27/04/2012
Nicolas, Marine, les nouveaux croisés...
Nicolas, Marine, les nouveaux croisés...
Lire ou relire les articles suivants parus sur Youphil... "L'annonce faite à Marine"... ou "Tayeb, on nous demande de "blanchir les équipes" !" mais également "La Parole est d'argent quand le silence est d'or...".
Il semble que notre nation Laïque soit touchée par une « grâce » soudaine, qui oriente les fronts de droite dans une même direction pour faire cause commune face au « péril musulman ».
Cette phobie du musulman, qu’on peut sans peine qualifier de xénophobie, plonge ses racines dans les déséquilibres d’une Europe dont, visiblement, les démons ne sont pas tout à fait maîtrisés.
Après le péril planétaire que faisaient encourir en leur temps ceux que l’on a marqués d’une étoile aussi jaune que le « beur », il s’agit maintenant de sonner « l’hallal-i » sur le danger des musulmans quand bien même ils ne le seraient que d’apparence.
Le front national a réussi, à force de basse besogne, à hisser le tréfonds de notre laideur au niveau des convenances ordinaires.
Le choix des quelques six millions de personnes qui ont adhéré, par conviction ou par dépit, au programme de Marine Le Pen serait donc tout à fait respectables puisqu’il « exprime un sentiment que beaucoup partagent ».
Il y a des chiffres qui devraient donner à réfléchir et les six millions de celles et, ceux qui ont fini dans les camps de la mort que Mr Le Pen a qualifiés de « détail de l’histoire », devraient nous inviter au souvenir. Souvenir que notre pays n’a pas toujours fait les meilleurs choix quant à ses alliances, ses penchants, ses conquêtes.
S’appuyer sur les racines chrétiennes de la France devrait pourtant amener notre cher Président, et sa nouvelle alliée potentielle, à plus d’humanité.
Au cas ou, celles et ceux qui liront cet article s’interrogent sur l’essentiel du message christique, il n’est pas inutile d’offrir quelques paroles qui, dans leur essence même, disqualifient la pseudo chrétienté des chasseurs de voix, alliés des marchands du Temple.
La chrétienté n’est pas un mot, encore moins une nationalité et surtout pas la couleur d’un bulletin à mettre dans l’urne :
« Portez les fardeaux les uns des autres, accomplissez ainsi la loi du Christ »
(Nouveau Testament, Epître de Paul aux Galates 6 – La loi du Christ, vs 3)
« Si quelqu’un de vous se prend pour un personnage, lui qui n’est rien, il est sa propre dupe »
(Nouveau Testament, Epître de Paul aux Galates 6 – La loi du Christ, vs 3)
« Si quelqu’un dit : J’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. »
(Nouveau Testament, Epître de Jean 4, vs 20)
« Si quelqu’un possède les biens de ce monde et voit son frère dans le besoin et qu’il se ferme à toute compassion, comment l’amour de Dieu demeurerai-il en lui ? »
(Nouveau Testament, Epître de Jean 3, vs 17)
Ceci n’étant pas un cours de catéchisme, je me limiterai à ces seules injonctions, qui devraient inviter notre frère Nicolas Sarkozy et notre sœur Marine le Pen à faire vivre le message dont ils se prévalent.
Cet appel n’a d’autre vocation que d’inviter à plus de retenue dans ces ébats politico-économiques dont l’objectif semble être bien plus la prise de pouvoir que la volonté de servir les serviteurs d’un Dieu que l’on prend à témoin et presque en otage.
Le Christ n’aurait sans doute pas plus apprécié le CAC 40 que les appels à la haine envers les musulmans. La peur n’est pas une vertu cardinale et diaboliser son frère, au seul fait qu’il soit différent, est plus une inclinaison du malin que du divin.
Enfin puisque visiblement la chrétienté n’a pas grand-chose à voir avec tous ces petits comptes de campagnes, épargnez-nous de salir le Christ, les Chrétiens et toutes celles et ceux qui savent que l’Etranger est une chance, quelle que soit sa culture sa religion et la terre qui l’a vu naître.
Cette longue lettre a été rédigé par un musulman, français d’apparence, fils d’une chrétienne française d’apparence et d’un musulman d’apparence Arabe décoré à Monte-Cassino puis torturé par l’Etat Français pendant la guerre d’Indépendance de l’Algérie pour avoir voulu recouvrer sa dignité.
