29/04/2011
"Tayeb, on nous demande de "blanchir les équipes"".
Une enquête Médiapart fait à juste titre scandale : "Moins de noirs et moins d'arabes sur les terrains de foot ! Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale de la Fédération française de football, dont le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. Objectif: limiter le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains."
Chantal Jouanno, ministre des sports n'a pas tardé à réagir : "Je prends acte du démenti de la Fédération Française de football quant à l'existence d'une telle politique et je l'invite à faire très rapidement toute la lumière sur les allégations de l'article. Le Ministère des Sports promeut les valeurs d'égalité, de solidarité, d'intégrité et d'intégration sociale au travers de la pratique sportive. Je garantis que cette égalité des chances dans le sport sera préservée : la discrimination n'a pas sa place dans le sport, que ce soit dans les tribunes, comme dans les centres de formations."
C'est alors que la connexion se fait dans ma tête avec un événement qui s'est déroulé il y quelques mois, alors que j'étais en immersion dans un club "Terrain de la Paix". Suite à l'atelier consacré - entre autres sujets comme l'éthique, le jeu et l'enjeu - à la restauration de l'Autorité, un éducateur visiblement gêné, révolté mais conforté par ma vision des choses, m'a demandé toute ma discrétion et m'a confié "Tayeb, on nous demande de blanchir l'équipe...! Moins de noirs et moins d'arabes..."
Lorsque l'information m'a été communiquée par cet éducateur (lui-même d'origine maghrébine !!!), j'avoue avoir eu quelques peines à l'entendre... Tiraillé entre le refus d'y croire, pour conjurer cette insupportable vision et l'acceptation de cette pathétique orientation, j'ai fini par devoir m'incliner devant la réalité de cette volonté obscure, non sans avoir auparavant informé, dans mon compte-rendu d'immersion, les autorités, dites de tutelle, de cette rumeur persistante...
Le foot français n'est plus assez blanc au goût de sa gouvernance et ce sentiment ne lui est pas exclusif. En effet, cette volonté de restaurer la "francitude" des équipes de foot n'est plus une discrétion de comptoir mais une volonté affichée, confortée par l'attitude décomplexée des partisans de la préférence nationale...
Trop de noirs, trop d'arabes...! Je ne suis pas surpris, en son temps, j'ai recueilli, du propre aveu de certains des plus hauts dirigeants de la FFF, que trop de juifs présidaient aux destinées économiques de la dite honorable fédération.
Le témoignage que j'apporte ici n'est pas le fruit d'une quelconque rancoeur à l'égard d'une fédération, que j'estime par ailleurs en tant que fonction, mais celui d'un homme qui depuis plus de trente ans a pu "apprécier" et continue à le faire, l'absence d'éthique de nombreux cadres de cette institution.
Cette arrière-pensée ne doit plus rester cachée car elle n'est en réalité que le reflet ou l'écho d'une fange de la population arcboutée par la peur de l'étranger et la perte d'une identité, que par ailleurs elle est incapable de définir.
Oui, on demande de blanchir les équipes, oui, certains dirigeants, que je me refuse à appeler français, selon l'idée que l'on se fait de la France, ont cette démarche détestable, mais il ne faudrait pas s'arrêter sur l'arbre qui cache une bien sombre forêt.
Les clubs de foot français échappent, par leur nature juridique, à tout contrôle en matière d'éducation et aucune compétence ni moralité particulière n'est exigée pour un président de club qui doit pourtant gérer des groupes de parfois plus de 500 jeunes.
Pire, nous savons quel rôle la plupart des élus entendent faire jouer au club de foot de la commune : Ramener la paix dans les quartiers. Rares sont ceux qui, au-delà des voeux pieux et des dossiers bien remplis pour juguler les statistiques, se consacrent à faire du club un élément essentiellement éducatif.
Vivier de voix, le club de foot reste une sorte de levier politique dont on oriente la manoeuvre au gré des besoins locaux, régionaux et même nationaux.
Si j'avais publié les informations recueillies depuis des années en tant que joueur, puis éducateur et maintenant président d'association, peu de personnes auraient accordé le moindre crédit à mes allégations.
