29/04/2011
"Tayeb, on nous demande de "blanchir les équipes"".
Une enquête Médiapart fait à juste titre scandale : "Moins de noirs et moins d'arabes sur les terrains de foot ! Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale de la Fédération française de football, dont le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. Objectif: limiter le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains."
Chantal Jouanno, ministre des sports n'a pas tardé à réagir : "Je prends acte du démenti de la Fédération Française de football quant à l'existence d'une telle politique et je l'invite à faire très rapidement toute la lumière sur les allégations de l'article. Le Ministère des Sports promeut les valeurs d'égalité, de solidarité, d'intégrité et d'intégration sociale au travers de la pratique sportive. Je garantis que cette égalité des chances dans le sport sera préservée : la discrimination n'a pas sa place dans le sport, que ce soit dans les tribunes, comme dans les centres de formations."
C'est alors que la connexion se fait dans ma tête avec un événement qui s'est déroulé il y quelques mois, alors que j'étais en immersion dans un club "Terrain de la Paix". Suite à l'atelier consacré - entre autres sujets comme l'éthique, le jeu et l'enjeu - à la restauration de l'Autorité, un éducateur visiblement gêné, révolté mais conforté par ma vision des choses, m'a demandé toute ma discrétion et m'a confié "Tayeb, on nous demande de blanchir l'équipe...! Moins de noirs et moins d'arabes..."
Lorsque l'information m'a été communiquée par cet éducateur (lui-même d'origine maghrébine !!!), j'avoue avoir eu quelques peines à l'entendre... Tiraillé entre le refus d'y croire, pour conjurer cette insupportable vision et l'acceptation de cette pathétique orientation, j'ai fini par devoir m'incliner devant la réalité de cette volonté obscure, non sans avoir auparavant informé, dans mon compte-rendu d'immersion, les autorités, dites de tutelle, de cette rumeur persistante...
Le foot français n'est plus assez blanc au goût de sa gouvernance et ce sentiment ne lui est pas exclusif. En effet, cette volonté de restaurer la "francitude" des équipes de foot n'est plus une discrétion de comptoir mais une volonté affichée, confortée par l'attitude décomplexée des partisans de la préférence nationale...
Trop de noirs, trop d'arabes...! Je ne suis pas surpris, en son temps, j'ai recueilli, du propre aveu de certains des plus hauts dirigeants de la FFF, que trop de juifs présidaient aux destinées économiques de la dite honorable fédération.
Le témoignage que j'apporte ici n'est pas le fruit d'une quelconque rancoeur à l'égard d'une fédération, que j'estime par ailleurs en tant que fonction, mais celui d'un homme qui depuis plus de trente ans a pu "apprécier" et continue à le faire, l'absence d'éthique de nombreux cadres de cette institution.
Cette arrière-pensée ne doit plus rester cachée car elle n'est en réalité que le reflet ou l'écho d'une fange de la population arcboutée par la peur de l'étranger et la perte d'une identité, que par ailleurs elle est incapable de définir.
Oui, on demande de blanchir les équipes, oui, certains dirigeants, que je me refuse à appeler français, selon l'idée que l'on se fait de la France, ont cette démarche détestable, mais il ne faudrait pas s'arrêter sur l'arbre qui cache une bien sombre forêt.
Les clubs de foot français échappent, par leur nature juridique, à tout contrôle en matière d'éducation et aucune compétence ni moralité particulière n'est exigée pour un président de club qui doit pourtant gérer des groupes de parfois plus de 500 jeunes.
Pire, nous savons quel rôle la plupart des élus entendent faire jouer au club de foot de la commune : Ramener la paix dans les quartiers. Rares sont ceux qui, au-delà des voeux pieux et des dossiers bien remplis pour juguler les statistiques, se consacrent à faire du club un élément essentiellement éducatif.
Vivier de voix, le club de foot reste une sorte de levier politique dont on oriente la manoeuvre au gré des besoins locaux, régionaux et même nationaux.
Si j'avais publié les informations recueillies depuis des années en tant que joueur, puis éducateur et maintenant président d'association, peu de personnes auraient accordé le moindre crédit à mes allégations.
Je suis non pas heureux mais soulagé, qu'enfin apparaisse au grand jour, et par le biais d'un média fort, cette invraisemblable facette des dirigeants du sport français et de l'état d'esprit qui règne autour de ce qui pourrait être le meilleur vecteur d'éducation et du bien vivre ensemble qu'est le football.
