12/07/2010

C’est le football qui a gagné !!!

Toute la soirée et une partie de la nuit, j’ai cherché à vous offrir des mots à la hauteur de l’événement que nous venons de vivre.

A force de buter sur l’implacable silence imposé parfois par le gardien du verbe, j’ai imploré la providence pour qu’une aide me soit accordée. Elle est arrivée de la bouche même de celui qui, hier soir à la 115ème minute d’une rencontre héroïque, m’a fait aimer la vie pour ses rebonds et sa dramaturgie.

magnifique.jpg« C’est le football qui a gagné !!! » s’est écrié Andres Iniesta

Oui, c’est le football qui a gagné, sur le trop, sur le laid, sur le faux…

C’est le football qui a gagné sur la violence, la cupidité, la notoriété, la stupidité, la quantité, la médiocrité, et tant de mots encore gravés au fronton de nos sociétés civilisées…

C’est le football qui a gagné, le football partage, le football courage celui de la dignité, celui qui répond aux coups avec noblesse et magnanimité…

C‘est le football qui a gagné, celui de l’unité retrouvée, des égos maitrisés, le football de l’annonce du retour des hommes de bonne volonté…

C’est le football qui a gagné, celui qui, de sa danse, fait communier l’Humanité.

Merci donc, merci Monsieur Iniesta, pour la énième fois, d’avoir su voir l’appel dans l’espace et de m’avoir offert un de ces caviars dont vous et vos partenaires de la Roja avez le secret…

Merci pour ce « C’est le football qui a gagné !!! », merci pour ces quelques mots qui m’ont permis, moi aussi, d’offrir à celles et ceux qui ont pris le temps de me lire, des une deux, des transversales, des contrôle orientés, des reprises de volée, des sombreros et autres passes de mots, pour dire mon amour du football pour un football d’amour et de Paix.

10/07/2010

Espagne/Allemagne : La Coupe d’un nouveau Monde...

 

espana.gifAssis dans le TGV qui me mène d’Aix en Provence vers Paris, j’essaie de trouver les mots qui ne sont pas sortis de ma bouche, il y a maintenant plus de 48h tellement j’ai été heureux de cette rencontre Allemagne/Espagne.

Ca n’est pas tant le résultat qui m’a bouleversé que la qualité du jeu offert par un groupe espagnol qui ne m’a plus laissé que ma voix. Ma voix pour exulter mon bonheur de voir s’incarner dans ce groupe, l’éthique antique de la chevalerie originelle.

Noblesse, abnégation, humilité, bravoure, autant de vertus auxquelles tous devraient aspirer.

Loin de la dictature du résultat à tout prix, cette troupe d’un théâtre de gestes nous a emmener dans le monde de l’harmonie, du beau et de l’unité retrouvée. Ce football, que seule la fiction des jeux vidéo nous donne à voir, s’est animé du feu sacré des héros mythologiques.

Les grandes rencontres ne se peuvent que par les grandes équipes et nul doute que la jeune formation Allemande, par la qualité de sa résistance, a permis aux artistes de la Roja de donner le meilleur d’eux même.

En conséquence, il serait injuste voir injurieux de ne pas louer les joueurs de la Mannschaft pour la part qui leur est due de droit, dans la composition de cette symphonie footballistique à laquelle nous avons eu la chance d’assister.

Maintenant, après avoir atteint de tels sommets, il nous reste à espérer que la dernière épreuve de nos chevaliers rouge face à l’Ogrange verra le triomphe de leur bravoure.

Alors, ce soir, dans ce train à trop grande vitesse qui me transporte vers la capitale du Monde, sous le regard ardent d’un soleil rouge Espagne, je me prends à rêver de la venue d’un nouveau monde.

arton1804-3489d.jpgUn monde ou la qualité reprend sa juste place. Un monde ou la quantité ne dicte plus sa loi portée par l’ambition de quelque roitelet parvenu au pouvoir d’une fédération ou d’un club.

Ce soir, je rêve que le football reprenne ses droits, là où celui qui marque s’humilie devant ses partenaires et même ses concurrents. Celui ou l’adversaire n’a de place, ni sur la pelouse, ni dans les gradins, celui où l’un grandit par l’autre et où l’opposition est une grâce.

J’ose annoncer la venue d’un nouveau monde ou la victoire ne sera plus sanctifiée par la seule dictature du résultat. J’ose annoncer la venue de l’Homme, dans la gloire de sa condition de serviteur de l’unité retrouvée. Les signes d’un nouveau monde ne sont pas à chercher dans les seuls grimoires d’un Merlin enchanteur. Les signes d’un nouveau monde se tracent en parabole sur les terrains de nos jeux.

