26/04/2011
Taiwo, Taiwo,Taiwo, ferme ta….répondit l’écho !
Un peu de triste histoire pour ceux qui ne suivent pas les rebonds du ballon rond.
A l’issue de la rencontre de la coupe de la ligue entre l’O.M et Montpellier - dont le président Mr Nicollin brille par sa légendaire vulgarité - Taye Taiwo, joueur du club Olympien a sans doute cru bon montrer, après la victoire de son équipe sur le terrain de jeu, qu’il était capable de l’emporter sur celui du langage ordurier.
Il s’est alors saisi du micro pour entonner, avec certains supporters marseillais "(...) Les Marseillais montent à Paris pour enc... le PSG !"
Nous pouvons sans peine imaginer que ce genre de déclaration, pour médiocre qu’elle soit, fait partie du lot quotidien de nombre de vestiaires et de bancs de supporters, sans que d’ailleurs, certains éducateurs, que je préfère nommer « entraineurs », ne s’émeuvent de cette vulgarité. Le terme d’entraîneur, du reste, illustre bien l’état d’esprit de ceux qui excellent à faire de leurs joueurs des « gagneuses » bien plus lucratives que les meilleures marcheuses de nos bois parisiens.
"Il n'avait pas l'intention de blesser des gens, surtout pas lui. Quand vous le connaissez... C'était un contexte, c'est une manière de chambrer les deux clubs. Lui, c'est vraiment le contraire de quelqu'un de méchant. Et ses excuses sont vraiment sincères." Didier Deschamps
« Je m'excuse auprès de tous les Parisiens et de tous ceux que mes paroles ont pu choquer. J'ai beaucoup de respect pour les Parisiens. J'étais content, on venait de gagner la Coupe, les supporters chantaient et je me suis mis à chanter avec eux. L'ambiance après la victoire, c'était comme au Vélodrome, les supporters étaient très contents et j'ai chanté avec eux » Taiwo
Passé ce constat et ces excuses, il n’est pas inutile de se préoccuper des suites à donner à cette déclamation publique afin qu’elle ne tombe pas dans les « annales » de faits divers oubliés*.
Le problème qui se pose à nous, en cet instant précis, est bien de trouver la sanction en rapport avec l’infraction et je ne peux m’empêcher de me remémorer les mots des uns et des autres sur la nécessaire exemplarité des élites, qu’elles soient footballistiques ou autres.
C’est alors que me reviennent à l’esprit les déclarations, plus vulgaires encore, de certains de nos élus et de nos ministres dont les propos, certes moins fleuris, n’en a pas moins eu, une odeur au moins aussi fécale... Ce qu’en réalité je vous invite à considérer, c’est l’état général qui caractérise une société qui banalise à loisirs les propos les plus inadmissibles.
Quand la xénophobie devient une simple « façon de parler » des personnalités les plus en vues de notre Nation, et ce dans tous ses domaines d’activités, quand ses travers les plus condamnables s’affichent en vertus, il est urgent de réagir avant que l’irréparable ne se produise.
Le bien vivre ensemble est un édifice qui ne peut se concevoir sans fondations et sans piliers et le respect de nos semblables est sans nul doute, à l’égard de cette construction humaine, sa pierre angulaire.
Ce respect que, comme la tolérance, tous prônent sans jamais se l’appliquer, est tombé dans l’escarcelle des superstitions (au sens strict de ce qui se survit à soit même) autrement dit de ce dont on ne conserve que l’enveloppe ou l’image.
Cette faconde à tuer l’esprit au profit de la lettre fait de « l’exemplarité » exigée par tous même plus une intention, mais un alibi. Il suffit à certains de prononcer le mot pour qu’ils s’illusionnent de sa vie.
Le vivant ne nait pas dans les bouches mais dans les cœurs et son expression, pour silencieuse qu’elle soit, n’en organise pas moins le monde.
Taye Tawio est un excellent baromètre des états d’esprits des clubs modernes, un excellent reflet, devrais-je dire, de la société moderne en général où l’on considère « l’autre » comme une menace dont il faut se défaire par tous les moyens, la sodomie étant pour notre rhéteur le plus approprié.
Plus sérieusement, la sanction quelle qu’elle soit, qui ramènerait notre « pointeur » à une réalité plus douloureuse encore que les affres de sa sodomie, ne résoudra pas les causes de sa déviance et sans une volonté de faire de l’éducation, la base de nos sociétés, il est probable que les dérapages incontrôlés de cette nature provoqueront de plus en plus d’accidents de langages, d’attitudes et plus grave encore, de pensées.