J'ai publié un ouvrage, il y a plus de cinq ans, dans lequel je démontrais la force de cette activité humaine et l'orientation que l'on pouvait lui donner, je dois reconnaitre que la dépollution du foot comme celle de notre monde ne peux se concevoir que par une volonté politique forte, affranchie de tout calcul électoraliste qui s'accorde mal avec l'idée que l'on se doit, de faire vivre pour l'équilibre de notre nation et du monde qui nous observe.
Il est temps de faire taire une fois pour toutes les appels à la haine et à la division, quelles que soient les formes qu'elles revêtent et les sphères où elles s'expriment.
Bâtissons notre édifice républicain avec les matériaux les plus précieux que nous avons en nous, faute de quoi la maison France, qui en son temps faisait rêver le monde, pourrait bientôt ne ressembler qu'à une ruine dont on ne reconnaitra même plus les traces d'une grandeur passée.
Tayeb Belmihoub
P.S. : Relire l'article "Zinédine Zidane, l'arabe qui a réussi...." ainsi que "La démocratie des petites dictatures" où Tayeb belmihoub prend pour illustration de ce titre la FFF... Puis "Eric, Brice, Marine, françois...et les autres " où on s'aperçoit que l'on est toujours dans le même sujet... et enfin "Sarkozy, l'annonce faite à Marine" pour clore enfin par la meilleure des conclusions "L'Elysée vaut bien une Mosquée..."
10:18 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blanchir, blancs, noirs, arabe, fff, fédération, football, française, racisme, équipe |
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21/02/2011
L’Elysée vaut bien une mosquée...
Après le débat racoleur sur l’Identité Nationale censé s’attirer les bonnes grâces de l’électorat du FN, voici venir le nouveau stratagème présidentiel destiné à rallier les voix hallal de la République.
Ainsi, il n’aura fallu que quelques mois pour que Quick fasse des émules et que les péripatéticiens les plus illustres leur emboîtent le pas.
Que s’est-il donc passé pour que l’Elysée s’émeuve de voir ces « pauvres musulmans » courber l’échine sur le bitume, au point de se demander s’il ne fallait pas leur construire des lieux dignes d’une telle ferveur ?
Mr Hortefeux a sans doute reçu la visite de l’ange Gabriel, à moins que ce ne soit notre président lui-même qui, après avoir croisé quelques saints musulmans du CFCM a vu sa conscience soudain illuminée par la verve divine d’un Docteur Boubaker.
L’ultime hypothèse serait les conseils de Mme Alliot Marie, si proche du monde Arabo-musulman qu’elle aurait enjoint son Président à investir dans la pierre pieuse, comme en son temps elle a invité ses parents à s’investir dans la vie économique Tunisienne.
Rien ne me surprend plus de la part de nos petits commandeurs, en revanche, je me demande où sont passées les élites musulmanes que je trouve bien silencieuses sur le sujet ? Y aurait-il une prescription coranique qui impose d’ériger des murs surmontés de je ne sais trop quelle idole comme condition sine qua non à la validité de sa foi ?
La piété se mesurerait-elle à la hauteur des minarets ou à la quantité de « fidèles » qui occupent l’asphalte ? Le Dieu que prétendent servir ces déclencheurs de scandales aurait-il besoin de tant de gesticulations ostentatoires ? Se prosterner, s’humilier (se rendre humble) devant la beauté du monde, du cosmos serait devenu là aussi un spectacle ? Un acte politique ? Je croyais que la prière était une intention, un acte intime au service de l’union. Il m’avait semblé que la profession de foi, la prière, l’aumône, le jeûne, le pèlerinage, devaient devenir vivants dans tous les actes de notre vie, dans chacune de nos intentions, de nos pensées et de nos œuvres sans nul besoin de les brandir en étendard destiné à revendiquer un particularisme ou une identité.
L’islam serait-il devenu un drapeau où le maillot d’une équipe ?
J’étais jusqu’alors persuadé que l’Islam, comme le Christianisme, le Judaïsme, l’Hindouisme, était une parole de paix insufflée en l’Homme dans le silence et l’intimité de son cœur. Si la gymnastique de quelques professionnels de la prosternation impressionne les plus crédules, exaspère les plus sceptiques et intéresse les plus cupides, elle devrait surtout inviter les savants de l’Islam à considérer la somme des crispations que par ailleurs elle provoque.
