que notre époque porte en son sein.
Un monde qui, par les cris sourds de sa passion, de ses cataclysmes et de ses révoltes, annonce la venue d’une époque de lumière, une époque Barça où le jeu reprend la main sur l’enjeu pour dissiper les hurlements de la bête qui vocifère le long des bancs de touches, aux accents d’un Mourinho, dernier sursaut d’un monde Real qui sent confusément venir sa fin…
01:33 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe, monde, barça, real, madrid, barcelone, caien, abel, pérez, nouveau, football |
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02/10/2010
Danone Nations Cup 2010 - Jour 1
"Je déclare officiellement ouverte la 11ème Danone Nations Cup 2009 ET 2010"... Voilà, ça y est, l'aventure a commencé !
Quelle ambiance, quel bonheur de voir ces milliers d'enfants, ces nations de toutes les couleurs ici sur "la terre mère" comme les sud-africains nomment leur pays ! Une terre rouge flamboyante, une nature luxuriante pour un pays dont on ne peut ignorer qu'ils se reconstruit.... encore...
Ici de jeunes footballeurs jonglent savamment avec un ballon avec humour et dextérité pour le plus grand plaisir des enfants qui applaudissent à tout rompre, là des équipes qui se ré-unissent, là-bas, les journalistes caméras et appareils photos au poing ne savent plus où donner de l'objectif, plus loin, les officiels se préparent, la tribune est grandiose à la mesure de l'évènement qui réunit cette année deux Danone Nations Cup : 2009 et 2010.
Cette année, 2 autres prix supplémentaires seront remis : celui du "Meilleur Coach" et de la "Meilleure équipe" sur les terrains mais également en dehors des terrains, ce sont en quelque sorte les récompenses du meilleur esprit, du plus bel engagement, du vrai respect, de l'autre, de soi et de la nature... Parce que vous le savez-maintenant, il ne faut pas confondre Victoire et Résultat. Gagner au score n'assure pas une équipe d'être "la meilleure" car la meilleure serait celle qui aurait gagné au résultat mais également gagné par la qualité de son jeu, de ses joueurs, de son coach sur et hors des terrains...
Nous pensons vraiment que cela est possible, si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain ou après-demain mais pour espérer y arriver un jour, c'est aujourd'hui qu'il nous faut y travailler....
Ce que nous faisons chaque jour sur nos "Terrains de la Paix", nous l'offrons aujourd'hui, à travers notre partenariat avec la Danone Nations Cup", à tous les enfants du monde avec l'espoir de leur permettre ainsi de grandir sur une terre ouverte et accueillante où les devises "Accueillir Encourager Partager" et "Engagement Respect Victoire" prennent tout leur sens...
Si nous n'avons jamais jusqu'à ce jour accepté de "partenariat officiel", c'est que nous n'avions pas rencontré les personnes capables de comprendre le sens de notre démarche, nos valeurs et le temps que nous acceptions de "perdre" pour être sûrs de les faire passer correctement aux enfants et aux adultes chargés de leur éducation...
Puis c'est arrivé, ce sens et cet esprit, nous l'avons rencontré avec bonheur auprès de nos interlocuteurs chez Danone (Danone Nations Cup) et chez Prodeo (Organisation de la DNC). Depuis, notre collaboration est devenue un engagement qui ne s'est pas démenti depuis notre première rencontre en 2008 et qui s'est même developpée dans un climat de confiance et de respect mutuel pour une vision, du jeu et des enfants, fidèle à nos engagements respectifs.
Nous sommes fiers de participer à cette magnifique aventure humaine et sportive qu'est la Danone Nations Cup et heureux de le partager avec vous.
A demain !
09:00 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danone, enfants, kids, nation, cup, pretoria, afrique du sud, pays, football, coupe, monde, zidane |
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01/10/2010
Danone Nations Cup 2010 en Afrique du sud

La Danone Nations Cup fête ses 11 ans ! 11 ans de rêve, d’échange et de sport partagés par plus de 18 millions d’enfants. Du 30 Septembre au 3 octobre 2010, après 6 mois de qualifications nationales dans 40 pays, la finale mondiale de la Danone Nations Cup enflamme l’Afrique du Sud avec des moments hauts en couleurs et riches en aventures humaines. Zinedine Zidane, parrain fidèle, sera au rendez-vous pour lancer la 1ère finale hors de l’hexagone de la plus grande compétition de football mondiale destinée aux enfants.
Au-delà des frontières du sport, cet événement, voué désormais à voyager aux quatre coins de la planète, s’engagera aussi localement en faveur de l’enfance et de la santé par la mise en place d’actions durables.
Aux finalistes de l’édition 2010, se sont joints exceptionnellement l’ensemble des équipes qualifiées pour la Finale Mondiale de la Danone Nations Cup 2009 que Danone avait choisi de reporter en raison des risques liés à la pandémie de grippe H1N1. Ainsi, ce sont plus de 1000 enfants réunis en Afrique du Sud pour prendre part à une édition de tous les records.
Pour cette Danone Nations Cup 2010 en Afrique du sud, 3 nouvelles équipes connues et beaucoup d’autres à venir : Sinenzuzo Primary School (Afrique du Sud), Millenium Team (Portugal) and Whitgift Independent School (Angleterre) se sont qualifiés pour la Finale Mondiale de la Danone Nations Cup 2010.