Mr Deschamps, qui comme votre homologue madrilène semblez privilégier le but sur le moyen de l’obtenir, je vous invite à réfléchir an sens de l’objectif que vous prétendez vouloir atteindre. Le But est ce qu’il y a de plus noble quand il demeure l’aboutissement d’une quête au service d’une cause plus grande que ceux qui la servent, en revanche quand ce but se limite à une estrade destinée à élever la seule dimension de notre ego, il porte le nom d’illusion, de corruption, de chute.
Le football est un des derniers jardins d’Eden que les plus malins tentent de polluer par l’avidité et la cupidité. Nos terrains se « synthétiquent » comme la pensée de leurs corrupteurs et si nous n’y prenons garde, ils finiront par nous faire oublier jusqu’aux senteurs paradisiaques de la pelouse et la couleur originelle du gazon éternel.
Taiwo,Taiwo,Taiwo… Ouvre ton cœur, répondit l’écho !
*La LFP a ouvert une enquête et transmettra le dossier au Conseil National de l'Ethique qui pourrait priver le Nigérian d'un, voire plusieurs matches de Ligue 1
20:27 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : taiwo, taye, deschamps, om, psg, insultes, vulgarité, football, matches, sanction, écho, marseillais, parisiens |
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04/05/2010
Les mots de la Coupe du monde
« Mon intention n'est pas de vous raconter le laid, les tacles assassins des manipulateurs de tous bords dans le dos des chevaliers de la balle ronde, mais juste de vous inviter à poser un regard différent sur ce rectangle magique. »*
Et si en cette veille de coupe du Monde, nous parlions ensemble de mots... Car si les mots sont revêtus de lettres, ils possèdent un esprit dont l'essence nous apporte les effluves du mystère du monde et ce mystère porte le nom magique de Verbe Eternel.
Et si nous prenons le mot « Afrique », son énoncé nous fait automatiquement associer les mots tradition, transmission, mais aussi souffrance et pour ma part, espoir. Afrique, que l'on prononce A-fric, avec ce A privatif qui soudain nous permet d'entrevoir un autre sens à ce mot, une autre vertu offerte à la lecture de tous par ce continent oublié et meurtri.
Et si cette coupe du Monde 2010 était la coupe d'un nouveau monde, celle d'un monde ou les mots prennent un autre sens, celle ou le fric reprendrait sa juste place, celle de simple monnaie d'échange, celle d'un moyen et non d'une fin.
Et si les mots devenaient plus ronds, moins pointus, comme des obus, et la balle, ballon pour soigner les maux de ce monde. Et si nous ne parlions plus d'affrontements mais de rencontres, et si nous ne parlions plus d'adversaires mais de concurrents, et si nous ne parlions plus d'agressivité mais d'engagement, et si nous parlions d'accueil plutôt que de réception, si nous parlions victoire plutôt que résultat, si nous parlions des hommes plutôt que des marques, des vertus plutôt que des valeurs, de qualité plutôt que de quantité ?
Et si l'Afrique de Monsieur Mandela annonçait la venue d'un nouveau monde dont la coupe offerte, comme le Graal, ne demandait qu'à être remplie de nos rêves, de notre humanité de notre Amour. Et si....et si....
Les utopies sont les prémices de nos mondes et rien de ce que l'homme pense n'est irréalisable. Il suffit juste d'un peu de bonne volonté pour que la terre parfois trop plate prenne les contours généreux d'une matrice contenant tout les possibles.
Voilà à quelle coupe du Monde nous espérons nous abreuver, voilà dans quel état d'esprit notre association œuvre au quotidien dans les clubs, les écoles, les établissements pénitentiaires.
Voilà comment nous pratiquons le football.
Voilà comment les « Terrains de la paix » s'emploient à faire du jeu le plus sérieux du monde et le plus pratiqué sur la planète, un onguent posé sur les désespoirs.
Voilà pourquoi 2010 sera la coupe des mots, celle des mots vrais, des mots justes afin que chaque joueur, chaque spectateur devienne une lettre pour composer le poème épique dont chaque rime, pauvre ou riche, plate ou croisée résonne avec ce mot : Humanité.
* Tayeb Belmihoub « Une balle pour la paix » Editions Mélanges - www.fnac.fr
10:56 Publié dans En attendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coupe, monde, afrique, 2010, football, équipe, matches, rencontres, respect, sacré, victoire |
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