La convoitise des chasseurs de voix de l’Elysée associée à l’ignorance des bâtisseurs de prisons de « Dieu » ne peut engendrer que de la haine.
Que les élus du CFCM réclament à corps et à cris des succursales supplémentaires pour promouvoir le tampon magique « hallal » qui alimente leur tiroir caisse ne fait aucun doute, que nos politiciens favorisent cette hérésie pour glaner quelques voix n’est que le juste écho à ce triste commerce, mais que les doctes musulmans soient si atones, voilà qui doit sérieusement nous inquiéter.
( Photo : http://www.philippetastet.com/laicite-positive-catholique...)
Il y a des révolutions qui méritent d’être menées même si elles ne se teintent pas du pourpre qui attire et colore à loisir les pages de nos grands quotidiens.
Je n’ai jamais vu l’homme s’éloigner autant de Dieu que depuis qu’il se livre à l’édification frénétique de sanctuaires à sa gloire. Le vrai temple n’a besoin ni de pierre, ni de bail emphytéotique pour élever sa splendeur. Le vrai temple est constitué de chacune de nos cellules, de nos gestes, de nos actes, de nos pensées. Le vrai temple est en nous et si nous prenons la peine de le dévoiler, de le découvrir, nous aurons sans doute le bonheur de voir s’écrouler les murs de toutes nos prisons, qu’elles prennent la forme d’églises, de mosquées, de synagogues, de pagodes ou de tout autre mirage.
La plus grande des misères reste intellectuelle et plutôt que de vouloir bâtir des lieux de cultes pour opposer les hommes et récolter leurs voix, il serait plus utile de bâtir des « Universités du savoir et de la connaissance » pour dissiper ce qui rend l’Homme ennemi de lui-même : l’ignorance.

( Photo : http://ader.mondoblog.org/2010/11/05/lignorant-a-t-il-une...)
23:45 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hallal, élysée, hortefeux, alliot marie, fidèle, prière, islam, équipe, révolution, ignorance |
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02/07/2010
Marianne au bord de la crise de nerfs…
Un essayiste de renom - dont je tairais l’identité de crainte de faire offense à sa mémoire, pour l’amour qu’il portait à l’anonymat - avait pressenti l’état actuel de notre société et s’en était ému en ces termes « Pour amener les hommes à vivre « en public », on ne se contente pas de les rassembler en « masse » à toute occasion et sous n’importe quel prétexte ; on veut les loger, non pas seulement dans des « ruches » mais littéralement dans des « ruches de verre », disposées d’ailleurs de telle façon qu’il ne leur sera possible d’y prendre leur repas qu’ « en commun ».On s’efforce du reste, par tous les moyens, de les « dresser » à n’être pas plus différents entre eux que ne le sont les individus des espèces animales, si ce n’est même moins encore ».
L’actualisation de sa crainte est allée, malheureusement, bien au-delà de cette clairvoyance et, non content de faire de notre monde une gigantesque ruche de verre, on y plante d’innombrables caméras et autre capteurs d’intimité pour récolter « l’écho intime de notre savane ».
De la Une racoleuse et vulgaire d’une « Equipe de gagneuses » à l’audit indigent d’une ministre rose venue espionner « son équipe de musclés », en passant par l’audition à l’assemblée des sages, de « délinquants fédérés », Marianne est au bord de la crise de nerfs…
La cascade « d’info volées », qui déferle sur les médias, s’enrichit même de la prostitution de quelque « député twitteur » trop heureux de saisir l’occasion pour sortir d’un anonymat dont le poids lui pèse bien plus que la souffrance de ses électeurs.
Le scandale paraît toujours très utile aux médiocres.
La preuve, le réflexe pavlovien des rédactions qui se sont empressées de donner la parole à ce Judas de Bourbon en l’invitant sur les divans de leurs plateaux. Ce petit homme, que je préfère laisser à l’ombre de sa bêtise, ne méritait certainement pas la prise de parole qui lui a été offerte et à moins de venir confesser sa faute pour s’humilier devant ses pairs, il eut été préférable de faire peser le poids du silence sur cette inadmissible transgression.
