19/01/2011
Solidarité, pour un monde social et solidaire...
La solidarité prend souvent sa source au cœur des drames et l’eau qui en jaillit est toujours teintée de sang et de larmes. Il a suffit qu’un citoyen anonyme offre aux flammes sa souffrance, pour que sa mort donne vie à tout un pays dominé par la peur.
La Tunisie vient d’exhaler un parfum dont les effluves se propagent bien au delà du Maghreb et des pays Arabes ou supposés musulmans. Cette senteur de liberté pourrait bien inspirer tous ceux qui souffrent et n’osent plus croire à la faculté d’agir leur destin.
Les discours entendus ça et là sur la mentalité Tunisienne ou Marocaine prétendument « naturellement soumise à la force du pouvoir… », ont volé en éclats par les mêmes balles qui ont tués plus de 70 civils et blessés des centaines de tunisiens. Les plus forts ne sont pas toujours ceux que l’on croit.
En France comme au Maghreb, on colporte souvent cette légende qui fait de l’Algérie la nation dont on envie le courage et dont on craint le courroux.
Qu’en est- il aujourd’hui de cette légende et quel est le sentiment nourri en ces heures de trouble par les voisins de Carthage ? Sans doute plus d’envie et de regrets que de solidarité et d’admiration. Envie de d’imiter les « paisibles cousins », mêlée d’une rancœur de se faire voler la vedette et regret de ne plus trouver la force de refuser, comme eux, l’impossible quotidien.
Tant que l’Algérie pouvait briller de la flamme de son Indépendance, le peuple pouvait se satisfaire du souvenir de cette gloire mais aujourd’hui cette auréole ne brille plus que sur les tombes abandonnées des martyrs oubliés. Le peuple Marocain attend sans doute son heure et, plus sûrement encore que son voisin de pallier, manifeste quelques velléités avant de s’engager à son tour sur le douloureux sentier.
Le Maghreb bouge, comme le reste du monde et peut être plus encore, parce que l’énergie de sa jeunesse vibre à l’unisson de sa souffrance. Le Maghreb bouge et bien au-delà de ses frontières géographiques, il est en train de pousser les murs de son désespoir.
Les visas imposés par les pays européens, la France en tête, pourraient bien devenir, si l’on n’y prend garde, le germe d’une révolte plus grave encore et l’enfermement imposé par ces craintes et ces contraintes creuse les fondations de notre propre caveau.
Il faut ouvrir nos frontières, non pour accueillir toute la misère du monde comme on l’entend ça et là mais au contraire pour la combattre car la plus grande des misères est intellectuelle et l’entrave à la circulation des peuples reste la cause première de crispation et solidification du monde.
Le paradoxe de cette politique réside dans sa faculté à vouloir mondialiser, tout en érigeant des murs de plus en plus hauts entre les peuples. La terre ne se réduit pas à quelques échanges boursiers sur les places fortes dominées par des spéculateurs.
La terre est peuplée de femmes et d’hommes dont les cœurs et les consciences se nourrissent d’autres aliments que les indices du CAC 40. Il serait temps que la solidarité, dont se targuent les agents du F.M.I, prenne une autre forme que l’administration d’aumônes anti-inflammatoires destinées à masquer le mal des peuples en souffrance.
La solidarité pour permettre aux peuples du monde de s’approprier la chose publique ne passe plus par les déclarations d’intention des élites dévoyées, mais par la restauration des principes au nom desquels ils prétendent gouverner.
Qui osera le premier ouvrir la porte de notre maison France pour permettre au Maghreb de se démocratiser, de nous démocratiser ? Qui, en Europe, de nos « grandes démocraties » aura le courage et la lucidité d’écrouler la grande muraille des peurs et des préjugés ?
Le monde est semblable à un grand corps humain et personne ne doute qu’une mauvaise circulation à des conséquences souvent désastreuses. Faciliter la libre circulation des individus plus encore que des biens reste la meilleure garantie d’un mieux vivre ensemble pour apprendre à s’aimer. N’est ce pas ce à quoi nous sommes en devoir d’œuvrer pour notre humanité, n’est ce pas là après tout le sens premier et ultime de la solidarité ?
15:10 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, droit, homme, social, tunisie, maghreb, algérie, maroc, frontières, circulation, libre, liberté, monde |
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31/08/2010
L'Insolidarité
Quand enfin le malheur des uns ne fait plus le bonheur des autres « l’insolidarité » se manifeste.
En effet, que l’on ne s’y trompe pas, la plupart du temps, les « grandes puissances », loin d’être frappées de soudaine « crise de conscience et de compassion », ne manifestent leur pseudo solidarité que par peur d’être contaminées par le mal qui frappe leur voisin devenu soudain trop proche !
La crainte de l’image négative, que susciterait leur trop flagrante indifférence, reste également un facteur essentiel à la « générosité des banquiers du monde ». Ainsi, les propositions d’aides qui affluent vers la Russie n’ont aucunement pour intention première de prêter assistance aux moscovites mais de s’éviter les possibles dommages collatéraux causés par la catastrophe. La preuve de notre assertion réside dans le moindre empressement que l’on note de la part de la communauté internationale à venir en aide aux sinistrés du Pakistan ou de Pologne plutôt qu’à la Russie.
Triste paradoxe qui peut faire s’entraider, même les pires ennemis, pour un danger supérieur qui les menace également. Cette situation, pour le moins inhabituelle, pourrait, devrait nous amener à réfléchir sur l’évidence de nos interdépendances et au-delà, sur la nécessité absolue de veiller les uns sur les autres en prenant soin de partager nos savoirs et nos biens pour s’harmoniser.
La volonté de s’accaparer une richesse, une science, avec le seul dessein de dominer son prochain, fait naître la division entre les peuples et les souffrances qui l’accompagnent.
Les flammes de Moscou, les inondations du Pakistan, de Pologne ou de Chine sont des appels à la raison troublée et obscurcie par notre ignorance.
Saisissons donc l’opportunité de ces appels pour transmuter notre insolidarité en solidarité et donnons à qui a besoin, non pour qu’il cesse de nous importuner ou de nous mettre en danger, mais pour qu’il ne soit plus en situation de quémander ce que par ailleurs parfois on lui a subtilisé par ruse ou par force.
La solidarité ne doit pas être une posture mais une nature. Gageons que le temps et les catastrophes aidant, des consciences vont s’éveiller pour transmuter l’insolidarité de calcul en solidarité d’humanité.
19:26 Publié dans Humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, russie, pakistan, inondations, feu, incendie, catastrophes, chine, consciences |
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