Je suis non pas heureux mais soulagé, qu'enfin apparaisse au grand jour, et par le biais d'un média fort, cette invraisemblable facette des dirigeants du sport français et de l'état d'esprit qui règne autour de ce qui pourrait être le meilleur vecteur d'éducation et du bien vivre ensemble qu'est le football.
J'ai publié un ouvrage, il y a plus de cinq ans, dans lequel je démontrais la force de cette activité humaine et l'orientation que l'on pouvait lui donner, je dois reconnaitre que la dépollution du foot comme celle de notre monde ne peux se concevoir que par une volonté politique forte, affranchie de tout calcul électoraliste qui s'accorde mal avec l'idée que l'on se doit, de faire vivre pour l'équilibre de notre nation et du monde qui nous observe.
Il est temps de faire taire une fois pour toutes les appels à la haine et à la division, quelles que soient les formes qu'elles revêtent et les sphères où elles s'expriment.
Bâtissons notre édifice républicain avec les matériaux les plus précieux que nous avons en nous, faute de quoi la maison France, qui en son temps faisait rêver le monde, pourrait bientôt ne ressembler qu'à une ruine dont on ne reconnaitra même plus les traces d'une grandeur passée.
Tayeb Belmihoub
P.S. : Relire l'article "Zinédine Zidane, l'arabe qui a réussi...." ainsi que "La démocratie des petites dictatures" où Tayeb belmihoub prend pour illustration de ce titre la FFF... Puis "Eric, Brice, Marine, françois...et les autres " où on s'aperçoit que l'on est toujours dans le même sujet... et enfin "Sarkozy, l'annonce faite à Marine" pour clore enfin par la meilleure des conclusions "L'Elysée vaut bien une Mosquée..."
10:18 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blanchir, blancs, noirs, arabe, fff, fédération, football, française, racisme, équipe |
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24/06/2010
Ma ferme célébrités...Rêvée !
Ce matin, je me suis réveillé heureux et plein de joie.
Ma nuit pourtant a été courte car je peinais à trouver le sommeil, alors, plutôt que de compter des moutons, je me suis amusé à compter des chèvres mais pas n’importe quelles chèvres, des chèvres tricolores qui, pendant cette coupe du Monde, et depuis bientôt quatre ans, ont réussi l’exploit de nous faire croire qu’ils étaient des lions.
Mes petites chèvres allaient bêlantes dans un grand champ et moi, épris d’une soudaine affection pour elles, j’ai été pris de l’envie de leur donner à chacune le nom qui leur correspond :
J’ai d’abord baptisé le groupe des petits boucs avec, à sa tête, le vieux Raymond, l’émissaire puant d’égo, l’air suffisant et puis Jean pierre, la corne molle et le sabot peu reluisant. Il y avait Gérard, le bouc de l’ombre, la barbichette cherchant toujours le sens du vent, enfin Aimé, l’ancien, devenu chef par accident, toujours soumis aux évènements. D’autres petits boucs sans noms, moins imposants, presque transparents, se contentaient d’être présents.
Tout prêt de ces chefs de clan, mes petites biques allaient gaiement avec, à leur tête, la Roseline grasse et hautaine, fière comme Artaban, sans doute la favorite d’un bouc illustre absent du groupe, momentanément. La Rama, autre favorite du bouc absent, boudait dans son coin, mise à l’écart, sûrement pour quelques uns des ses errements, récurrents.
Derrière, autour, à côté de ces bêlantes de haut rang, broutait le gros du troupeau, j’ai continué de nommer, un peu au hasard, comme le fut la création par Adam : Toi, tu seras Franquinette la biquette un peu bébête. Toi tu seras Nicolette, bique rude comme un bouc, la corne raide et l’air méchant. Toi, qui veut bien brouter ici mais jamais là tu seras Florentinette. Toi, pleine d’allant et l’air content tu seras Jérémiette. Toi, tu seras Sydnette un peu perdue, à contre temps et toi Williamette un peu coquette toujours boitant, et toi… et toi… et toi….