Un joueur de foot peut être vulgaire dans le secret d’un vestiaire et il appartient à son éducateur d’en tirer les conclusions, un député ne devrait pas avoir le droit de violer impunément le contenu d’un huis clos sans encourir une sanction exemplaire et à la mesure de son infraction.
Mais quel est donc cette folie soudaine que de vouloir tout savoir sur tout, tout le temps, par n’importe quel moyen, au seul prétexte d’une prétendue transparence à laquelle nous aurions droit et de quel droit parle-t-on ?
Caméra cachée, micro dissimulé, portable embusqué, ordinateur connecté, notre monde est devenu l’écran géant d’une émission planétaire à laquelle tout le monde doit participer. Est-ce ce droit qui nous est offert ? Ne serait-ce pas plutôt un devoir qui nous est imposé, le devoir de consommer une « fast-info » pour le plus grand bonheur des officines clownesques de nos « fast-médias » internationaux ?
Mais qui a décrété qu’il fallait tout divulguer, tout révéler ?
Au-delà de la supercherie à laquelle on tente de nous faire croire, de quelle révélation nous parle-t-on sinon de celle d’un couvercle pourtant salutaire que l’on se plait à soulever pour mettre à jour les déchets de notre humanité…
Est-il bien utile, de mettre sur la place publique cette part nauséabonde que chacun d’entre nous porte en lui et qui peut, à la faveur d’une situation particulière, s’échapper de nos actes, de nos lèvres et même de nos pensées.
Rien de ce que nos médias colportent en la matière n’est utile à la prétendue information qu’ils brandissent comme étendard de leur foi. La seule motivation, le seul moteur de leur déséquilibre reste la nécessité impérative de vendre du papier.
Il est certain qu’il serait plus utile, pour la sacro sainte « opinion publique » que ces faiseurs de scandale prétendent éclairer, que la vente de leur papier ou de leurs images se fassent en rouleaux. D’ailleurs, au train ou vont les choses, il n’est pas certains que la décennie ne s’achève, sans que quelque journaliste consciencieux, quelque député zélé, quelque ministre éclairé ou quelque spécialiste autoproclamé n’aille se planquer sous les douches ou au fond de la cuvette des WC d’un vestiaire enfiévré pour nous livrer via l’étude scientifique de quelque selles ou de la forme de quelque sexe, le régime alimentaire des athlètes, l’endroit où ils sont allé diner, à moins que la forme d’une lèvre ou d’un gland ne nous renseigne sur le niveau d’intensité des séances de fractionné.
Mais au nom de l’information et au nom du droit de l’opinion publique à tout savoir, on peut bien accepter quelque entorse à une notion, devenue aussi obsolète que dérangeante, qui s’appelait autrefois déontologie.
Il est des mots que les chasseurs de voix aimeraient tant voir disparaître qu’au lieu d’en effacer les lettres dans les dictionnaires, il s’emploie à en tuer l’esprit pour mieux agir en maître.
Prenez garde messieurs les producteurs de scandales que votre tactique de l’attaque agressive, pour le succès à tout prix, ne se retourne contre vous, car les footballeurs, dont je suis, connaissent cette loi élémentaire des stades et peut être même de la vie : A trop se découvrir pour la seule conquête de la fin par des moyens pas toujours honorables, on risque les désagréments de contres imparables qui, trop souvent pour les joueurs téméraires, transmutent les victoires conjecturées en défaites mémorables.
14:45 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : equipe, france, coupe du monde, football, médias, presse, scandale, politique, fédération |
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24/06/2010
Ma ferme célébrités...Rêvée !
Ce matin, je me suis réveillé heureux et plein de joie.
Ma nuit pourtant a été courte car je peinais à trouver le sommeil, alors, plutôt que de compter des moutons, je me suis amusé à compter des chèvres mais pas n’importe quelles chèvres, des chèvres tricolores qui, pendant cette coupe du Monde, et depuis bientôt quatre ans, ont réussi l’exploit de nous faire croire qu’ils étaient des lions.
Mes petites chèvres allaient bêlantes dans un grand champ et moi, épris d’une soudaine affection pour elles, j’ai été pris de l’envie de leur donner à chacune le nom qui leur correspond :
J’ai d’abord baptisé le groupe des petits boucs avec, à sa tête, le vieux Raymond, l’émissaire puant d’égo, l’air suffisant et puis Jean pierre, la corne molle et le sabot peu reluisant. Il y avait Gérard, le bouc de l’ombre, la barbichette cherchant toujours le sens du vent, enfin Aimé, l’ancien, devenu chef par accident, toujours soumis aux évènements. D’autres petits boucs sans noms, moins imposants, presque transparents, se contentaient d’être présents.