De plus une équipe d'Haïti sera invitée à la Finale Mondiale de la Danone Nations Cup 2010 en Afrique du Sud en Octobre.
"La Danone Nations Cup est une véritable Coupe du Monde pour les enfants. J'aurais aimé avoir la possibilité de vivre une telle aventure à cet âge. Pour les enfants du monde entier, c'est une chance dans la vie de participer à un tel grand événement ! Pour moi, il est un engagement très naturel. Lorsque j'étais enfant, j'ai eu tout ce que j'ai besoin, une enfance heureuse, et comme un adulte, en retour, je tiens à apporter le plus que je peux pour les enfants" Zinédine Zidane http://blog.danonenationscup.com/zidane_ambassador/
Pour terminer quelques chiffres :
Danone Nations Cup 2010 en chiffres
11e édition - 40 pays
5 nouveaux pays en 2010 : Haïti, Lybie, Mozambique, Nouvelle Zélande, USA
2 500 000 d’enfants âgés de 10 à 12 ans
Plus de 25 000 écoles et 20 000 clubs impliqués à travers le monde en 2009
1120 joueurs en Afrique du Sud durant 4 jours (édition 2009 & 2010)
700 000 spectateurs dans le monde et 27 000 spectateurs à Paris en 2008
250 journalistes accrédités lors de la Finale Mondiale en 2008
Plus de 200 heures de diffusions TV dans le monde en 2008
2400 articles dans le monde en 2008
AFRIQUE DU SUD
Ici il fait 30° à l'ombre, l'Afrique du Sud vibre aux accents de la joie de ces milliers d'enfants venus du monde entier pour jouer leur première coupe du monde...
Dès demain, un résumé du JOUR 1 de la Coupe du monde des enfants à l'Université de Prétoria... En voiture, c'est parti !!!
10:04 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danone, cup, enfants, coupe, monde, football, afrique, sud, terrains, paix |
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06/07/2010
Maradona, la pression de la main de dieu…
Je ne sais pas si les étreintes de Maradona sont la « preuve » de l’amour qu’il porte à ses joueurs mais ce dont je suis certain, c’est que la manifestation ostentatoire de cette effusion n’est en aucun cas un gage de compétence.
A trop vouloir faire de Messi son double, il a réussi à asphyxier le plus beau joueur de la planète. Le côté mère juive pour ce qu’il peut avoir de drôle sur un écran de cinéma devient insupportable dans une épreuve de cette importance.
Je sais que l’époque se prête à l’épanchement public de toutes les intimités mais là comme ailleurs, il faut savoir ne pas sombrer dans l’indécence. La Manschaft s’est surprise elle-même de la facilité à prendre l’ascendant sur une équipe argentine dont le seul génie reposait sur un petit bonhomme déjà ivre de la pression de la main de dieu.
Triste fin pour celui que tout le monde voulait voir au sommet de l’olympe et qui, par l’envie et la frustration d’un tricheur de légende, va devoir affronter le démon des regrets.
On n’a presque rien envie d’écrire sur cette rencontre tellement rien ne s’est passé comme on l’avait imaginé. La faible flamme d’un tango emprunté s’est éteinte sous les bourrasques récurrentes d’une Manschaft déchainée. Il n’aura fallu que quelques minutes pour que le rêve de notre petit prince ne se transforme en cauchemar.
Rien, sinon la tristesse d’un enfant à qui un père envahissant a confié les clés de sa propre rédemption. Le poids posé sur les épaules de ce pauvre gamin pesait de toute l’amertume du maitre qui refuse d’être éclipsé par l’élève. Cette défaite annoncée a été le fruit de la volonté d’un homme à conserver son statut de légende.
Je ne sais pas quelle a été la part de conscience dans l’écriture de ce médiocre scénario mais je sais que son auteur s’en sortira mieux que les acteurs qu’il a dirigé. Je rêvais à l’apothéose pour ce gamin de 22 ans, sortit droit d’un conte de fée où la souffrance transcendée par l’effort et le talent était parvenue à vaincre la fatalité.
Petit Lionel était devenu grand, peut-être un peu trop grand pour un petit jongleur, immense technicien, mais pour moi petit joueur depuis cette petite main qui en a fait un petit dieu.
Ce que j’ai retenu de positif de ce drame en deux actes et quatre buts, c’est que tel est pris qui croyait prendre et que je parie que le petit Lionel aura une autre occasion de nous amener sur sa planète, celle du jeu vrai, du jeu juste, du jeu simple, du jeu beau, celle ou les yeux ne servent à rien pour voir les arabesques dessinés par les petits princes, celle ou l’on ne voit bien qu’avec le cœur.
10:21 Publié dans En attendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe, monde, maradona, football, main, dieu, messi, argentine, prince |
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19/06/2010
Coupe du monde 2010 : la fin des équipes nationales !

Le concept de Nation qui a pris son essor au XVI siècle, a connu son apogée avec la révolution Française. L’Autorité spirituelle, qui jusqu’alors unissait des communautés de pensées, au-delà des lieux de naissance ou de résidences, a fait place à l’idéal patriotique.
Loin d’être rassemblés par la conscience d’une cause supérieure à l’individu, les nationalistes ont accouché d’une parodie de principe qui leur a permis de substituer habilement au concept de communauté de consciences, celui de communauté d’intérêts.
