21/04/2011

Peuple de France, le monde Arabe nous parle !

révolution,arabe,peuple,france,anesthésie,bhl,président,retraite,élus,liberté,égalité,fraternité,démocratieUne révolution peut en freiner une autre... Le monde Arabe se soulève et sa fronde a décuplé la verve des va-t-en-guerre pour le triomphe des libertés.

Notre BHL national, promu à la fois chef des armées et président délégué de notre république héroïque, a pris la gouvernance de nos légions ailées. Jusque là, compte tenu de l'invraisemblable incohérence des orientations politiques intérieures et extérieures de notre chef de l'état, il s'agit presque d'un fait banal et, du reste, personne ne semble s'en émouvoir.

Ce qui me parait en revanche assez incroyable, c'est l'anesthésie qui frappe notre bon peuple, et qui le met dans un état de léthargie absolument consternant au regard d'inacceptables brimades économiques, sociales et politiques qu'on lui fait subir au mépris de la plus élémentaire étique.

Tandis que sont publiés les montants des retraites indécentes de nombreux élus, que nos députés s'octroient des privilèges régaliens, le peuple se soumet avec une résignation et une docilité dont on est en droit de se demander s'il n'y prend pas quelque malin plaisir.

Alors que l'or noir se transmute en or tout court pour le gouvernement et les compagnies pétrolières, notre bon peuple continue de l'abreuver de sa solde s'inclinant devant la dictature de la taxe. Il râle, il bougonne mais se résigne comme si une fatalité l'asservissait à la cause de ses oppresseurs.

révolution,arabe,peuple,france,anesthésie,bhl,président,retraite,élus,liberté,égalité,fraternité,démocratieBon peuple de France, jusqu'où faut-il que ta prosternation t'abaisse pour que ton front, trop proche enfin des trottoirs de ta peur, ne ressente l'odeur nauséabonde de la veulerie et qu'enfin tu ne te redresses à l'instar de tes frères Arabes ?

Nul besoin de canons ou de baïonnettes pour refuser l'oppression, la maturité de tes institutions et de cette démocratie que tu prônes, suffit largement à garantir ta révolte paisible dont l'issue n'a nul besoin de sang et encore moins de larmes.

Dire Non, n'est pas une posture, encore moins une injure.

Dire Non, c'est retenir le bras de l'oppresseur pour lui faire entendre raison, sa raison, la nôtre, celle qui nous différencie de l'état animal et de la loi du plus fort ou du plus cupide.

Dire Non, c'est honorer notre Humanité par notre capacité à refuser que nos semblables soient victimes ou bourreaux car en dépit des apparences les deux finissent souvent liés par une souffrance commune, la haine.

L'absence de réaction n'est pas un signe de bonne santé mentale, à moins qu'elle ne soit le signe d'une acceptation absolue et inconditionnelle. Nous savons que seuls les sages et les saints sont capables de tels sentiments. En revanche, quand elle n'est que l'expression d'un renoncement elle devient la phase ultime de l'aliénation. 

révolution,arabe,peuple,france,anesthésie,bhl,président,retraite,élus,liberté,égalité,fraternité,démocratiePeuple de France, le monde Arabe nous parle. Il nous alerte, nous interpelle, nous tire par la manche, par le cœur, il nous éveille, nous réveille.

Cessez de vous croire heureux pour le seul confort matériel que vous confère un quotidien anesthésique. Notre pays est en train de s'endormir du sommeil des injustes et si nous n'y prenons garde, l'inacceptable deviendra admissible, l'intolérable compréhensible et le sérum psychologique destiné à nous engourdir finira par faire de nous de bon petits veaux que les abattoirs géants de nos assemblées corrompues sacrifieront au gré de leurs besoins voire de leurs envies.

(Liberté Egalité Fraternité en callligraphie arabe)

Il ne s'agit plus de s'indigner mais de se révolter dans le sens plein et noble de ce mot qui nous invite à renouer avec l'origine, pour transformer le quotidien invivable d'une société déséquilibrée en Peuple digne aux qualités que l'on est en droit et en devoir de faire vivre pour mériter le nom de Démocratie et les vertus censées lui être attachées: Liberté, Égalité, Fraternité.  

