28/02/2011
Sarkozy : L’annonce faite a Marine...
L’intervention de notre Président de la République pourrait se résumer à une phrase nominale qui en réalité traduit à la fois sa pensée et sa crainte : Gare aux migrants.Le paradoxe de ce cri d’alarme tient au statut même dont ont « bénéficié » en leur temps, ceux qui aujourd’hui se soulèvent. Ils étaient encore, il y a quelques dizaines d’années à peine, désignés du terme de « protectorats ».
Il est vrai que l’histoire s’écrit différemment selon ses auteurs.
Ainsi, quand la France s’invitait à force de baïonnettes au Maghreb, son flux migratoire était une œuvre civilisatrice, en revanche que ses anciens vassaux cherchent refuge pacifiquement en « Terre des droits de l’Homme », ils se transmutent soudain en « dangereux flux migratoire », sorte de monstre antique, tapis au cœur des anciennes colonies de l’Empire.
On réalise que seule la force, légitime la présence en pays étranger et, autant les Etats Unis que l’Europe s’emploie depuis plusieurs siècles à valider cet adage.
Flux migratoires : Voilà en réalité la seule préoccupation de nos grandes Nations pour les conséquences jugées désastreuses que la convoitise de ces « hordes de va-nu-pieds » pourraient avoir sur l’équilibre de notre bien être.
Flux migratoire : de fluere : couler et de migration : changement de lieu. Ainsi ce pléonasme présidentiel nous a permis de comprendre que ça n’est pas tant le désespoir des peuples qui le préoccupe, encore moins leur avenir, qu’un passé meurtri a durablement compromis… (photo : http://reiss.over-blog.com/article-33906538.html)
Ce qui préoccupe notre Président et ses semblables berlusconien, c’est comment édifier le plus rapidement possible le mur le plus inviolable destiné à maintenir hors de nos terres les indigènes de nos anciens « protectorats » ?
Les grandes démocraties n’ont de grand que leurs déclarations. Le front commun anti-migratoire va sans doute se réunir en urgence ratifiant ainsi un accord de co-opération qui tiendra à distance raisonnable tous ceux que l’on s’employait hier à civiliser pacifiquement.
La voix de l’occident est restée coincée dans le canon de son ego et sa générosité est emprisonnée par sa peur.
L’annonce faite à Marine va sans doute rassurer une grande partie du peuple de France et notamment ceux qui s’apprêtent à Nice à célébrer le putsch des généraux à Alger et a honorer les faits glorieux de l’OAS (Nice Matin – Article et lien en fin de note).
Ne doutons pas qu’avec de telles initiatives, les jeunes Français dont les pères ont été massacrés et torturés par les honorables membres d’une organisation armée aussi secrète qu’illégale vont peiner à comprendre la légitimité de ce genre de commémoration.
Hier les slogans fleurissaient sur les panneaux publicitaires que JC Decaux n’avait pas encore conquis et sur lesquels on pouvait lire que les idées des Français étaient plus précieuses que le pétrole Arabe. (Photo ICI)
Aujourd’hui, le même pétrole Arabe migre le long des pipelines sans le moindre obstacle et il est même devenu l’aliment de base des plus grandes idées économiques du monde occidental.
L’or noir git au cœur de terres arides dont les chefs déchus, Kadhafi, Moubarak, et autres amis de la France sont devenus persona non grata. Notre diplomatie, notre démocratie, notre gouvernance est décidément frappée de la même cécité intellectuelle qui l’a empêchée de voir en son temps la volonté d’indépendance de ses anciennes colonies.
A n’en pas douter, si l’histoire ne se répète pas strictement, elle offre à voir de troublantes analogies.
Alors, moi qui suis l’enfant d’une mère Chtimi et d’un père Kabyle, j’ai honte à la France et mal à mon Algérie. Moi qui suis l’enfant du viol d’une culture par une puissance, je souffre du passé meurtri de mon père qui s’invite dans le présent troublé de la « patrie » de ma mère.
Moi qui suit le fruit de ce drame, je peine à accepter qu’un ministre condamné pour xénophobie devienne conseiller particulier du Président d’une République et je m’interroge sur la sincérité des préoccupations des ses élites. Certes, Mr Hortefeux nous a rassuré : « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème » !!! Certes, quand ils sont chez eux, il n’y a rien à craindre, c’est quand ils viennent chez nous que ça pose problème !!! Certes qu’ils se révoltent c’est bien, mais c’est sur le lieu où ils tentent de trouver refuge qu’il convient de s’entendre… (photo ICI)
Je n’ai d’ailleurs pu retenir une pensée pour les Français Musulmans, laissés à quai après l’Indépendance de l’Algérie, et dont la seule erreur a consisté, à l’époque, de croire à la parole de la France leur mère patrie.
Je n’ai jamais su ce que ce mot patrie signifiait exactement et encore moins le mot frontière.