Le matérialisme croissant porté par la vague révolutionnaire a fini de recouvrir les derniers vestiges de l’Autorité spirituelle qui jusqu’alors organisait le monde. Fractionnées au gré du pouvoir des plus forts, l’appropriation des terres est devenu le jeu et l’enjeu majeur des ambitions cupides des princes sans couronnes.
Pourquoi cette l’évocation de cette genèse ? Pour nous alerter sur l’urgence à se départir des armes de destructions massives, que sont devenues ces armées en crampons, désignées par le terme d’ « équipes nationales ».
Ces bataillons de mercenaires, loin d’unir les peuples par le partage d’une passion commune, exacerbent les intérêts et les pulsions les plus inférieurs de notre nature humaine. On est en droit de vibrer à la vue d’un athlète qui possède la maîtrise de son art et en devoir d’encourager son œuvre, mais depuis quand ne faudrait-il manifester son admiration, qu’en fonction de la couleur du maillot des virtuoses ?
Qui a érigé en devoir de supporter telle ou telle équipe en fonction du seul critère imposé par la rubrique Nationalité figurant sur nos cartes d’identités ?
Comment, à l’heure où ceux là même qui nous gouvernent posent la question de « l’Identité Nationale », comment nos parangons de morale, scandalisés par le mutisme des joueurs à l’écoute d’hymnes, devenus soudainement sacrés pour l’occasion, comment nos gouvernants de salon sont-ils à ce point frappés de cécité, pour ne pas voir que leur Idéal National est en train d’imploser ?
Comment voudriez vous dans ce contexte de mondialisation, de métissage croissant qui fait évoluer un fils de turc en équipe Nationale Allemande, un fils d’Algérien en équipe de France, un fil de Sénégalais dans celle du Danemark, comment voudriez vous que soit indéfiniment validée cette absurdité ?
Sans vouloir vous importuner des avatars de ma petite vie, je suis contraint de vous livrer un peu de mon histoire personnelle afin de vous démontrer, si besoin était, l’inanité de cette notion obsolète et dévastatrice que constitue cette illusion qu’est la Nation et la folie qu’elle engendre.
Je suis de mère Française et de père Algérien et les seules émotions qu’ont jamais fait naître en moi ces deux cartes d’identités, se limitent à celle qu’a toujours provoqué leur présentation aux polices des mes deux « mère patrie ».
Pour le reste, le seul bonheur de ces appartenances accidentelles réside dans l’humanité que je partage de chaque bord de la Méditerranée avec celle et ceux qui ont su s’affranchir de ces chimères.
Les Nationalismes ne servent qu’à dresser les peuples les uns contre les autres afin de mieux les manipuler.
Oui, je peux pendant une même rencontre de football supporter alternativement l’une ou l’autre des équipes et ce, pour la simple et excellente raison que j’aime le football. J’aime le beau jeu indépendamment de la couleur du maillot, de celle de celui qui le porte ou le pratique. J’aime le football parce qu’il est un principe universel et unificateur. J’aime le football parce que sa nature nous affranchit des frontières sectaires et vulgaires des nationalismes criminels.
Non, je n’ai jamais chanté la Marseillaise* ou Kassaman* et j’en suis fier. Si mon père Algérien a versé son sang pour libérer la France du nazisme puis l’Algérie du colonialisme, ça n’était pas par patriotisme, encore moins pour la gloire des médailles qu’il a toujours refusées, mais pour la seule raison qui ait jamais prévalue à ses yeux, l’amour, la liberté et la dignité de notre humanité.
Ou alors dites moi comment faire communier deux équipes et leurs peuples autours de chants qui les invitent à s’entre tuer ?
KASSAMAN – Hymne national algérien
Texte : Le Poéte et militant nationaliste, Moufdi Zakaria, Le 25 avril 1955
Musique : L'artiste tunisien, Mohamed Tourki, et le compositeur égyptien, Mohamed Fawzi.
Traduction française
Par les foudres qui anéantissent,
Par les flots de sang pur et sans tache,
Par les drapeaux flottants qui flottent
Sur les hauts djebel orgueilleux et fiers,
Nous jurons nous être révoltés pour vivre ou pour mourir,
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Nous sommes des soldats pour la justice, révoltés,
Et pour notre indépendance nous avons engagé le combat,
Nous n'avons obéi à nulle injonction en nous soulevant.
Le bruit de la poudre a été notre mesure
Et le crépitement des mitrailleuses notre chant favori.
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Ô France ! le temps des palabres est révolu
Nous l'avons clos comme on ferme un livre
Ô France ! voici venu le jour où il faut rendre des comptes !
Prépare toi ! Voici notre réponse !
Le verdict, notre Révolution le rendra
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Sur nos héros nous bâtirons une gloire
Et sur nos corps nous monterons à l'immortalité,
Sur nos âmes, nous construirons une armée
Et de notre espoir nous lèverons l'étendard.
Front de la Libération, nous t'avons prêté serment
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
Le cri de la patrie monte des champs de bataille.
Écoutez-le et répondez à l'appel.
Écrivez-le dans le sang des martyrs
Et dictez-le aux générations futures.
Nous t'avons donné la main, ô gloire,
Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Refrain : Témoignez ! Témoignez ! Témoignez !
LA MARSEILLAISE – Hymne national français
Le texte a subi plusieurs modifications de couplets.
