16/01/2011
La Tyrannie des masses... Où la Révolte des Shudras !
Extrait du nouvel essai de Tayeb Belmihoub finalisé en Décembre 2010
Les Signes d'un temps...
« Comment un pareil abruti occupe t'il de telles fonctions !!!?? »
Qui d’entre nous n’a pas proféré ce cri du cœur devant sa télévision, son journal, sa radio, sans pour autant être à classer parmi les aigris ou les envieux ?
Qui d’entre nous ne s’est jamais forcé à boire jusqu’à la lie le calice d’une médiocrité annoncée, énoncée, pour mieux la dénoncer ?
Qui n’a pas pesté à l’écoute d’un animateur télé sorti d’une ferme célèbre, à la vue d’un loft historique, d’une académie fleurie de débiles, d’une enveloppe décachetée par une potiche dénudée clamant la naissance d’une étoile ?
Qui ne s’est jamais insurgé à l’écoute d’un « Je sais tout sur tout » et « Je donne mon avis sur le monde » au seul prétexte d’être estampillé « vu à la télé » ?
Mais alors me direz-vous, pourquoi regarde-t-on ces images ?
Voyeurisme? Masochisme ?
La réponse semble plus subtile, et réduire notre attitude à ces seuls travers serait faire peu de cas du jeu nécessaire des contrastes pour s’assurer de l’équilibre de notre raison.
« Je me force à regarder le pire pour évoquer en moi la conscience du meilleur », c’est en vertu de ce principe que les bâtisseurs du moyen âge ornaient les façades des cathédrales de gargouilles hideuses et diaboliques afin de susciter chez les fidèles l’évocation du divin.
Le plus peut le moins et l’écoute de la fausse note bat en nous le rappel d’une harmonie qui s’y trouve mystérieusement inscrite. La cathédrale s’est transformée en écran plasma et le balai indigent de nos gargouilles télévisuelles devenues références, par la seule valeur que leur notoriété confère, devrait nous amener à nous interroger sur l’état de notre époque. « Je suis connu donc connaissant »…
Comment en sommes-nous arrivés à donner autant d’importance aux gloussements d’un dindon cathodique imbécile qu’à l’œuvre d’un savant anonyme ?
Comment avons-nous perdu à ce point toute forme de lucidité pour s’illusionner qu’il était juste et légitime de faire élire nos gouvernants par cet artifice grotesque, répondant au vocable aussi pompeux que ridicule de « Suffrage universel » ?
Comment a-t-on pu se persuader que du plus grand nombre émergerait forcément le meilleur ?
Comment la quantité s’est-elle peu à peu substituée à la qualité ?
Comment nos sociétés prétendument civilisées ont elles perdues toute forme de discernement au point de cultiver la capacité de s’autodétruire, au point d’avoir acquis le pouvoir de réduire au chaos ce qui nous fait exister ?
Comment tout ce qui brille est-il devenu plus précieux que l’or ?
Comment la politique est-elle devenue l’arme des médiocres ?
Comment l’économie s’est transmutée en escroquerie, comment les religieux ont pris Dieu en otage, comment l’art a été confisqué aux artisans ?
Comment la musique, la poésie, la peinture, et tout ce que nous possédions pour l’oraison du Soi, est devenu un moyen d’affirmer le Moi ?
Comment en cette fin de XXème siècle et en ce début XXIème, les masses, représentées par les Shudras, ont-elles pris le pouvoir dans ce monde ?
Plus d'infos sur l'illustration, sur le site du village des NRV...
14:27 Publié dans La vie du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tyrannie, masses, pouvoir, shudra, télévision, notoriété, bêtise, médiocrité, imbéciles, indigence, voyeurisme, pire, meilleur |
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