19/02/2011
Le Parisien... Du sang, du sang, du sang...
Lorsque j’étais enfant et qu’une bagarre éclatait dans la cours d’école, il ne fallait pas plus de quelques secondes pour qu’un cercle se forme autour des belligérants et que jaillisse la scansion populaire : Du sang, du sang, du sang…
C’est ce souvenir inoubliable qu’a fait remonter en moi ce matin la lecture de la page centrale du Parisien consacré aux soulèvements qui ébranlent les capitales du monde Arabe.
Nos quêteurs de scandales ont affiché en pleine page, les visages alignés des principaux chefs d’états menacés avec pour ceux qui ont déjà été démissionnés (Ben Ali et Moubarak) une indication portée en travers du visage comme une balafre : PARTI.
Bien entendu la mise en page, loin de n’être qu’un souci d’information, est en réalité une mise en scène qui, implicitement, invite et surtout incite, à faire exister le prochain élu à l’exil.
(Photo : http://bernartze.unblog.fr)
Il n’est bien entendu pas question pour moi de prendre la défense de ces petits dictateurs nourris à la mamelle de l’Occident mais de mettre en garde contre ces pratiques dangereuses qui excitent les foules comme le font dans les cours d’écoles ou dans l’arène ceux qui s’abreuvent de haine et de combats.
Le mot révolution possède un sens précis qui signifie retour au point d’origine.
La question que l’on est donc en droit de se poser pour ces pays concernés est justement la difficulté pour ces pays en souffrance, de retrouver ce fameux point qui les relie à leur histoire. Une remarque s’impose alors, qui nous amène à considérer la part de responsabilité « des grandes démocraties » aujourd’hui donneuses de leçon d’humanisme dans l’acculturation de tous ces peuples et celle qui leur incombe également dans cette souffrance qui perdure bien après les prétendues indépendances.
Le prix de la liberté est plus élevé que le fruit des corruptions internationales qui maintiennent sous la tutelle de FMI les pays en voie de développement.
L’occident s’offusque des dérives qu’il a lui-même provoquées. Les puissances de l’alliance et du prêt à penser se dressent contre les potentats qu’elles ont favorisés au mépris de toutes leurs grandes déclarations universelles en faveur des droits de l’Homme. L’Univers occidental a toujours été limité aux frontières de sa pensée.
Ce réflexe de basse église, « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » est repris en écho par tous les tortionnaires du monde : Des Etats-Unis ruisselant encore du sang vietnamien et irakien, en passant par la France dont l’Afrique du Nord au Sud peine à se reconstruire du viol qu’elle a subi, pour finir par une Allemagne meurtrie par les camps de ses pairs, nos gardiens de la paix planétaire sont paradoxalement les plus grands criminels de guerre de l’histoire de l’Humanité.
(Photo : http://vieil.eclis.free.fr)
Pourquoi je vous parle de tout ça et pourquoi ne suis-je pas hors sujet ? Tout simplement parce que les publications de notre presse, si médiocre soit-elle, sont susceptibles d’impacter les esprits les plus fragiles. Il est dangereux d’inviter insidieusement à la vindicte, à la haine et au soulèvement quand on n’est pas prêt à assumer sa part de responsabilité sur les conséquences de nos actes.
Messieurs dames du Parisien, il est aisé de vos petits bureaux d’Issy les Moulineaux d’exhiber dans vos pages, comme dans un stand de foire, les visages de vos prochains sujets de thèse mais il aurait été plus opportun et surtout plus courageux de partir en guerre contre ces enfants naturels de l’occident au moment où vos articles, plein d’obséquiosité à leur encontre, dégoulinaient le long de vos colonnes obscènes. Que d’éloges n’avons-nous parfois pas lues sur tel ou tel dirigeant arabe ou maghrébin de la bouche même de ceux qui nous gouvernent, repris en écho rampant par tous nos quotidiens et autres papiers à essuyer le trop plein de leur verve.
Un peu de retenue messieurs dames, un peu de décence, car s’il est vrai que ces révoltes sont légitimes, elles n’en demeurent pas moins des tragédies humaines dont l’issue est toujours tragique et incertaine.
(Photo : http://www.mizzenmast.fr)
Le silence est parfois un acte de courage et la prudence peut être la plus énergique solidarité.
Sachez faire de vos pages un espace de liberté en évitant de suivre les mouvements spasmodiques des émotions pulsionnelles qui vous poussent à espérer le drame pour mieux vendre vos papiers. Et, si par le plus grand des malheurs, votre envie est plus forte que nos besoins, faite de vos pages des rouleaux hygiéniques pour qu’au moins soit utile le destin de votre ambition et de votre verbiage.
14:06 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : scnadale, sang, parisien, journal, responsabilité, liberté, occident, courage, silence, prudence, presse, dictateur, égypte, tunisie, révolution |
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02/07/2010
Marianne au bord de la crise de nerfs…
Un essayiste de renom - dont je tairais l’identité de crainte de faire offense à sa mémoire, pour l’amour qu’il portait à l’anonymat - avait pressenti l’état actuel de notre société et s’en était ému en ces termes « Pour amener les hommes à vivre « en public », on ne se contente pas de les rassembler en « masse » à toute occasion et sous n’importe quel prétexte ; on veut les loger, non pas seulement dans des « ruches » mais littéralement dans des « ruches de verre », disposées d’ailleurs de telle façon qu’il ne leur sera possible d’y prendre leur repas qu’ « en commun ».On s’efforce du reste, par tous les moyens, de les « dresser » à n’être pas plus différents entre eux que ne le sont les individus des espèces animales, si ce n’est même moins encore ».