19/02/2011

Le Parisien... Du sang, du sang, du sang...

scnadale,sang,parisien,journal,responsabilité,liberté,occident,courage,silence,prudence,presse,dictateur,égypte,tunisie,révolutionLorsque j’étais enfant et qu’une bagarre éclatait dans la cours d’école, il ne fallait pas plus de quelques secondes pour qu’un cercle se forme autour des belligérants et que jaillisse la scansion populaire : Du sang, du sang, du sang…

C’est ce souvenir inoubliable qu’a fait remonter en moi ce matin la lecture de la page centrale du Parisien consacré aux soulèvements qui ébranlent les capitales du monde Arabe.

Nos quêteurs de scandales ont affiché en pleine page, les visages alignés des principaux chefs d’états menacés  avec pour ceux qui ont déjà été démissionnés (Ben Ali et Moubarak) une indication portée en travers du visage comme une balafre : PARTI.

Bien entendu la mise en page, loin de n’être qu’un souci d’information, est en réalité une mise en scène qui, implicitement, invite et surtout incite, à faire exister le prochain élu à l’exil.

(Photo : http://bernartze.unblog.fr)  

Il n’est bien entendu pas question pour moi de prendre la défense de ces petits dictateurs nourris à la mamelle de l’Occident mais de mettre en garde contre ces pratiques dangereuses qui excitent les foules comme le font dans les cours d’écoles ou dans l’arène ceux qui s’abreuvent de haine et de combats.

Le mot révolution possède un sens précis qui signifie retour au point d’origine.

 La question que l’on est donc en droit de se poser pour ces pays concernés est justement la difficulté pour ces pays en souffrance, de retrouver ce fameux point qui les relie à leur histoire. Une remarque s’impose alors, qui nous amène à considérer la part de responsabilité « des grandes démocraties » aujourd’hui donneuses de leçon d’humanisme dans l’acculturation de tous ces peuples et celle qui leur incombe également dans cette souffrance qui perdure bien après les prétendues indépendances.

scnadale,sang,parisien,journal,responsabilité,liberté,occident,courage,silence,prudence,presse,dictateur,égypte,tunisie,révolutionLe prix de la liberté est plus élevé que le fruit des corruptions internationales qui maintiennent sous la tutelle de FMI les pays en voie de développement.

L’occident s’offusque des dérives qu’il a lui-même provoquées. Les puissances de l’alliance et du prêt à penser se dressent contre les potentats qu’elles ont favorisés au mépris de toutes leurs grandes déclarations universelles en faveur des droits de l’Homme. L’Univers occidental a toujours été limité aux frontières de sa pensée.

Ce réflexe de basse église, « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » est repris en écho par tous les tortionnaires du monde : Des Etats-Unis ruisselant encore du sang vietnamien et irakien, en passant par la France dont l’Afrique du Nord au Sud peine à se reconstruire du viol qu’elle a subi, pour finir par une Allemagne meurtrie par les camps de ses pairs, nos gardiens de la paix planétaire sont paradoxalement les plus grands criminels de guerre de l’histoire de l’Humanité.

(Photo : http://vieil.eclis.free.fr)

Pourquoi je vous parle de tout ça et pourquoi ne suis-je pas hors sujet ? Tout simplement parce que les publications de notre presse, si médiocre soit-elle, sont susceptibles d’impacter les esprits les plus fragiles. Il est dangereux d’inviter insidieusement à la vindicte, à la haine et au soulèvement quand on n’est pas prêt à assumer sa part de responsabilité sur les conséquences de nos actes.

scnadale,sang,parisien,journal,responsabilité,liberté,occident,courage,silence,prudence,presse,dictateur,égypte,tunisie,révolutionMessieurs dames  du Parisien, il est aisé de vos petits bureaux d’Issy les Moulineaux d’exhiber dans vos pages, comme dans un stand de foire, les visages de vos prochains sujets de thèse mais il aurait été plus opportun et surtout plus courageux de partir en guerre contre ces enfants naturels de l’occident au moment où vos articles, plein d’obséquiosité à leur encontre, dégoulinaient le long de vos colonnes obscènes. Que d’éloges n’avons-nous parfois pas lues sur tel ou tel dirigeant arabe ou maghrébin de la bouche même de ceux qui nous gouvernent, repris en écho rampant par tous nos quotidiens et autres papiers à essuyer le trop plein de leur verve.

Un peu de retenue messieurs dames, un peu de décence, car s’il est vrai que ces révoltes sont légitimes, elles n’en demeurent pas moins des tragédies humaines dont l’issue est toujours tragique et incertaine. 

(Photo : http://www.mizzenmast.fr)

Le silence est parfois un acte de courage et la prudence peut être la plus énergique solidarité.