Tout prêt de ces chefs de clan, mes petites biques allaient gaiement avec, à leur tête, la Roseline grasse et hautaine, fière comme Artaban, sans doute la favorite d’un bouc illustre absent du groupe, momentanément. La Rama, autre favorite du bouc absent, boudait dans son coin, mise à l’écart, sûrement pour quelques uns des ses errements, récurrents.
Derrière, autour, à côté de ces bêlantes de haut rang, broutait le gros du troupeau, j’ai continué de nommer, un peu au hasard, comme le fut la création par Adam : Toi, tu seras Franquinette la biquette un peu bébête. Toi tu seras Nicolette, bique rude comme un bouc, la corne raide et l’air méchant. Toi, qui veut bien brouter ici mais jamais là tu seras Florentinette. Toi, pleine d’allant et l’air content tu seras Jérémiette. Toi, tu seras Sydnette un peu perdue, à contre temps et toi Williamette un peu coquette toujours boitant, et toi… et toi… et toi….
Chacune de mes créatures portant enfin son nom, je me suis abandonné dans les bras d’un Morphée tout de miséricorde et de charité. Il m’a offert un rêve que je vais, séant, vous conter :
J’étais au beau milieu d’une contrée dont je savais, comme on sait dans les rêves, qu’elle n’avait pas de frontières, des gens venaient vers moi, m’offrant à boire et à manger. Par la douceur de leurs regards, ils me transmettaient le pouvoir de les comprendre. J’étais invité à la promenade, quand au détour de nos déambulations, nous sommes arrivés sur un terrain vague où des enfants pieds nus partageaient une boule de chiffon ronde comme un ballon. Ils avaient le torse à l’air sous un soleil de plomb et un ciel d’azur. Un public nombreux et passionné encourageait les ébats. Ruisselants de bonheur autant que de sueurs, les enfants se donnaient corps et âme avec une noblesse dont on me disait, comme on nous dit dans les rêves, qu’elle était l’héritière de l’antique règle de la chevalerie :
Pas un coup bas, pas une injure, pas une petitesse, pas un joueur qui ne tomba sans qu’un autre ne le relève et ce, qu’il soit ou non son partenaire.
Pas une contestation envers l’arbitre qui pourtant je le voyais bien, se trompait de temps en temps.
Pas une belle action que tous dans le public n’encourageaient.
Entre les courtes pauses, pas une bouteille d’eau qui circula sans qu’elle ne fut partager, pas un tirage de maillot, pas un tacle dans le dos ni dans les faits, ni dans les mots.
Les entraineurs applaudissaient chaque belle action, quelle que fut l’équipe qui l’exécutait, ils se regardaient complices et fiers de voir éclore tant de talent.
Le non-temps aidant, car les rêves nous affranchissent du contingent, j’étais certain de connaître cet endroit. La clameur s’amplifiait et, la fin de la partie annoncée, je vis s’approcher un vieil homme la barbe blanche et le turban immaculé, portant dans ses longues mains un plateau d’argent sur lequel trônait, comme un trophée, une bouteille de verre. Sur ce trophée d’un autre temps était gravé en lettre d’or un nom : SELECTO.
Soudain, tout se transforma, comme toujours dans les rêves, et je reconnus instantanément le terrain vague de mes sept ans et la bouteille de Sélecto, « coca des pauvres », que l’on se partageait à la fin des mi-temps. J’étais en Algérie, à El Biar, quartier chic des hauteurs d’Alger où, après l’indépendance du pays, ma famille était venue habiter.
Je me voyais courir moi, le petit « roumi » comme on m’appelait, à cause de ma tête de bon français. Je me voyais dribler, passer, marquer dans un but sans filet, fait de deux pierres au sol. Pas de gradins mais du public, les parents, les amis, les voisins et même mon petit chien kiki.
Les scènes se succédaient, comme dans les rêves, sans aucun ordonnancement. A la fin, j’ai revu mes copains m’étreindre et pleurer alors que je leur annonçais que je devais les quitter et rentrer en France, pays de ma mère, pour qu’elle y reçoive des soins très urgents.