Cette longue lettre a été rédigé par un français d’apparence, musulman sans barbe ni extérieure, ni intérieure, marié à une femme, juive de mère, baptisée catholique par son père, que la vie a portée à faire naître des enfants simplement d’apparence humaine dont la judaïté ne fait aucun doute au regard de Moïse, la chrétienté aucun doute au regard du Christ, l’Islamité aucun doute au regard de Mahomet, et l’Humanité aucun doute au regard de celle et ceux qui savent que si la montagne a plusieurs versants, elle n’a qu’un seul sommet.
ANNEXES :
Manifestation du 25 Mars à Paris (crédit photo Joel Sget/AFP)
En savoir plus ICI
"Imaginez Dieu au centre d'une pièce sans porte, avec seulement quelques lucarnes qui permettent de l'entrevoir. Derrière chaque lucarne, il y a un homme avec sa propre conviction religieuse. Il y a plusieurs lucarnes, il y a plusieurs religions mais c'est toujours le même Dieu. Partager avec l'autre peut ainsi me permettre de m'ouvrir à ce que je ne perçois pas depuis mon angle de vue et d'accueillir ainsi la beauté de Dieu de diverses manières."
Lire la suite sur : http://genfest2012fr.canalblog.com/archives/2012/01/19/23...
Dialogue Interreligieux : de l'éthique à la géopolitique - Tareq Oubrou
Six mois par an, le bus de l’association Amitié judéo-musulmane de France sillonne Paris et les banlieues.
L’AJMF, dirigée par Michel Serfaty, multiplie les initiatives pour abattre les barrières entre les deux communautés. Six mois par an, un bus sillonne ainsi Paris et surtout les banlieues pour aller à la rencontre des jeunes et contribuer à apaiser les tensions. «Nous parlons aussi beaucoup aux mamans, explique Mohammed Azizi. C’est à elles d’apprendre à leurs enfants à vivre ensemble, à ne pas faire de distinctions entre les gens selon la religion ou les coutumes de chacun.» (Crédits photo : PIERRE ANDRIEU/AFP) Lire la suite ICI
15:42 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, élections, présidentielles, sarkozy, hollande, vote, urnes, %, islam, chrétiens, juifs, le pen, marine, droite, gauche |
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28/02/2011
Sarkozy : L’annonce faite a Marine...
L’intervention de notre Président de la République pourrait se résumer à une phrase nominale qui en réalité traduit à la fois sa pensée et sa crainte : Gare aux migrants.Le paradoxe de ce cri d’alarme tient au statut même dont ont « bénéficié » en leur temps, ceux qui aujourd’hui se soulèvent. Ils étaient encore, il y a quelques dizaines d’années à peine, désignés du terme de « protectorats ».
Il est vrai que l’histoire s’écrit différemment selon ses auteurs.
Ainsi, quand la France s’invitait à force de baïonnettes au Maghreb, son flux migratoire était une œuvre civilisatrice, en revanche que ses anciens vassaux cherchent refuge pacifiquement en « Terre des droits de l’Homme », ils se transmutent soudain en « dangereux flux migratoire », sorte de monstre antique, tapis au cœur des anciennes colonies de l’Empire.
On réalise que seule la force, légitime la présence en pays étranger et, autant les Etats Unis que l’Europe s’emploie depuis plusieurs siècles à valider cet adage.
Flux migratoires : Voilà en réalité la seule préoccupation de nos grandes Nations pour les conséquences jugées désastreuses que la convoitise de ces « hordes de va-nu-pieds » pourraient avoir sur l’équilibre de notre bien être.
Flux migratoire : de fluere : couler et de migration : changement de lieu. Ainsi ce pléonasme présidentiel nous a permis de comprendre que ça n’est pas tant le désespoir des peuples qui le préoccupe, encore moins leur avenir, qu’un passé meurtri a durablement compromis… (photo : http://reiss.over-blog.com/article-33906538.html)
Ce qui préoccupe notre Président et ses semblables berlusconien, c’est comment édifier le plus rapidement possible le mur le plus inviolable destiné à maintenir hors de nos terres les indigènes de nos anciens « protectorats » ?
Les grandes démocraties n’ont de grand que leurs déclarations. Le front commun anti-migratoire va sans doute se réunir en urgence ratifiant ainsi un accord de co-opération qui tiendra à distance raisonnable tous ceux que l’on s’employait hier à civiliser pacifiquement.
La voix de l’occident est restée coincée dans le canon de son ego et sa générosité est emprisonnée par sa peur.
L’annonce faite à Marine va sans doute rassurer une grande partie du peuple de France et notamment ceux qui s’apprêtent à Nice à célébrer le putsch des généraux à Alger et a honorer les faits glorieux de l’OAS (Nice Matin – Article et lien en fin de note).