Rien de ce qui vit n’échappe à la loi immuable du jeu de l’union des complémentaires. La Roja a déjà remporté la Coupe d’un nouveau monde, parce qu’elle nous a fait boire ce breuvage d’immortalité auxquelles toutes les traditions font référence et qui, de nos jours, trouve comme vêtement cinq lettres immortelles, sceaux du pentagramme éternel que d’aucun nomment : A.M.O.U.R .

 

 

Photo : 1963 : « I Have a Dream », de Antoine+Manuel - DR

Cette image d’Antoine+Manuel est tirée de l’exposition 50:Helvetica The Lifetime Of A Typeface au Design Museum de Londres. Elle célèbre les 50 ans de la célèbre police de caractère, créée en 1957, à Bâle, par Max Miedinger et Eduard Hoffmann, sous le nom original de Neue Haas Grotesk.

02/07/2010

Brésil/Pays-Bas : Suis-je le gardien de mon frère ?

 

t-bresil_pays_bas.jpgJe viens de suivre la rencontre Brésil/Pays-Bas et, malheureusement, il me faut plutôt employer le terme affrontement pour en parler.

Impossible pour moi, je vous l’avoue, de ne pas penser à ces Boers qui se firent une place de choix en terre africaine à coups de feu et à coups de sang. J’ai espéré un instant que cette rencontre, entre la couleur safrané des moines bouddhistes, cet orange apaisant, allait nous offrir dans son échange avec l’Auriverde d’un Brésil flamboyant, une symphonie de une deux, de transversales renversantes, d’engagements transcendants.

L’enjeu pour moi ne pourrait pas ternir le jeu et j’étais persuadé que nous allions vivre enfin un grand moment…

Le destin des temps en a décidé autrement et j’ai vu la victoire de la force brutale sur les restes peu fringants d’un brésil mitigé engoncé par un costume trop astreignant.

Le style trop européen des enfants de la balle a succombé sous les coups ravageurs de conquérants rageurs. Le résultat pour le résultat et la kyrielle de fautes commises ou simulées a débouché sur l’expulsion, bien méritée, d’un joueur Auriverde.

Triste match assourdi par des commentaires virulents contre un pauvre arbitre dont la seule faute est d’avoir été présent.

Quelle est donc cette curée à laquelle nos aboyeurs se livrent et qui, à chaque rencontre, désavoue publiquement l’autorité ?

Quand va-t-on finir par plaindre l’erreur arbitrale plutôt que de sans cesse la blâmer ?

J’en ai assez de voir à longueur de rencontres, des pauvres types se faire agresser, injurier, pour n’avoir pas pris, aux yeux des censeurs, la bonne décision.

Mais où est-il ce joueur qui, voyant l’erreur de son coéquipier, irait l’insulter pour avoir manqué une passe, un pénalty, une transversale, une talonnade ?

Cette curie devient intolérable et indécente. L’arbitre est un homme et les verbiages incessants qui occupent près de vingt pour cent des propos des commentateurs, assistés maintenant d’ancien juges de terrain venus mettre leur grain sel dans cette montagne de fiel, tout ceci ne me parait plus tolérable.

Cette rencontre a été décevante pour des raisons bien plus profondes que les décisions jugées bonnes ou mauvaises d’un petit homme en noir. Il serait temps d’arrêter cette folie de nous vouloir ennemis les uns des autres.

Arbitrer c’est d’abord protéger et si les lois sont destinées à permettre le vivre ensemble, il est l’heure de s’en souvenir. La perfection n’est pas humaine et l’arbitre de ce quart de finale se couchera sûrement ce soir avec dans le ventre un peu de cette douleur qui nous fait parfois pleurer sur le Monde.

Il ne rejoindra aucun grand club qui le consolera, ne percevra aucun salaire mirobolant pour prix des crachats qu’il reçoit, et n’aura pour défenseurs que quelques confrères à la FIFA.

Messieurs, qui aux rencontres préférez les combats, je vous invite à vous porter au bord des rings, là où votre fougue, vos frustrations, votre désir d’en découdre se feront l’écho d’un bon pugilat.

Pour les autres, pour celles et ceux qui, comme moi, préfèrent les rencontres aux combats, les nobles défaites au triomphe des coups bas, je vous invite à prendre soin de notre humanité pour ne jamais devenir ennemis les uns des autres…