On conte aujourd'hui 12 couplets et un couplet des enfants. La majorité des couplets n'est plus dans la version « officielle », celle que l'on trouve sur le site internet de l'Élysée. Seul le premier couplet est chanté lors des événements.
Deux couplets (les « couplets des enfants ») ont été ajoutés ultérieurement, dont l'un d'eux a depuis été supprimé de la version « officielle ».
Enfin, eu égard à son caractère religieux, le 8e couplet a été supprimé par Joseph Servan, ministre de la Guerre, en 1792. Un autre couplet a été supprimé car il a été jugé trop violent.
Sur la partition originale de Rouget de Lisle, on voit clairement écrit « Marchez, Marchez » au refrain, qui s'accorde avec « Formez vos bataillons », 2e personne du pluriel. La transcription officielle est pourtant « Marchons, marchons », qui tenterait d'établir une rime avec « bataillons » et « sillons ». En réalité, Rouget de Lisle était capitaine. Et en qualité d'officier, il commandait ses hommes. D'où la formule impérative. Néanmoins la Marseillaise est une marche et on peut imaginer que les soldats en manœuvre en reprenaient le refrain, en chantant "marchons" et non "marchez". Cette version se serait imposée par transmission orale.
La version dite « officielle » est la suivante :
1er couplet :
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !
Refrain :
Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
Couplet 2 :
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Refrain
Couplet 3 :
Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Refrain
Couplet 4 :
Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !
Refrain
Couplet 5 :
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Refrain
Couplet 6 :
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Refrain
Couplet 7 (dit couplet des enfants) :
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre
Refrain
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16/06/2010
Vuvuzela, l’alarme du monde
Droits de la Photo à voir ICI
Il est toujours intéressant de tenter de voir au-delà des apparences.
Le bourdonnement incessant des « vuvuzelas » doit nous interpeller sur le sens que peut revêtir la manifestation d’une liesse dont la vibration résonne dans le monde.
Le son est la première manifestation de la vie. Nous même sommes soumis à cette loi qui fait que notre existence est la conséquence d’une harmonie vibratoire, sans laquelle nous ne serions qu’une possibilité, une virtualité. Mais voilà, quand l’harmonie accouche du son, elle dessine les contours de nos existences.
Mais alors me direz vous quel rapport avec de vulgaires vuvuzelas ?. Le rapport réside dans le fait que la masse exprime et conserve à son insu des trésors voilés destinés à être reconnus par celles et ceux qui quêtent inlassablement toute trace de l’harmonie primordiale, de l’arche d’alliance contenue dans ce saint des saints qu’est notre Humanité. Ne nous y trompons pas, l’endroit idéal pour préserver un trésor ne sont ni les coffres forts ni les bibliothèques mais le cœur des hommes.
Vuvuzela annonce et alarme le monde comme les trompettes de Jéricho résonnèrent autour de la ville.
Notre monde s’est rempli d’interdits comme Jéricho le fit en son temps. Le viol permanent de la vie, les crimes incessantss contre notre humanité, contre notre Terre Mère sont autant de signes, de marque, d’enfreintes à une harmonie cosmique qui nous a été offerte en partage et confiée en garde.
L’Afrique du Sud, terre de discriminations, nous rappelle le sens même de ce mot qui signifie jugement et le jugement précède toujours la sentence induite par la faute engendrée par une crise.
Cette crise que notre monde traverse est d’une autre portée qu’une simple dégringolade des monnaies et des marchés boursiers. Cette crise est bien plus profonde et les trompes qui annoncent un jugement prochain devraient nous alerter sur le choix qui nous est proposé.
Discriminer, c’est choisir et, de cette faculté offerte par notre libre arbitre, nous ferons de notre stade planétaire, soit un lieu d’échange et de partage pour inviter la Paix, soit le stade de la confusion ultime annonçant l’avènement d’Armageddon.
Quand les trompes se mettent à sonner, il est urgent d’entendre.
21:41 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vuvuzela, trompettes, monde, coupe, football, afrique, sud, bruit |
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13/06/2010
Le monde est en fête…Mais le monde est en deuil !
Photo de Sonia "petite fille en pleurs" sur un très beau blog intitulé "les couleurs du dragon. A voir ICI

Le monde est en fête…Mais le monde est en deuil.
Les images de nos stades en liesse, dont le bourdonnement saoule les corps, me renvoie aux images de marée noire et d’oiseaux englués de pétrole.
Le monde est en fête mais le monde est en deuil.
L’ouverture de la cérémonie n’a pu empêcher la fermeture du petit cercueil sur ce petit corps dont les racines encore vivantes symbolisent la lutte et la paix. Mr Mandela, j’ai mal avec vous. Je me demande si de toute les adversités celle-là n’est pas la plus éprouvante. L’apartheid, la prison, l’humiliation, votre pardon, votre panthéon et ce qui devait être votre apothéose se transforme en purgatoire ultime dont le sens appartient au mystère de votre destinée.
J’ai regardé toutes les rencontres de ce début de coupe et la qualité de jeu très embryonnaire ne permet pas encore d’en situer le niveau technique. En revanche, l’état d’esprit semble être emprunt de votre dignité Mr Mandela. Ce que je souhaite, au delà des résultats, des triomphes des uns, des déceptions des autres, ce que je souhaite c’est que chaque entraineur, chaque joueur, chaque supporter soit solidaire de vos affres et que la noblesse des comportements honore la grandeur de votre voie.