A cet instant, sans doute à cause de la violence de ce moment, je me suis réveillé.
Paradoxalement, malgré la nostalgie de mes sept ans, je me suis senti le cœur léger et plein d’espoir pour continuer à avancer. Je me suis souvenu de mes chèvres comptées et j’ai souris à l’idée que de leur défilé soit né un rêve d’une étonnante beauté.
J’ai instantanément compris que peu m’importeraient les déballages et les quatre vérités de quelques joueurs frustrés, de la ministre, de la Fédé, puisque de mon côté, je n’en reconnaitrais qu’une, celle au service de l’harmonie pour l’unité retrouvée de notre humanité.
Je me suis promis de faire silence dans ce tumulte d’insanités et plutôt que de maudire l’obscurité, j’ai décidé d’allumer une bougie pour que notre monde soit mieux éclairé.
00:26 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ribéry, équipe, france, bachelot, rama, henri, sarkozy, crise, fff, ferme, célébrités, afrique |
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11/06/2010
Football... Qui est l'entraîneur ?
L'entraîneur c'est celui qui sait et celui qui aime... Celui qui demande et celui qui donne... Celui que l'on respecte parce qu'il nous permet de donner le meilleur de nous-même... L'entraîneur est un homme, de ceux qui forcent l'admiration mais ne provoquent jamais la crainte, de ceux qui ont l'exigence des courageux et le courage des connaissant... L'entraineur ne confond jamais victoire et résultat et son goût pour la compétition ne se satisfait pas de la gagner de mauvaise manière... Combien y a t'il d'entraineurs qui satisfont à cette définition, au sein de nos clubs de football ?
Extrait du livre "Une balle pour la Paix - Football, sport sacré ?" de Tayeb Belmihoub - Editions Mélanges
Chapitre 5 page 55 "L'Entraîneur"
« Si le rôle du maître est bien de faire émerger le désir d'apprendre, sa tâche est de "créer l'énigme" ou plus exactement de faire savoir une énigme : en dire ou en montrer suffisamment pour que l'on entrevoie son intérêt et sa richesse et se taire à temps pour susciter l'envie de dévoilement. » Philippe Meirieu « Apprendre ... Oui, mais comment ? »
"J’ai connu le bonheur d’entraîner pendant quelques années des équipes amateurs. Quelques souvenirs impérissables m’ont démontré la valeur de l’épreuve pour élever sa conscience.
J’ai eu à m’occuper de jeunes, qu’une éducation déficiente et souvent douloureuse avait conduits en foyer social. Ni meilleurs ni pires que l’adolescent moyen, ils souffraient néanmoins d’un sentiment d’exclusion, exacerbé par les regards de défiance à la dérobée de la population locale. Ils subissaient même parfois des « biens pensant », une franche hostilité, comme si la détresse dans laquelle ils se trouvaient, les rendait responsables, voire coupables, de je ne sais quel crime ! Paradoxalement, la misère dérange plus ceux qui l’observent que ceux qui la vivent…
Le premier jour d’entraînement a toujours été pour moi, un moment crucial. Premiers regards, premiers mots et plus essentiel encore, premiers gestes. L’entraîneur, le transmetteur du savoir, celui qui prétend donner l’exemple, celui qui initie, celui que l’on doit respecter, croire, celui qui nous engage sur la voie…Celui là
doit être à la hauteur de sa tâche et de ses exigences. Il est d’abord un homme de geste car bien avant que le cri ne manifeste la parole, avant que le verbe ne chute dans le mot, le geste fût l’archétype de l’incarnation du verbe, langage primordial que tous doivent comprendre et entendre avec le coeur. Je ne peux oublier cet instant d’angoisse, où chaque geste, chaque mot, chaque regard doit refléter l’authenticité, la force de mon engagement et de mon serment.
Pour le reste, il serait bon que les éducateurs fassent preuve de plus d’humilité quant à ce qu’ils prétendent apprendre tant il est incontestable que certains joueurs viennent au monde avec un don qu’aucun entraîneur ne saurait jamais transmettre. La capacité à produire du beau vient du parfait, pas de l’homme.
