25/07/2010

Scandale d'une Coupe du monde en contre-remboursement !!!

SATISFAIT_ou_REMBOURSE_ok.jpgAdidas, Suez, Carrefour, le Crédit Agricole, et enfin Toyota, ces cinq principaux sponsors de l’équipe de France ont demandé et obtenu un dédommagement de la F.F.F pour préjudice subi en terme d’image et de notoriété !!!

Adidas, à lui seul, s’est vu octroyé près d’un million et demi d’euros en réparation du déficit d’image provoqué par la déroute des bleus…

Un peu d’étymologie devrait nous aider à mieux comprendre ce qui se passe et, en tout état de cause, ce qui aurait du se passer : Le mot sponsor nous dit Robert est un emprunt à un mot anglais signifiant « parrain ». Gageons que le sens du mot parrain, auquel notre dictionnaire fait allusion, n’a rien à voir avec la saga de Mr Coppola. Sponsor, précise notre dictionnaire s’intensifie même des notions de caution et répondant, d’engagement. Le latin spondere et son dérivé sponsare ont même donné en français le verbe épouser.

Evitons d’évoquer l’union incestueuse de parrains avec leur équipe filleule (assez d’histoires de mœurs !) et restons sur le terrain de la caution solidaire. Comment dès lors peut-on accepter que, ceux là mêmes qui se sont portés garants, soient les premiers à exiger le remboursement de leurs mises ? Si telle action est légitimée, qu’en est-il alors des milliers de supporters qui n’ont eu pour seule consolation que les déclarations offusquées des premiers responsables de ce gâchis ?

Voilà, chers amis sur quelles bases ubuesques se fonde l’étique du sport moderne : L’image, le paraître ayant pris le pouvoir sur l’être, ceux qui habillent sont devenus plus importants que ceux qui portent et ceux qui payent plus essentiels que ceux qui œuvrent.

Assez de faux semblants et admettons enfin ceci : Quand les centres de formation imposent à des gamins de 15 ans de ne porter que la marque qui les fournit sous peine d’exclusion, il ne s’agit plus de sponsoring mais de négoce et quand ceux qui payent deviennent moteur au lieu de carburant, les marées noires se déversent sur le monde pour nous alerter d’un danger imminent.

53209-approved-approuve-label-etiquette-confiance.jpgLa beauté du sport et des activités humaines en générale devrait pouvoir se passer des faiseurs de chiffres d’affaires qui s’insinuent dans nos rêves.

Soutenir, comme sponsoriser est un engagement fondé sur une relation de confiance qui ne doit jamais dépendre des seuls résultats. Il est invraisemblable qu’une fédération s’asservisse à ce point aux volontés d’entreprises qui passent du statut de partenaire à celui de créancier.

Qui a demandé des remboursements pour déficit d’image quand des ballons se vendent dix fois le montant du salaire de ceux qui les assemblent ?

Qui a demandé des remboursements pour atteinte à la notoriété quand des employés au bout du rouleau en arrivent à préférer le néant, ou un hypothétique au-delà, plutôt qu’un présent devenu invivable ?

Qui rembourse quoi aux familles entières qui errent le long des fins de mois en quête d’un avenir moins sombre ?

Qui rembourse quoi et à qui de ces promesses d’un monde meilleur faites à longueur d’année par ceux là même qui aujourd’hui condamne ?

Qui a remboursé quoi aux enfants des townships pour prix de leur frustration ?

Adidas ? Carrefour ? Le crédit Agricole ? Suez ? Toyota ?

Oui_Oui_La_carte_au_tresor-16012810122009.jpgPeut-être est-il venu le temps d’un autre temps, celui ou l’artisan ne vaut plus tant par le seul prix donné à son œuvre que par les vertus qui lui sont attachées.

« Le jeu est la chose la plus sérieuse au monde » nous disent les enfants et aucun être humain ne pourra jamais en payer le prix sinon celui que l’amant donne à l’aimé et la monnaie de cette échange ne se trouve ni dans les coffres, ni dans les bourses.

Cette monnaie là est ailleurs, et si vous voulez savoir comment l’acquérir, demandez à vos enfants… Et, peut-être que si vous le méritez encore, ils finiront par vous dévoiler, au détour d’un de leur si beau drible, la carte du Trésor…