J’écoute les analyses et les commentaires avec l’égale indifférence que l’on se doit d’adopter face aux nationalismes primaires qui, pour moi, restent la menace majeure que doivent redouter les amoureux du sport.
Je constate l’engouement irraisonné de partisans prosélytes scandalisés qu’un Français ne soit pas supporter des Bleus ou qu’un Italien ne vibre pas aux seuls mots « Squadra Azura ». La seule union qui vaille pour moi est celle avec le beau jeu, le beau geste, l’engagement dans le respect pour une victoire qui fait grandir tout le monde.
L’accueil de l’Afrique est un cadeau pour le monde, la souffrance de Mr Mandela un rappel à l’essentiel, au miracle de la vie, si précieuse, si fragile, si belle, si, si ,si….
Et si nous mettions à profit cet évènement planétaire pour mieux nous en souvenir, et si le départ de cette petite fille était comme un SOS lancé en braille pour les aveugles que nous sommes. Et si l’envol de cet enfant était le symbole sacrificiel des bambins des townships pour rappeler à l’humanité qu’ils sont aussi notre avenir, un avenir que personne ne prend la peine d’inviter au jeu.
Le rêve, à portée de mains trop tendues, peut devenir cauchemar quand les bras grandissent. Attention messieurs les pourvoyeurs de paradis artificiels, ceux que vous laissez trop loin de votre Eden pourrait bien un jour prochain vous faire connaître l’enfer de leurs misères et de leurs frustrations.
Ecoutez, écoutez encore, cette fête mêlée de larmes sonne peut-être l’alarme pour nous sauver. Il faut prendre le temps d’interpréter les signes, il n’y a de hasard en rien et notre cécité intellectuelle ou notre fermeture de cœur ne sont que des handicaps ou des « blessures » que nous nous devons de soigner afin de ne pas laisser sombrer notre monde dans un mal incurable qu’aucun breuvage d’aucune coupe ne pourra plus soigner.
Merci Mr Mandela de nous offrir ce qui est peut-être votre ultime souffrance pour aider à préserver le monde de sa folie et pour le libérer de l’auto-apartheid dans lequel il s’est plongé depuis maintenant de trop nombreuses années.
19:25 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : enfants, afrique, sud, football, coupe, monde, deuil, avenir |
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11/06/2010
Football... Qui est l'entraîneur ?
L'entraîneur c'est celui qui sait et celui qui aime... Celui qui demande et celui qui donne... Celui que l'on respecte parce qu'il nous permet de donner le meilleur de nous-même... L'entraîneur est un homme, de ceux qui forcent l'admiration mais ne provoquent jamais la crainte, de ceux qui ont l'exigence des courageux et le courage des connaissant... L'entraineur ne confond jamais victoire et résultat et son goût pour la compétition ne se satisfait pas de la gagner de mauvaise manière... Combien y a t'il d'entraineurs qui satisfont à cette définition, au sein de nos clubs de football ?
Extrait du livre "Une balle pour la Paix - Football, sport sacré ?" de Tayeb Belmihoub - Editions Mélanges
Chapitre 5 page 55 "L'Entraîneur"
« Si le rôle du maître est bien de faire émerger le désir d'apprendre, sa tâche est de "créer l'énigme" ou plus exactement de faire savoir une énigme : en dire ou en montrer suffisamment pour que l'on entrevoie son intérêt et sa richesse et se taire à temps pour susciter l'envie de dévoilement. » Philippe Meirieu « Apprendre ... Oui, mais comment ? »
"J’ai connu le bonheur d’entraîner pendant quelques années des équipes amateurs. Quelques souvenirs impérissables m’ont démontré la valeur de l’épreuve pour élever sa conscience.
J’ai eu à m’occuper de jeunes, qu’une éducation déficiente et souvent douloureuse avait conduits en foyer social. Ni meilleurs ni pires que l’adolescent moyen, ils souffraient néanmoins d’un sentiment d’exclusion, exacerbé par les regards de défiance à la dérobée de la population locale. Ils subissaient même parfois des « biens pensant », une franche hostilité, comme si la détresse dans laquelle ils se trouvaient, les rendait responsables, voire coupables, de je ne sais quel crime ! Paradoxalement, la misère dérange plus ceux qui l’observent que ceux qui la vivent…
Le premier jour d’entraînement a toujours été pour moi, un moment crucial. Premiers regards, premiers mots et plus essentiel encore, premiers gestes. L’entraîneur, le transmetteur du savoir, celui qui prétend donner l’exemple, celui qui initie, celui que l’on doit respecter, croire, celui qui nous engage sur la voie…Celui là
doit être à la hauteur de sa tâche et de ses exigences. Il est d’abord un homme de geste car bien avant que le cri ne manifeste la parole, avant que le verbe ne chute dans le mot, le geste fût l’archétype de l’incarnation du verbe, langage primordial que tous doivent comprendre et entendre avec le coeur. Je ne peux oublier cet instant d’angoisse, où chaque geste, chaque mot, chaque regard doit refléter l’authenticité, la force de mon engagement et de mon serment.