Je disais donc que je donne bien plus que quelques heures de mon temps, je donne ma vie. Je me transforme en jardinier qui tantôt désherbe le mauvais geste, tantôt arrose des graines destinées à devenir les plantes que la vie appelle. Je sème, plante, récolte, déplace, replace, je veille. Je suis un serviteur de l’harmonie. Quand, sous mon regard émerveillé, les virtuoses de la balle offrent une symphonie que l’amour dirige, je sens monter en moi des larmes de bonheur. Je deviens le témoin de l’union, témoin de l’humanité devenue Une et Indivisible, témoin d’un miracle.
Il m’est trop souvent arrivé, avec ces adolescents à la personnalité fragilisée, d’avoir à arbitrer des conflits sur lesquels planait en prédateur, le spectre de la haine, séductrice implacable usant de son arme favorite, la division. Un jeune garçon, déjà plus marqué par la vie que bien des hommes, répondait au nom de Bastien. Son jeu était comme lui, impulsif, généreux, créatif, les hommes sont comme ils jouent. Bastien venait de subir une injustice flagrante, doublée d’un coup qui l’avait mis si hors de lui, qu’un flot ininterrompu d’injures jaillit du fond de sa douleur. Dire que sa réaction était la bonne serait valider la vengeance. Le temps n’était pas à la polémique, il importait pour moi que l’épreuve fasse grandir. Fusse dans une apparente douleur, il fallait que le conflit serve et l’agresseur, et l’agressé. Il est plus facile de se faire un ennemi que de finir par se faire aimer de lui.
Je pris Bastien à part et lui glissais à l’oreille des mots inspirés par l’urgence. Notre échange, je devrais dire à cet instant, notre communion, fut brève mais si intense qu’elle lui donna assez de courage et de confiance pour présenter des excuses à celui là même qui l’avait agressé. Bastien s’est présenté la main offerte et le coeur dedans pour rétablir la paix. Celui qui l’avait agressé fut aussi désarçonné que surpris par cette démarche. Leurs regards se sont croisés, leurs silences se sont parlés, ces deux adolescents ont grandi, et leur conscience s’est éveillée à la force du pardon, bien plus grande que la puissance de la haine.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la paix est le fruit d’un âpre et noble combat, pour parvenir à rétablir l’équilibre entre des forces antagonistes qui jettent le trouble et la confusion dans nos coeurs. Cette énergie me met en état d’urgence. Il me faut alors à tout prix réparer, soigner la blessure, la fracture qu’engendre le sentiment de haine.
Cette expérience n’est pas unique, loin s’en faut et nombre d’éducateurs pourraient vous en conter de plus belles encore si l’on passait plus de temps à montrer ce qui unit au lieu de monter en épingle ce qui divise. J’ai eu, dans un registre analogue, la joie intense d’entraîner l’espace d’une demie saison, un club de la banlieue parisienne, des seniors24, où un condensé de personnalités très fortes et au passé déjà très lourd, venait « s’affronter » sur la pelouse. Le rituel de mise en confiance du premier jour était toujours le même : montrer par le geste que je n’étais pas un imposteur. Il s’agissait d’un club de district du Val d’Oise. Les débuts sont souvent difficiles, mais après quelques séances et quelques matchs, j’obtins qu’aucun joueur ne pénétra dans l’enceinte du stade la cigarette à la main, qu’aucun ne profère d’injure sur le terrain et qu’aucun ne soit jamais en situation de mériter un avertissement.
Lors de chaque rencontre, je mettais mon plus beau costume du dimanche pour les honorer comme le ferait l’entraîneur d’un club professionnel. Je considérais qu’ils méritaient encore plus que je fusse digne de l’effort qu’ils allaient produire. Effort physique, mais bien plus encore, combat contre eux-mêmes, pour vaincre des tendances qui les incitaient à des comportements que je jugeais inacceptables sur le rectangle vert.
Nous étions premiers à la mi-saison, sept avaient arrêter de fumer et plus encore, apprenant que la rémunération qui m’était versée ne couvrait pas mes frais de déplacement - je parcourais 300km pour les entraîner -, ils proposèrent de m’abandonner leurs primes de match ! Comment ne pas être bouleversé par tant de noblesse, de générosité et de grandeur ? Sont-ils nombreux, les chefs d’entreprises qui se voient offrir, par leurs employés, leurs salaires pour continuer à diriger leurs entreprises ? A l’inverse, combien de chefs d’entreprises sont prêts à tout donner pour veiller à l’harmonie de leur équipe ? Les lois du marché économique dictent leurs règles. Règles fluctuantes qui déstructurent les bases les plus élémentaires de la vie en communauté. Chacun pour soi sans même Dieu pour tous.