Ne doutons pas qu’avec de telles initiatives, les jeunes Français dont les pères ont été massacrés et torturés par les honorables membres d’une organisation armée aussi secrète qu’illégale vont peiner à comprendre la légitimité de ce genre de commémoration.
Hier les slogans fleurissaient sur les panneaux publicitaires que JC Decaux n’avait pas encore conquis et sur lesquels on pouvait lire que les idées des Français étaient plus précieuses que le pétrole Arabe. (Photo ICI)
Aujourd’hui, le même pétrole Arabe migre le long des pipelines sans le moindre obstacle et il est même devenu l’aliment de base des plus grandes idées économiques du monde occidental.
L’or noir git au cœur de terres arides dont les chefs déchus, Kadhafi, Moubarak, et autres amis de la France sont devenus persona non grata. Notre diplomatie, notre démocratie, notre gouvernance est décidément frappée de la même cécité intellectuelle qui l’a empêchée de voir en son temps la volonté d’indépendance de ses anciennes colonies.
A n’en pas douter, si l’histoire ne se répète pas strictement, elle offre à voir de troublantes analogies.
Alors, moi qui suis l’enfant d’une mère Chtimi et d’un père Kabyle, j’ai honte à la France et mal à mon Algérie. Moi qui suis l’enfant du viol d’une culture par une puissance, je souffre du passé meurtri de mon père qui s’invite dans le présent troublé de la « patrie » de ma mère.
Moi qui suit le fruit de ce drame, je peine à accepter qu’un ministre condamné pour xénophobie devienne conseiller particulier du Président d’une République et je m’interroge sur la sincérité des préoccupations des ses élites. Certes, Mr Hortefeux nous a rassuré : « Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème » !!! Certes, quand ils sont chez eux, il n’y a rien à craindre, c’est quand ils viennent chez nous que ça pose problème !!! Certes qu’ils se révoltent c’est bien, mais c’est sur le lieu où ils tentent de trouver refuge qu’il convient de s’entendre… (photo ICI)
Je n’ai d’ailleurs pu retenir une pensée pour les Français Musulmans, laissés à quai après l’Indépendance de l’Algérie, et dont la seule erreur a consisté, à l’époque, de croire à la parole de la France leur mère patrie.
Je n’ai jamais su ce que ce mot patrie signifiait exactement et encore moins le mot frontière.
Alors, pour conclure, je vous en conjure Mr le président, si vous voulez réellement le bien de notre France, si vous souhaitez sincèrement servir le destin du pays de ceux qui vous ont élu, si sérieusement vous nourrissez l’ambition de rapprocher les bords de la Méditerranée, commencez par repousser les limites de votre conscience et les fantômes de vos peurs, faites confiance à l’Homme plutôt qu’au CAC 40, à l’avenir de vos enfants, qu’un passé parfois peu glorieux pourrait bien compliquer, et si vous craignez, autant que vous l’affirmez, pour l’équilibre du monde, ayez l’humilité d’accepter qu’il ne dépend pas de vos vérités mais qu’il s’accomplit au-delà de votre ignorance et de vos peurs.
Enfin, Mr le Président, peut-être pour finir de vous rassurer sur ce que vous désignez comme un possible danger - ce flux migratoire censé nous déséquilibrer - sachez qu’en ce bas monde il n’est rien qui ne soit pas migrant, changeant et que le flux et le reflux sont la palpitation du monde, à laquelle rien n’échappe si ce n’est le Principe indicible qui organise notre univers dans lequel tout est assemblé d’un invisible lien.
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Publié le dimanche 27 février 2011 à 07H07
De gauche à droite, Hervé Cuesta, pied-noir, président du collectif « Non au 19 mars 1962 », Michèle Soler (Cercle des Algérianistes), et André Loré (Comité d'action patriotique) devant les coupures de journaux de l'époque où le général de Gaulle proclame son attachement à l'Algérie française.PHILIPPE FIAMMETTI
D'anciens combattants et des Rapatriés veulent rendre un hommage national, à Nice, aux officiers « qui n'ont pas voulu qu'on abandonne l'Algérie »
En rouvrant une page controversée de notre histoire, cette commémoration ne laissera personne indifférent, elle devrait même susciter des réactions passionnées. Le 23 avril prochain, des associations d'anciens combattants et de pieds-noirs comptent célébrer à Nice avec tous les honneurs le cinquantième anniversaire du putsch des généraux à Alger. « Ce sera national », annonce André Loré, le président du Comité d'action patriotique des Alpes-Maritimes à l'origine de cette initiative.