Pour le reste, il serait bon que les éducateurs fassent preuve de plus d’humilité quant à ce qu’ils prétendent apprendre tant il est incontestable que certains joueurs viennent au monde avec un don qu’aucun entraîneur ne saurait jamais transmettre. La capacité à produire du beau vient du parfait, pas de l’homme.
Je disais donc que je donne bien plus que quelques heures de mon temps, je donne ma vie. Je me transforme en jardinier qui tantôt désherbe le mauvais geste, tantôt arrose des graines destinées à devenir les plantes que la vie appelle. Je sème, plante, récolte, déplace, replace, je veille. Je suis un serviteur de l’harmonie. Quand, sous mon regard émerveillé, les virtuoses de la balle offrent une symphonie que l’amour dirige, je sens monter en moi des larmes de bonheur. Je deviens le témoin de l’union, témoin de l’humanité devenue Une et Indivisible, témoin d’un miracle.
Il m’est trop souvent arrivé, avec ces adolescents à la personnalité fragilisée, d’avoir à arbitrer des conflits sur lesquels planait en prédateur, le spectre de la haine, séductrice implacable usant de son arme favorite, la division. Un jeune garçon, déjà plus marqué par la vie que bien des hommes, répondait au nom de Bastien. Son jeu était comme lui, impulsif, généreux, créatif, les hommes sont comme ils jouent. Bastien venait de subir une injustice flagrante, doublée d’un coup qui l’avait mis si hors de lui, qu’un flot ininterrompu d’injures jaillit du fond de sa douleur. Dire que sa réaction était la bonne serait valider la vengeance. Le temps n’était pas à la polémique, il importait pour moi que l’épreuve fasse grandir. Fusse dans une apparente douleur, il fallait que le conflit serve et l’agresseur, et l’agressé. Il est plus facile de se faire un ennemi que de finir par se faire aimer de lui.
Je pris Bastien à part et lui glissais à l’oreille des mots inspirés par l’urgence. Notre échange, je devrais dire à cet instant, notre communion, fut brève mais si intense qu’elle lui donna assez de courage et de confiance pour présenter des excuses à celui là même qui l’avait agressé. Bastien s’est présenté la main offerte et le coeur dedans pour rétablir la paix. Celui qui l’avait agressé fut aussi désarçonné que surpris par cette démarche. Leurs regards se sont croisés, leurs silences se sont parlés, ces deux adolescents ont grandi, et leur conscience s’est éveillée à la force du pardon, bien plus grande que la puissance de la haine.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la paix est le fruit d’un âpre et noble combat, pour parvenir à rétablir l’équilibre entre des forces antagonistes qui jettent le trouble et la confusion dans nos coeurs. Cette énergie me met en état d’urgence. Il me faut alors à tout prix réparer, soigner la blessure, la fracture qu’engendre le sentiment de haine.
Cette expérience n’est pas unique, loin s’en faut et nombre d’éducateurs pourraient vous en conter de plus belles encore si l’on passait plus de temps à montrer ce qui unit au lieu de monter en épingle ce qui divise. J’ai eu, dans un registre analogue, la joie intense d’entraîner l’espace d’une demie saison, un club de la banlieue parisienne, des seniors24, où un condensé de personnalités très fortes et au passé déjà très lourd, venait « s’affronter » sur la pelouse. Le rituel de mise en confiance du premier jour était toujours le même : montrer par le geste que je n’étais pas un imposteur. Il s’agissait d’un club de district du Val d’Oise. Les débuts sont souvent difficiles, mais après quelques séances et quelques matchs, j’obtins qu’aucun joueur ne pénétra dans l’enceinte du stade la cigarette à la main, qu’aucun ne profère d’injure sur le terrain et qu’aucun ne soit jamais en situation de mériter un avertissement.
Lors de chaque rencontre, je mettais mon plus beau costume du dimanche pour les honorer comme le ferait l’entraîneur d’un club professionnel. Je considérais qu’ils méritaient encore plus que je fusse digne de l’effort qu’ils allaient produire. Effort physique, mais bien plus encore, combat contre eux-mêmes, pour vaincre des tendances qui les incitaient à des comportements que je jugeais inacceptables sur le rectangle vert.
Nous étions premiers à la mi-saison, sept avaient arrêter de fumer et plus encore, apprenant que la rémunération qui m’était versée ne couvrait pas mes frais de déplacement - je parcourais 300km pour les entraîner -, ils proposèrent de m’abandonner leurs primes de match ! Comment ne pas être bouleversé par tant de noblesse, de générosité et de grandeur ? Sont-ils nombreux, les chefs d’entreprises qui se voient offrir, par leurs employés, leurs salaires pour continuer à diriger leurs entreprises ? A l’inverse, combien de chefs d’entreprises sont prêts à tout donner pour veiller à l’harmonie de leur équipe ? Les lois du marché économique dictent leurs règles. Règles fluctuantes qui déstructurent les bases les plus élémentaires de la vie en communauté. Chacun pour soi sans même Dieu pour tous.
Une équipe de football est comme l’humanité, Une dans son essence, multiple dans son apparence. Veiller les uns sur les autres, être à l’écoute les uns des autres. L’équilibre est à ce prix. Le collectif, n’est pas du « collectivisme », c’est la volonté de mettre chaque note en correspondance avec celle qui la fait résonner le mieux. Vaste entreprise mais si passionnante qu’elle est ma raison de vivre… A l’heure où les sociétés dans lesquelles nous vivons accouchent d’individus continuellement frustrés de leurs rêves, le terrain de football permet à chacun d’évoluer à sa meilleure place : celle où il se sent le mieux.