Une équipe de football est comme l’humanité, Une dans son essence, multiple dans son apparence. Veiller les uns sur les autres, être à l’écoute les uns des autres. L’équilibre est à ce prix. Le collectif, n’est pas du « collectivisme », c’est la volonté de mettre chaque note en correspondance avec celle qui la fait résonner le mieux. Vaste entreprise mais si passionnante qu’elle est ma raison de vivre… A l’heure où les sociétés dans lesquelles nous vivons accouchent d’individus continuellement frustrés de leurs rêves, le terrain de football permet à chacun d’évoluer à sa meilleure place : celle où il se sent le mieux.
Combien sont-ils ces avocats qui rêvent d’être potiers, ces médecins d’être comédiens, ces comédiens de devenir charpentiers ? Qui et quand leur a-t-on donné la chance d’évoluer à leur poste, selon leur nature profonde ? Trop rarement, car si tel était le cas, le monde tournerait aussi rond qu’un ballon.
Ce monde est peuplé de gardiens de but, de défenseurs, de milieux, d’attaquants, d’arbitres, de soigneurs. Ce monde est foot !"
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04/05/2010
Les mots de la Coupe du monde
« Mon intention n'est pas de vous raconter le laid, les tacles assassins des manipulateurs de tous bords dans le dos des chevaliers de la balle ronde, mais juste de vous inviter à poser un regard différent sur ce rectangle magique. »*
Et si en cette veille de coupe du Monde, nous parlions ensemble de mots... Car si les mots sont revêtus de lettres, ils possèdent un esprit dont l'essence nous apporte les effluves du mystère du monde et ce mystère porte le nom magique de Verbe Eternel.
Et si nous prenons le mot « Afrique », son énoncé nous fait automatiquement associer les mots tradition, transmission, mais aussi souffrance et pour ma part, espoir. Afrique, que l'on prononce A-fric, avec ce A privatif qui soudain nous permet d'entrevoir un autre sens à ce mot, une autre vertu offerte à la lecture de tous par ce continent oublié et meurtri.
Et si cette coupe du Monde 2010 était la coupe d'un nouveau monde, celle d'un monde ou les mots prennent un autre sens, celle ou le fric reprendrait sa juste place, celle de simple monnaie d'échange, celle d'un moyen et non d'une fin.
Et si les mots devenaient plus ronds, moins pointus, comme des obus, et la balle, ballon pour soigner les maux de ce monde. Et si nous ne parlions plus d'affrontements mais de rencontres, et si nous ne parlions plus d'adversaires mais de concurrents, et si nous ne parlions plus d'agressivité mais d'engagement, et si nous parlions d'accueil plutôt que de réception, si nous parlions victoire plutôt que résultat, si nous parlions des hommes plutôt que des marques, des vertus plutôt que des valeurs, de qualité plutôt que de quantité ?
Et si l'Afrique de Monsieur Mandela annonçait la venue d'un nouveau monde dont la coupe offerte, comme le Graal, ne demandait qu'à être remplie de nos rêves, de notre humanité de notre Amour. Et si....et si....
Les utopies sont les prémices de nos mondes et rien de ce que l'homme pense n'est irréalisable. Il suffit juste d'un peu de bonne volonté pour que la terre parfois trop plate prenne les contours généreux d'une matrice contenant tout les possibles.
Voilà à quelle coupe du Monde nous espérons nous abreuver, voilà dans quel état d'esprit notre association œuvre au quotidien dans les clubs, les écoles, les établissements pénitentiaires.
Voilà comment nous pratiquons le football.
Voilà comment les « Terrains de la paix » s'emploient à faire du jeu le plus sérieux du monde et le plus pratiqué sur la planète, un onguent posé sur les désespoirs.
Voilà pourquoi 2010 sera la coupe des mots, celle des mots vrais, des mots justes afin que chaque joueur, chaque spectateur devienne une lettre pour composer le poème épique dont chaque rime, pauvre ou riche, plate ou croisée résonne avec ce mot : Humanité.
* Tayeb Belmihoub « Une balle pour la paix » Editions Mélanges - www.fnac.fr
10:56 Publié dans En attendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe, monde, afrique, 2010, football, équipe, matches, rencontres, respect, sacré, victoire |
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