Sachez faire de vos pages un espace de liberté en évitant de suivre les mouvements spasmodiques des émotions pulsionnelles qui vous poussent à espérer le drame pour mieux vendre vos papiers. Et, si par le plus grand des malheurs, votre envie est plus forte que nos besoins, faite de vos pages des rouleaux hygiéniques pour qu’au moins soit utile le destin de votre ambition et de votre verbiage.

          

 

19/01/2011

Solidarité, pour un monde social et solidaire...

9782854805383FS.gifLa solidarité prend souvent sa source au cœur des drames et l’eau qui en jaillit est toujours teintée de sang et de larmes. Il a suffit qu’un citoyen anonyme offre aux flammes sa souffrance, pour que sa mort donne vie à tout un pays dominé par la peur.

La Tunisie vient d’exhaler un parfum dont les effluves se propagent bien au delà du Maghreb et des pays Arabes ou supposés musulmans. Cette senteur de liberté pourrait bien inspirer tous ceux qui souffrent et n’osent plus croire à la faculté d’agir leur destin.

Les discours entendus ça et là sur la mentalité Tunisienne ou Marocaine prétendument « naturellement soumise à la force du pouvoir… », ont volé en éclats par les mêmes balles qui ont tués plus de 70 civils et blessés des centaines de tunisiens. Les plus forts ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

En France comme au Maghreb, on colporte souvent cette légende qui fait de l’Algérie la nation dont on envie le courage et dont on craint le courroux.

Qu’en est- il aujourd’hui de cette légende et quel est le sentiment nourri en ces heures de trouble par les voisins de Carthage ? Sans doute plus d’envie et de regrets que de solidarité et d’admiration. Envie de d’imiter les « paisibles cousins », mêlée d’une rancœur de se faire voler la vedette et regret de ne plus trouver la force de refuser, comme eux, l’impossible quotidien.

Tant que l’Algérie pouvait briller de la flamme de son Indépendance, le peuple pouvait se satisfaire du souvenir de cette gloire mais aujourd’hui cette auréole ne brille plus que sur les tombes abandonnées des martyrs oubliés. Le peuple Marocain attend sans doute son heure et, plus sûrement encore que son voisin de pallier, manifeste quelques velléités avant de s’engager à son tour sur le douloureux sentier.

Le Maghreb bouge, comme le reste du monde et peut être plus encore, parce que l’énergie de sa jeunesse vibre à l’unisson de sa souffrance. Le Maghreb bouge et bien au-delà de ses frontières géographiques, il est en train de pousser les murs de son désespoir.

Les visas imposés par les pays européens, la France en tête, pourraient bien devenir, si l’on n’y prend garde, le germe d’une révolte plus grave encore et l’enfermement imposé par ces craintes et ces contraintes creuse les fondations de notre propre caveau.

Il faut ouvrir nos frontières, non pour accueillir toute la misère du monde comme on l’entend ça et là mais au contraire pour la combattre car la plus grande des misères est intellectuelle et l’entrave à la circulation des peuples reste la cause première de crispation et solidification du monde.

Le paradoxe de cette politique réside dans sa faculté à vouloir mondialiser, tout en érigeant des murs de plus en plus hauts entre les peuples. La terre ne se réduit pas à quelques échanges boursiers sur les places fortes dominées par des spéculateurs.

La terre est peuplée de femmes et d’hommes dont les cœurs et les consciences se nourrissent d’autres aliments que les indices du CAC 40. Il serait temps que la solidarité, dont se targuent les agents du F.M.I, prenne une autre forme que l’administration d’aumônes anti-inflammatoires destinées à masquer le mal des peuples en souffrance.

La solidarité pour permettre aux peuples du monde de s’approprier la chose publique ne passe plus par les déclarations d’intention des élites dévoyées, mais par la restauration des principes au nom desquels ils prétendent gouverner.

71155_45558991757_6008635_n.jpgQui osera le premier ouvrir la porte de notre maison France pour permettre au Maghreb de se démocratiser, de nous démocratiser ? Qui, en Europe, de nos « grandes démocraties » aura le courage et la lucidité d’écrouler la grande muraille des peurs et des préjugés ?

Le monde est semblable à un grand corps humain et personne ne doute qu’une mauvaise circulation à des conséquences souvent désastreuses. Faciliter la libre circulation des individus plus encore que des biens reste la meilleure garantie d’un mieux vivre ensemble pour apprendre à s’aimer. N’est ce pas ce à quoi nous sommes en devoir d’œuvrer pour notre humanité, n’est ce pas là après tout le sens premier et ultime de la solidarité ?