Combien sont-ils ces avocats qui rêvent d’être potiers, ces médecins d’être comédiens, ces comédiens de devenir charpentiers ? Qui et quand leur a-t-on donné la chance d’évoluer à leur poste, selon leur nature profonde ? Trop rarement, car si tel était le cas, le monde tournerait aussi rond qu’un ballon.
Ce monde est peuplé de gardiens de but, de défenseurs, de milieux, d’attaquants, d’arbitres, de soigneurs. Ce monde est foot !"
10:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entraîneur, matche, coupe, monde, france, équipe, football, afrique, sud, uruguay, domenech |
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02/06/2010
Quand FIFA rime avec MAFIA…
C’est avec une assertion aussi imagée que s’est exprimé Andrew Jennings dans le documentaire diffusé hier soir sur ARTE.
Photo Roger Corke BBC
Andrew Jennings, journaliste de la très sérieuse BBC a fait de très sérieuses et nombreuses investigations pour réaliser ce documentaire censuré en 2006 « L’information a été révélée par le quotidien "Le Monde" dans son édition du 26 juin. Arte a déprogrammé la diffusion d’une soirée thématique (Théma) "Carton jaune pour la FIFA". En cause, deux documentaires évoquant des pratiques douteuses au sein de l’organisateur de la Coupe du Monde de football. (…) Sous la pression de la FIFA et les conseils du service juridique de la chaîne allemande ZDF, fournisseur du programme, ARTE a fait le choix, au moins dans un premier temps, de déprogrammer les reportages. (…) En 1999, David Yallop dénonce dans son livre " How they stole the game" (comment ils ont volé le jeu) la gestion de l’ancien président Havelange. En 2006, année de coupe du monde, un de ses confrères Andrew Jennings remet ça avec "Play the game" édité en français sous le titre "carton rouge" ouvrage qui cette fois met en cause l’actuel président Sepp Blatter, ses pratiques électorales et ses relations particulières avec la société de marketing sportif ISL. Dans les deux cas la FIFA a essayé en vain de faire interdire la publication de ces livres. »
Voilà pour l’historique d’une soirée qui a enfin eu lieu, le 1er juin et à cet instant nous ne savons pas si nous devons nous en réjouir ou pas : oui, bien sûr, car la vérité est tellement inacceptable qu’il faut la cirier haut et fort et non, bien sûr, car la vérité est tellement inacceptable qu’elle nous fait désespérer un peu plus encore et sur la nature humaine et sur, non pas le football, mais la politique car il s’agit bien là de politique.
Tout le monde sait que la Fédération Internationale de Football, compte davantage de pays affiliés que l’ONU ce qui lui donne une puissance incommensurable qui s’ajoute à la dimension planétaire du sport qu’elle est censée représenter et aider : le football.
Autant dire que nous avons été très intéressés par la soirée Thema d’Arte consacré au Foot et au Business…
Cette soirée spéciale a commencé par une enquête sur place de Martina Bosse, La Coupe de Bonne-Espérance, qui s'est intéressée aux réelles retombées de la Coupe du monde pour un pays comme l'Afrique du Sud, où elle a généré un espoir sans précédent. « L'Afrique du Sud est un pays jeune, dont les institutions, la classe politique, les médias, les patrons ne constituent pas des contre-pouvoirs suffisants face à la Fifa, qui lui a imposé des conditions draconiennes, explique Andrew Jennings. Il faudra attendre la fin de l'événement pour faire les comptes, mais on peut déjà affirmer qu'elle n'obtiendra pas le retour sur investissement qu'on lui a promis. »
Le pays a investi environ 6 milliards d’euros pour accueillir la Coupe du Monde mais une étude récente de l’Institut universitaire sud-africain a conclut que la FIFA serait le principal bénéficiaire d’autant que le nombre de visiteurs attendus est passée de 400.000 à 250.000… Il faut dire que dans le contexte économique mondial actuel, même les grosses structures ont revu à la baisse le nombre de personnes qui pourront bénéficier de places dans les espaces « VIP » réservés pour des sommes allant de 1500 à 15.000 euros par personne…
A suivi la rediffusion de Fifa : du foot et du fric, l'enquête brûlot de la BBC qui révéle les nombreux dysfonctionnements et petits arrangements de la Fédération internationale de football.
Un extrait :
« Jennings, lui, s'amuse pour masquer sa colère. Il nous guide dans cette arrière-cour du plus beau sport du monde. Ce qu'il approche est bien plus scandaleux que le coup de tête de Zidane ou les mauvaises manières de Materazzi. Ce sont pourtant ces faux scandales que l'on offre aux foules. Profitons donc de Jennings. Après le film, achetons son livre : « Carton rouge ! Les dessous troublants de la Fifa » (Presses de la Cité). Sepp Blatter a renoncé à le faire interdire. » Claude Askolovitch Nouvel Obs
http://teleobs.nouvelobs.com/tv_programs/2010/6/1/chaine/...
