11/01/2011
Indignez-vous !... avec nous
Je voulais partager avec vous un moment de liberté.
Une liberté portée par 14 pages d’une fraicheur indicible. L’auteur de cet élixir de jouvence porte beau 93 ans d’une vie merveilleusement chevaleresque. Ce héros à « contre vent » invite le monde à s’indigner et l’écho qu’il trouve auprès des lecteurs les plus jeunes rassure sur notre devenir.
Cet électrochoc salutaire pourrait bien éveiller la venue d’une nouvelle conscience. Si la quantité d’ouvrages vendus n’est en aucun cas un gage de qualité, le profil de ses lecteurs est un indice précieux pour mieux comprendre les raisons de son succès. On nous dit qu’ils sont jeunes mais ne doutons pas que la jeunesse dont il s’agit ici se compte moins en années qu’en niveaux de conscience. En ce domaine, la jeunesse s’acquiert avec le temps qui parfois nous affranchit de la dictature des modes et du modernisme.
Indignez-vous !... ne me semble pas être une injonction mais plutôt une invitation à l’éveil.
La misère intellectuelle, qui sévit à notre époque, croît à la vitesse des technologies qui la propagent et c’est à se demander qui est le moteur de l’autre ? Quoi qu’il en soit, Mr Hessel pose sur le monde un regard qu’il nous fait partager du haut de ses 93 années et le privilège offert par ce promontoire permet un point de vue plus éclairé.
Alors, Mr Hessel, je vais simplement relayer votre cri, votre chant, votre voix, votre indignation, comme ces millions de « jeunes » qui voudraient tellement que tout cela cesse. Que cesse cette course effrénée au pouvoir, à la gloire, à l’édification perpétuelle de cette tour de Babel qui, depuis la nuit des temps, finit toujours par s’écrouler sur les peuples. Que cesse ce cannibalisme destructeur qui fait s’entre-dévorer les hommes.
Suis-je le gardien de mon frère ? Cette question, pour antique qu’elle paraisse, posait encore en axiome la conscience de l’autre, de l’alter-ego, celui que l’on appelait encore le frère. De nos jours, le concept même de fraternité tend à devenir un archaïsme désuet et le frère semble ne plus exister que le temps d’une catastrophe télévisée. L’indignation quand elle n’est pas prostitution des émotions reste la preuve d’un équilibre et la révolte qu’elle induit, tient lieu de salut public. Quand aux offuscations de quelques figures cathodiques ou politiques, gageons qu’elles relèvent plus du très mauvais théâtre que d’une réelle compassion !
Alors, chers amis pour vous offrir en partage l’énergie de mon espoir et le plaisir de pouvoir encore l’écrire, je vous livre le contenu des indignations qui ont égrené ma semaine :
La chape de plomb posée sur le terrorisme économique qui fait bien plus de morts à travers le monde que tous les extrémismes religieux réunis qui, du reste, n’en sont que les progénitures.
Les petits arrangements entre amis dont certains députés, Mrs Jacob et Copé en tête, s’accommodent au mépris d’une misère qu’ils feignent de défendre pour mieux l’ignorer.
La nomination, le salaire et la décoration offerts à Fadela Amara en vue des élections de 2012.
La BRED qui trouve légitime de faire payer près de 400 euros annuels pour la gestion d’un compte sans opérations.
Une dame honorable qui m’a reproché de faire passer au portique du métro une jeune maman qui n’avait pas de billet.
Le show médiatique des représentants des grandes officines religieuses dont les ouailles dociles alimentent les lucratives propagandes...
Je me suis indigné aussi de ma crédulité, de ma naïveté, de mon irrépressible foi en l’homme, en sa bonté, en sa générosité, sa sincérité, sa grandeur et puis, je me suis pardonné de tant de sévérité, convaincu que, malgré les doutes qui m’assaillent les soirs de trop forte obscurité, il y avait dans le fond de mon âme une force mystérieuse qui me pousse à continuer, à croire, à aimer.
Alors, Mr Hessel, je vais continuer de m’indigner, avec vous, avec tous ceux qui s’indignent.
Je vais continuer de m’indigner, déterminé, sans jamais me résigner mais plus apaisé, convaincu que l’inclinaison de nos cœurs indignés par trop d’iniquité finira par infléchir la fatalité d’une époque qui tend à vouloir faire de nous les personnages sans âme d’un gigantesque jeu vidéo aux mains de nourrissons séniles.
Je suis heureux de soutenir et de servir « ceux qui marchent contre le vent ».
22:15 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hessel, stephane, indignez-vous, indignation, ras le bol, engagement, révolte, humanisme, livre, éditions |
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