Alors, pour conclure, je vous en conjure Mr le président, si vous voulez réellement le bien de notre France, si vous souhaitez sincèrement servir le destin du pays de ceux qui vous ont élu, si sérieusement vous nourrissez l’ambition de rapprocher les bords de la Méditerranée, commencez par repousser les limites de votre conscience et les fantômes de vos peurs, faites confiance à l’Homme plutôt qu’au CAC 40, à l’avenir de vos enfants, qu’un passé parfois peu glorieux pourrait bien compliquer, et si vous craignez, autant que vous l’affirmez, pour l’équilibre du monde, ayez l’humilité d’accepter qu’il ne dépend pas de vos vérités mais qu’il s’accomplit au-delà de votre ignorance et de vos peurs.
Enfin, Mr le Président, peut-être pour finir de vous rassurer sur ce que vous désignez comme un possible danger - ce flux migratoire censé nous déséquilibrer - sachez qu’en ce bas monde il n’est rien qui ne soit pas migrant, changeant et que le flux et le reflux sont la palpitation du monde, à laquelle rien n’échappe si ce n’est le Principe indicible qui organise notre univers dans lequel tout est assemblé d’un invisible lien.
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Publié le dimanche 27 février 2011 à 07H07
De gauche à droite, Hervé Cuesta, pied-noir, président du collectif « Non au 19 mars 1962 », Michèle Soler (Cercle des Algérianistes), et André Loré (Comité d'action patriotique) devant les coupures de journaux de l'époque où le général de Gaulle proclame son attachement à l'Algérie française.PHILIPPE FIAMMETTI
D'anciens combattants et des Rapatriés veulent rendre un hommage national, à Nice, aux officiers « qui n'ont pas voulu qu'on abandonne l'Algérie »
En rouvrant une page controversée de notre histoire, cette commémoration ne laissera personne indifférent, elle devrait même susciter des réactions passionnées. Le 23 avril prochain, des associations d'anciens combattants et de pieds-noirs comptent célébrer à Nice avec tous les honneurs le cinquantième anniversaire du putsch des généraux à Alger. « Ce sera national », annonce André Loré, le président du Comité d'action patriotique des Alpes-Maritimes à l'origine de cette initiative.
Mais comment peut-on fêter un événement vécu comme un attentat contre la République ? Un coup d'État militaire conduit par un « quarteron de généraux en retraite » selon les propres mots de Charles de Gaulle ?
« Acte de résistance... »
Les participants à cette commémoration n'ont pourtant pas de doute sur sa « légitimité ». Pour eux, ce putsch ne fut qu'un acte de « résistance » et les officiers supérieurs en révolte n'ont fait qu'accomplir leur devoir. « Qui a dit : "Quelle hécatombe connaîtrait l'Algérie si nous étions assez stupides et assez lâches pour l'abandonner" ? De Gaulle en octobre 1958. Qui a dit : "Oui, oui, oui, la France est ici pour toujours" ? Le même à Oran. »
Face à la « trahison » de cette promesse et à « l'abandon de l'Algérie », la révolte était fondée pour Michèle Soler, présidente du Cercle algérianiste des Alpes-Maritimes, ancienne conseillère municipale de Nice, Jean Lorenzo, président de la section niçoise de l'Union nationale des combattants et Jean-Yves Casalonga, ancien journaliste à l'Echo d'Alger. « Les militaires ont fait ce que la conscience leur commandait. Au nom de la parole donnée, ils ont sacrifié leur carrière. C'est un geste honorable. »
D'anciens membres de l'OAS se mettent à table
Raphaël Pastor, pied-noir, membre du Cercle algérianiste, ose une comparaison : « Le 1er mai, on commémore bien la Commune de Paris de 1971, révolte de la population contre un gouvernement qui avait bradé l'Alsace-Lorraine. Le putsch d'Alger est un remake de cet événement...» La Commune d'Alger après celle de Paris, voilà qui ne manquera pas d'attiser le débat !
Cet hommage rendu aux auteurs du putsch prendra la forme d' une cérémonie à Nice, le samedi 23 avril prochain, avec dépôt de gerbes devant la stèle des Rapatriés, au jardin Alsace-Lorraine.
La table ronde annoncée pour l'après-midi (1) réunira des acteurs de cette « rébellion » et d'anciens membres de l'OAS, parmi lesquels Gaby Anglade, ancien membre des commandos Delta et actuel adjoint aux Rapatriés à Cagnes-sur-Mer, Pierre Descaves, à l'origine de la naissance de l'OAS en métropole, Roger Holeindre, écrivain, le Dr Jean-Claude Pérez, adjoint de Raoul Salan.
1. De 14 heures à 18 heures à la Maison du Séminaire, 29, bd Franck-Pilatte.
Philippe Fiammetti (pfiammetti@nicematin.fr)
18:07 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, sarkozy, putch, alger, oas, pétrole, président, hortefeux, musulmans, immigration, flux |
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