Alors on aimerait reposer nous aussi les mêmes questions mais nous savons déjà que nous n’obtiendrons pas de réponses…Pas plus de la FIFA que de la FFF :
Pas de réponses pour l’Afrique et la somme considérable d’efforts que les bénévoles (oui bénévoles !!!) doivent faire pour leur envoyer ne serait-ce que quelques ballons ou équipements dont ils sont tellement dépourvus que parfois un seul ballon est disponible pour toute une école !!!
« La FIFA dont le siège est à Zurich connaît une situation financière plus que confortable (144 millions de dollars de bénéfices en 2004) grâce à ses différentes sources de revenus : droits TV, publicité, produits dérivés sous licence… »
Pas de réponses pour l’Afrique du Sud et les 70.000 travailleurs de l’ombre qui se sont mis en grève en 2009 pour réclamer une misérable augmentation de 13% sur un misérable salaire de 245 euros/mois pour les plus chanceux et de 40 euros pour les autres… Et ce ne sont pas les 27000 billets offerts aux travailleurs qui changeront la donne… D’ailleurs pourquoi 27000 billets pour 70.000 travailleurs ?
« Les ouvriers demandent des augmentations de salaires afin de compenser la hausse des tarifs d’électricité qui ont fait un bond de plus de 30% en mai. Les prix des produits alimentaires ont également augmenté de 12,3%. Ces hausses de prix pèsent lourd sur les dépenses des plus pauvres dans un pays où 43% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. « Quand l’Afrique du Sud s’est vu confier la Coupe du monde, on espérait que les travailleurs de base allaient en récolter les fruits. Mais malheureusement, le Mondial ne va profiter qu’à ceux qui sont déjà riches »,s’indigne le négociateur du syndicat majoritaire » RFI
Pas de réponses pour la France et les associations d’éducation par le sport qui voient cette année leurs subventions fondre comme neige au soleil et donc leurs actions quasi impossibles à mener, alors même que, la plupart du temps, les résultats obtenus par ces associations dépassent de loin ceux des campagnes télévisées coûteuses de la FFF.
« Cette année, à l’occasion de son 56ème congrès, la FIFA a fait de l’éthique l’une de ses priorités. Transparence et meilleure gouvernance sont officiellement devenues des objectifs à atteindre. »
Parlons donc de la transparence et de la gouvernance… Régalez-vous avec « Les 10 commandements de la FIFA et les 10 réponses d’Andrew Jennings » vu sur ARTE le 1er Juin 2010, en intégralité :
15:16 Publié dans En attendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fifa, football, international, afrique, business, coupe, monde, fric, argent, blatter, jennings, bbc |
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28/05/2010
France Costa Rica : Quand le public donne une leçon de Football !
Accueillir, Encourager, Partager… L’une des devises des « Terrains de la Paix » convient parfaitement au merveilleux public Lensois dont la ferveur, la générosité, m’a évité les affres du jeu soporifique de notre formation en formation. Empruntés, saccadés, tristes, autant d’adjectifs pour dire l’ennui d’une interminable « partie en échec ».
Le score ne change rien à l’affaire et pour toutes celles et ceux qui, comme nous, préfèrent la qualité à la quantité, le but de plus n'y change rien, la preuve, j’ai fini par m’endormir.
Alors me direz vous, que me reste-t-il de cette soirée ? Et bien, l’ambiance, le football, le vrai, le beau, celui de l’âme d’un public Lensois qui, confronté pourtant à un quotidien difficile, garde son âme d’enfant ; Ce public Lensois qui chante, acclame, encourage, soutient, oublie sa souffrance pour vivre sa passion. Voilà ce que cette rencontre a imprimé en moi entre deux somnolences.
Et quoi d’autre encore ? Le comportement préoccupant de certains joueurs et, notamment, d’un Mathieu Valbuena, auréolé de sa première sélection et qui, inscrivant le but, soit, salvateur pour le score, en oublie d’aller se jeter dans les bras de ses partenaires, sans lesquels, l’a-t-il déjà oublié, il ne serait qu’une ombre agitée.
Mathieu Valbuena, l’ego hypertrophié, s’en est allé communier avec un piquet de corner, pourtant peu concerné par l’action, pour daigner ensuite se tourner vers ses coéquipiers. Triste amnésie des petites mémoires.
Et puis il y a eu aussi les gestes répétés et ostentatoires d’un Ribéry en quête d’un spirituel, dont le pauvre garçon semble, ces temps-ci, cruellement dépourvu… Et vas y que je prie et que je le montre, les mains ouvertes, allant de la bouche au front, imité par un des ses « coreligionnaires » dont le signe de croix se voulait l’écho de la même intention pieuse dont on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas plus de superstition que de foi pure ; mais après tout peut être que cette dévote maladresse aurait pu les rendre habiles sur le terrain, malheureusement pas ! Comme quoi les gestes ne suffisent pas à valider une prière.
A part tout ça ? Rien, ou plutôt si, un Raymond toujours aussi… Domenech et une tristesse de jeu qui n’a eu heureusement d’égal que la grandeur et la noblesse du Public venu assister à la rencontre.
Enfin, pour clore ce point de vue, je le confesse d’un seul œil, l’autre peinait à rester ouvert, je suggère donc la formule suivante : Lens : 5, France : 2, Costa Rica : 1 et nous : Ron… Bzzz… Ron… Bzzz ….Ron…
11:42 Publié dans En attendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : public, coupe, monde, football, costa rica, france, riberi, valbuena, lens, supporters |
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