Chacune de mes créatures portant enfin son nom, je me suis abandonné dans les bras d’un Morphée tout de miséricorde et de charité. Il m’a offert un rêve que je vais, séant, vous conter :
J’étais au beau milieu d’une contrée dont je savais, comme on sait dans les rêves, qu’elle n’avait pas de frontières, des gens venaient vers moi, m’offrant à boire et à manger. Par la douceur de leurs regards, ils me transmettaient le pouvoir de les comprendre. J’étais invité à la promenade, quand au détour de nos déambulations, nous sommes arrivés sur un terrain vague où des enfants pieds nus partageaient une boule de chiffon ronde comme un ballon. Ils avaient le torse à l’air sous un soleil de plomb et un ciel d’azur. Un public nombreux et passionné encourageait les ébats. Ruisselants de bonheur autant que de sueurs, les enfants se donnaient corps et âme avec une noblesse dont on me disait, comme on nous dit dans les rêves, qu’elle était l’héritière de l’antique règle de la chevalerie :
Pas un coup bas, pas une injure, pas une petitesse, pas un joueur qui ne tomba sans qu’un autre ne le relève et ce, qu’il soit ou non son partenaire.
Pas une contestation envers l’arbitre qui pourtant je le voyais bien, se trompait de temps en temps.
Pas une belle action que tous dans le public n’encourageaient.
Entre les courtes pauses, pas une bouteille d’eau qui circula sans qu’elle ne fut partager, pas un tirage de maillot, pas un tacle dans le dos ni dans les faits, ni dans les mots.
Les entraineurs applaudissaient chaque belle action, quelle que fut l’équipe qui l’exécutait, ils se regardaient complices et fiers de voir éclore tant de talent.
Le non-temps aidant, car les rêves nous affranchissent du contingent, j’étais certain de connaître cet endroit. La clameur s’amplifiait et, la fin de la partie annoncée, je vis s’approcher un vieil homme la barbe blanche et le turban immaculé, portant dans ses longues mains un plateau d’argent sur lequel trônait, comme un trophée, une bouteille de verre. Sur ce trophée d’un autre temps était gravé en lettre d’or un nom : SELECTO.
Soudain, tout se transforma, comme toujours dans les rêves, et je reconnus instantanément le terrain vague de mes sept ans et la bouteille de Sélecto, « coca des pauvres », que l’on se partageait à la fin des mi-temps. J’étais en Algérie, à El Biar, quartier chic des hauteurs d’Alger où, après l’indépendance du pays, ma famille était venue habiter.
Je me voyais courir moi, le petit « roumi » comme on m’appelait, à cause de ma tête de bon français. Je me voyais dribler, passer, marquer dans un but sans filet, fait de deux pierres au sol. Pas de gradins mais du public, les parents, les amis, les voisins et même mon petit chien kiki.
Les scènes se succédaient, comme dans les rêves, sans aucun ordonnancement. A la fin, j’ai revu mes copains m’étreindre et pleurer alors que je leur annonçais que je devais les quitter et rentrer en France, pays de ma mère, pour qu’elle y reçoive des soins très urgents.
A cet instant, sans doute à cause de la violence de ce moment, je me suis réveillé.
Paradoxalement, malgré la nostalgie de mes sept ans, je me suis senti le cœur léger et plein d’espoir pour continuer à avancer. Je me suis souvenu de mes chèvres comptées et j’ai souris à l’idée que de leur défilé soit né un rêve d’une étonnante beauté.
J’ai instantanément compris que peu m’importeraient les déballages et les quatre vérités de quelques joueurs frustrés, de la ministre, de la Fédé, puisque de mon côté, je n’en reconnaitrais qu’une, celle au service de l’harmonie pour l’unité retrouvée de notre humanité.
Je me suis promis de faire silence dans ce tumulte d’insanités et plutôt que de maudire l’obscurité, j’ai décidé d’allumer une bougie pour que notre monde soit mieux éclairé.
00:26 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ribéry, équipe, france, bachelot, rama, henri, sarkozy, crise, fff, ferme, célébrités, afrique |
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