Mais comment peut-on fêter un événement vécu comme un attentat contre la République ? Un coup d'État militaire conduit par un « quarteron de généraux en retraite » selon les propres mots de Charles de Gaulle ?
« Acte de résistance... »
Les participants à cette commémoration n'ont pourtant pas de doute sur sa « légitimité ». Pour eux, ce putsch ne fut qu'un acte de « résistance » et les officiers supérieurs en révolte n'ont fait qu'accomplir leur devoir. « Qui a dit : "Quelle hécatombe connaîtrait l'Algérie si nous étions assez stupides et assez lâches pour l'abandonner" ? De Gaulle en octobre 1958. Qui a dit : "Oui, oui, oui, la France est ici pour toujours" ? Le même à Oran. »
Face à la « trahison » de cette promesse et à « l'abandon de l'Algérie », la révolte était fondée pour Michèle Soler, présidente du Cercle algérianiste des Alpes-Maritimes, ancienne conseillère municipale de Nice, Jean Lorenzo, président de la section niçoise de l'Union nationale des combattants et Jean-Yves Casalonga, ancien journaliste à l'Echo d'Alger. « Les militaires ont fait ce que la conscience leur commandait. Au nom de la parole donnée, ils ont sacrifié leur carrière. C'est un geste honorable. »
D'anciens membres de l'OAS se mettent à table
Raphaël Pastor, pied-noir, membre du Cercle algérianiste, ose une comparaison : « Le 1er mai, on commémore bien la Commune de Paris de 1971, révolte de la population contre un gouvernement qui avait bradé l'Alsace-Lorraine. Le putsch d'Alger est un remake de cet événement...» La Commune d'Alger après celle de Paris, voilà qui ne manquera pas d'attiser le débat !
Cet hommage rendu aux auteurs du putsch prendra la forme d' une cérémonie à Nice, le samedi 23 avril prochain, avec dépôt de gerbes devant la stèle des Rapatriés, au jardin Alsace-Lorraine.
La table ronde annoncée pour l'après-midi (1) réunira des acteurs de cette « rébellion » et d'anciens membres de l'OAS, parmi lesquels Gaby Anglade, ancien membre des commandos Delta et actuel adjoint aux Rapatriés à Cagnes-sur-Mer, Pierre Descaves, à l'origine de la naissance de l'OAS en métropole, Roger Holeindre, écrivain, le Dr Jean-Claude Pérez, adjoint de Raoul Salan.
1. De 14 heures à 18 heures à la Maison du Séminaire, 29, bd Franck-Pilatte.
Philippe Fiammetti (pfiammetti@nicematin.fr)
18:07 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, sarkozy, putch, alger, oas, pétrole, président, hortefeux, musulmans, immigration, flux |
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24/06/2010
Ma ferme célébrités...Rêvée !
Ce matin, je me suis réveillé heureux et plein de joie.
Ma nuit pourtant a été courte car je peinais à trouver le sommeil, alors, plutôt que de compter des moutons, je me suis amusé à compter des chèvres mais pas n’importe quelles chèvres, des chèvres tricolores qui, pendant cette coupe du Monde, et depuis bientôt quatre ans, ont réussi l’exploit de nous faire croire qu’ils étaient des lions.
Mes petites chèvres allaient bêlantes dans un grand champ et moi, épris d’une soudaine affection pour elles, j’ai été pris de l’envie de leur donner à chacune le nom qui leur correspond :
J’ai d’abord baptisé le groupe des petits boucs avec, à sa tête, le vieux Raymond, l’émissaire puant d’égo, l’air suffisant et puis Jean pierre, la corne molle et le sabot peu reluisant. Il y avait Gérard, le bouc de l’ombre, la barbichette cherchant toujours le sens du vent, enfin Aimé, l’ancien, devenu chef par accident, toujours soumis aux évènements. D’autres petits boucs sans noms, moins imposants, presque transparents, se contentaient d’être présents.
Tout prêt de ces chefs de clan, mes petites biques allaient gaiement avec, à leur tête, la Roseline grasse et hautaine, fière comme Artaban, sans doute la favorite d’un bouc illustre absent du groupe, momentanément. La Rama, autre favorite du bouc absent, boudait dans son coin, mise à l’écart, sûrement pour quelques uns des ses errements, récurrents.