L’actualisation de sa crainte est allée, malheureusement, bien au-delà de cette clairvoyance et, non content de faire de notre monde une gigantesque ruche de verre, on y plante d’innombrables caméras et autre capteurs d’intimité pour récolter « l’écho intime de notre savane ».
De la Une racoleuse et vulgaire d’une « Equipe de gagneuses » à l’audit indigent d’une ministre rose venue espionner « son équipe de musclés », en passant par l’audition à l’assemblée des sages, de « délinquants fédérés », Marianne est au bord de la crise de nerfs…
La cascade « d’info volées », qui déferle sur les médias, s’enrichit même de la prostitution de quelque « député twitteur » trop heureux de saisir l’occasion pour sortir d’un anonymat dont le poids lui pèse bien plus que la souffrance de ses électeurs.
Le scandale paraît toujours très utile aux médiocres.
La preuve, le réflexe pavlovien des rédactions qui se sont empressées de donner la parole à ce Judas de Bourbon en l’invitant sur les divans de leurs plateaux. Ce petit homme, que je préfère laisser à l’ombre de sa bêtise, ne méritait certainement pas la prise de parole qui lui a été offerte et à moins de venir confesser sa faute pour s’humilier devant ses pairs, il eut été préférable de faire peser le poids du silence sur cette inadmissible transgression.
Un joueur de foot peut être vulgaire dans le secret d’un vestiaire et il appartient à son éducateur d’en tirer les conclusions, un député ne devrait pas avoir le droit de violer impunément le contenu d’un huis clos sans encourir une sanction exemplaire et à la mesure de son infraction.
Mais quel est donc cette folie soudaine que de vouloir tout savoir sur tout, tout le temps, par n’importe quel moyen, au seul prétexte d’une prétendue transparence à laquelle nous aurions droit et de quel droit parle-t-on ?
Caméra cachée, micro dissimulé, portable embusqué, ordinateur connecté, notre monde est devenu l’écran géant d’une émission planétaire à laquelle tout le monde doit participer. Est-ce ce droit qui nous est offert ? Ne serait-ce pas plutôt un devoir qui nous est imposé, le devoir de consommer une « fast-info » pour le plus grand bonheur des officines clownesques de nos « fast-médias » internationaux ?
Mais qui a décrété qu’il fallait tout divulguer, tout révéler ?
Au-delà de la supercherie à laquelle on tente de nous faire croire, de quelle révélation nous parle-t-on sinon de celle d’un couvercle pourtant salutaire que l’on se plait à soulever pour mettre à jour les déchets de notre humanité…
Est-il bien utile, de mettre sur la place publique cette part nauséabonde que chacun d’entre nous porte en lui et qui peut, à la faveur d’une situation particulière, s’échapper de nos actes, de nos lèvres et même de nos pensées.
Rien de ce que nos médias colportent en la matière n’est utile à la prétendue information qu’ils brandissent comme étendard de leur foi. La seule motivation, le seul moteur de leur déséquilibre reste la nécessité impérative de vendre du papier.
Il est certain qu’il serait plus utile, pour la sacro sainte « opinion publique » que ces faiseurs de scandale prétendent éclairer, que la vente de leur papier ou de leurs images se fassent en rouleaux. D’ailleurs, au train ou vont les choses, il n’est pas certains que la décennie ne s’achève, sans que quelque journaliste consciencieux, quelque député zélé, quelque ministre éclairé ou quelque spécialiste autoproclamé n’aille se planquer sous les douches ou au fond de la cuvette des WC d’un vestiaire enfiévré pour nous livrer via l’étude scientifique de quelque selles ou de la forme de quelque sexe, le régime alimentaire des athlètes, l’endroit où ils sont allé diner, à moins que la forme d’une lèvre ou d’un gland ne nous renseigne sur le niveau d’intensité des séances de fractionné.
Mais au nom de l’information et au nom du droit de l’opinion publique à tout savoir, on peut bien accepter quelque entorse à une notion, devenue aussi obsolète que dérangeante, qui s’appelait autrefois déontologie.
Il est des mots que les chasseurs de voix aimeraient tant voir disparaître qu’au lieu d’en effacer les lettres dans les dictionnaires, il s’emploie à en tuer l’esprit pour mieux agir en maître.
Prenez garde messieurs les producteurs de scandales que votre tactique de l’attaque agressive, pour le succès à tout prix, ne se retourne contre vous, car les footballeurs, dont je suis, connaissent cette loi élémentaire des stades et peut être même de la vie : A trop se découvrir pour la seule conquête de la fin par des moyens pas toujours honorables, on risque les désagréments de contres imparables qui, trop souvent pour les joueurs téméraires, transmutent les victoires conjecturées en défaites mémorables.
14:45 Publié dans Pendant la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : equipe, france, coupe du monde, football, médias, presse, scandale, politique, fédération |
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