Derrière, autour, à côté de ces bêlantes de haut rang, broutait le gros du troupeau, j’ai continué de nommer, un peu au hasard, comme le fut la création par Adam : Toi, tu seras Franquinette la biquette un peu bébête. Toi tu seras Nicolette, bique rude comme un bouc, la corne raide et l’air méchant. Toi, qui veut bien brouter ici mais jamais là tu seras Florentinette. Toi, pleine d’allant et l’air content tu seras Jérémiette. Toi, tu seras Sydnette un peu perdue, à contre temps et toi Williamette un peu coquette toujours boitant, et toi… et toi… et toi….
Chacune de mes créatures portant enfin son nom, je me suis abandonné dans les bras d’un Morphée tout de miséricorde et de charité. Il m’a offert un rêve que je vais, séant, vous conter :
J’étais au beau milieu d’une contrée dont je savais, comme on sait dans les rêves, qu’elle n’avait pas de frontières, des gens venaient vers moi, m’offrant à boire et à manger. Par la douceur de leurs regards, ils me transmettaient le pouvoir de les comprendre. J’étais invité à la promenade, quand au détour de nos déambulations, nous sommes arrivés sur un terrain vague où des enfants pieds nus partageaient une boule de chiffon ronde comme un ballon. Ils avaient le torse à l’air sous un soleil de plomb et un ciel d’azur. Un public nombreux et passionné encourageait les ébats. Ruisselants de bonheur autant que de sueurs, les enfants se donnaient corps et âme avec une noblesse dont on me disait, comme on nous dit dans les rêves, qu’elle était l’héritière de l’antique règle de la chevalerie :
Pas un coup bas, pas une injure, pas une petitesse, pas un joueur qui ne tomba sans qu’un autre ne le relève et ce, qu’il soit ou non son partenaire.
Pas une contestation envers l’arbitre qui pourtant je le voyais bien, se trompait de temps en temps.
Pas une belle action que tous dans le public n’encourageaient.
Entre les courtes pauses, pas une bouteille d’eau qui circula sans qu’elle ne fut partager, pas un tirage de maillot, pas un tacle dans le dos ni dans les faits, ni dans les mots.
Les entraineurs applaudissaient chaque belle action, quelle que fut l’équipe qui l’exécutait, ils se regardaient complices et fiers de voir éclore tant de talent.
Le non-temps aidant, car les rêves nous affranchissent du contingent, j’étais certain de connaître cet endroit. La clameur s’amplifiait et, la fin de la partie annoncée, je vis s’approcher un vieil homme la barbe blanche et le turban immaculé, portant dans ses longues mains un plateau d’argent sur lequel trônait, comme un trophée, une bouteille de verre. Sur ce trophée d’un autre temps était gravé en lettre d’or un nom : SELECTO.
Soudain, tout se transforma, comme toujours dans les rêves, et je reconnus instantanément le terrain vague de mes sept ans et la bouteille de Sélecto, « coca des pauvres », que l’on se partageait à la fin des mi-temps. J’étais en Algérie, à El Biar, quartier chic des hauteurs d’Alger où, après l’indépendance du pays, ma famille était venue habiter.
Je me voyais courir moi, le petit « roumi » comme on m’appelait, à cause de ma tête de bon français. Je me voyais dribler, passer, marquer dans un but sans filet, fait de deux pierres au sol. Pas de gradins mais du public, les parents, les amis, les voisins et même mon petit chien kiki.
Les scènes se succédaient, comme dans les rêves, sans aucun ordonnancement. A la fin, j’ai revu mes copains m’étreindre et pleurer alors que je leur annonçais que je devais les quitter et rentrer en France, pays de ma mère, pour qu’elle y reçoive des soins très urgents.
A cet instant, sans doute à cause de la violence de ce moment, je me suis réveillé.
Paradoxalement, malgré la nostalgie de mes sept ans, je me suis senti le cœur léger et plein d’espoir pour continuer à avancer. Je me suis souvenu de mes chèvres comptées et j’ai souris à l’idée que de leur défilé soit né un rêve d’une étonnante beauté.
J’ai instantanément compris que peu m’importeraient les déballages et les quatre vérités de quelques joueurs frustrés, de la ministre, de la Fédé, puisque de mon côté, je n’en reconnaitrais qu’une, celle au service de l’harmonie pour l’unité retrouvée de notre humanité.
Je me suis promis de faire silence dans ce tumulte d’insanités et plutôt que de maudire l’obscurité, j’ai décidé d’allumer une bougie pour que notre monde soit mieux éclairé.
00:26 Publié dans Après la coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ribéry, équipe, france, bachelot, rama, henri, sarkozy, crise, fff, ferme, célébrités, afrique |
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