09/02/2011

Zinedine Zidane, l’Arabe qui a réussi…

La personnalité préférée des Français a pris du plomb dans l’aile, suspectée de collusion avec les princes de l’or noir pour son soutien apporté au Qatar en vue l’organisation de la coupe du monde 2016 en terre Arabe.

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Le tumulte sourd provoqué par ce soutien, aux trop riches sémites, a libéré la parole des médiocres comme lors du débat sur l’identité nationale. Les lanceurs d’anathèmes ne s’appellent plus Besson, ministre multicarte et multipartis mais Christophe Alévêque et Yannick Noah, parangons de vertu et garants de la morale et de l’éthique du peuple de France.

Pourquoi, me direz-vous, prendre la défense d’un bonhomme qui tape dans une balle et se gave de millions ?

La question posée de cette manière ne peut induire que des réflexions aussi creuses et ridicules que seul un Alévêque, aussi vulgaire que pathétique, a cru bon de décocher au détour de son lamentable verbiage. La prostitution dont parle ce petit bonhomme est un sujet qu’il maîtrise d’autant mieux qu’il suffirait qu’un producteur lui propose le dixième du cachet versé à Zinedine par le Qatar pour que notre animateur de soirées nationales ne se jette sous le bureau pour satisfaire à loisir, les envies ou les besoins de son bienfaiteur.

Yannick Noah, transpirant une sagesse Africaine aussi artificielle que la conscience politique de son partenaire de curée, est un peu plus excusable non pour la forme, car les mots qu’il a employés sont du même niveau que les textes de son partenaire de cancane, mais pour le fond, car l’expression « Ca pue du cul » est d’une telle laideur que je ne peux ni ne veux croire à autre chose qu’à une séquelle d’immaturité adolescente ?!!!

Si je prends la défense de Zinédine, ce n’est pas tant pour la valse des millions qui l’entourent ou qu’il engrange. Je suis d’ailleurs le premier à m’interroger sur l’étrange destinée de ceux que l’on idolâtre, que l’on couvre d’or pour enfin leur reprocher de briller des joyaux dont on les pare. Ca n’est donc pas la défense du coffre fort qui m’inspire ces mots mais la cause que je vois poindre derrière les effluves nauséabonds de cette vindicte.

Osons le dire une fois pour toute, Zinedine est la meilleure des pires choses ou la pire des meilleures choses qui soient arrivées à la France de dessous la souche, à la fois fière de sa coupe du monde et amère de devoir remercier le Kabyle Arabe à qui en partie elle la doit. Ce beur, comme ils aiment à désigner ceux qu’ils ne peuvent plus nommer bougnouls ou ratons, a recouvert d’une couche de rêves, le tableau noir de leurs pensées obscures.

Zinédine Zidane, français de papiers est devenu malgré eux la personnalité préférée des Français à l’égal de l’Abbé Pierre. Oui, Zinédine gagne beaucoup d’argent mais qui de nos censeurs refuse le cachet qu’on lui offre ? Alévèque ? Noah en prison ?

idole.jpgHier encore, ceux là même qui aujourd’hui dressent la potence se prosternaient devant l’idole. La vulgarité d’un Alévèque est d’autant moins surprenante qu’elle est l’expression de sa nature. Pour Noah et tous les autres, elle est plus désolante car révélatrice du peu de crédit que l’on accorde aux enfants des anciennes colonies et que certains d’entre eux accordent à leurs semblables.

Zidane l’intégré, modèle du silence à poser sur les révoltes des banlieues pour la tranquillité des salons élyséens.

Zidane, le trophée sur pattes pour la gloire de nos présidents en quête de voix à pomper dans les urnes.

Zidane pour l’Euro 2012.

Zidane que l’on invite dans toutes les discothèques et les grands hôtels pour mieux exclure le basané de base.

Zidane que l’on veut exemplaire quand un ministre est condamné pour xénophobie !

Zidane que l’on vitupère quand notre président lui-même parade le jour de son élection avec les grands de la finance.

Zidane que l’ont fait Dieu pour combler la petitesse des hommes.

Zidane que l’on encense pour enivrer la masse et lui faire oublier sa souffrance.

Zidane que l’on questionne avec comme seul espoir, celui de le prendre en faute, de le saisir au piège du sophisme des philosophes de cour a la B.H.L. La fortune de ce dernier préoccupe d’ailleurs bien moins nos révoltés en Bounty que les gains de Zinédine.

Combien doivent jubiler : toutes les Marine le Pen, les Eric Zemmour ! Jubiler que le préféré des français, qui sort des quartiers qu’ils suspectent, soit enfin passé à la question de la morale et de l’éthique des intellectuels de supermarchés.

Alors, je ne vais pas vous mentir et vous dire que je ne m’interroge jamais sur ces sommes vertigineuses qui emmurent celui que je défend mais ce que je sais, c’est que cette valse de papiers ne représente rien au regard de l’union générée par sa vie.

Que certains se gavent de son talent et de son statut d’icône ne fait aucun doute mais enfin, soyons sérieux un instant, où est-il celle ou celui qui peut passer sur le fil du rasoir de la vertu et de la vérité sans crainte de se trancher la conscience ?

Aucune fortune n’empêchera jamais Zinédine de souffrir, de pleurer, d’être malade ou de mourir et si son coup de tête ou ses alliances font vendre plus de papiers que de livres, il ne fait aucun doute que celles et ceux qui se font l’écho de la calomnie ne reverse jamais le fruit de leur médisance à des associations caritatives. Alors, si l’on est en droit de s’élever contre l’injustice et la misère qu’elle provoque, il faut prendre garde à ne pas se tromper d’adversaire. Le bouc émissaire a toujours été la victime préférée des faibles et des lâches.

UnProhpte.jpgL’Arabe qui possède n’est en fin de compte pas mieux considéré que l’Arabe qui vole.

En réalité, ce qui compte pour les procureurs de basse cour n’est pas tant la richesse que celui qui la possède. Les fonds qatari sont forcément douteux mais ceux du FMI sont vertueux…

Le monde et la pensée occidentale n’ont pas fait le deuil de certains de leurs dangereux travers et gageons que si personne n’agit ou ne réagit, les petits collabos cachés sous la cape de la vertu ne cesseront de dénoncer le juif d’hier, l’Arabe d’aujourd’hui pour empêcher que naisse l’homme libre de demain.

"Il vaut mieux avoir vécu vingt-cinq jours comme un tigre qu'un millénaire comme un mouton" Proverbe tibétain

02/10/2010

Danone Nations Cup 2010 - Jour 1

SNC14652.JPG"Je déclare officiellement ouverte la 11ème Danone Nations Cup 2009 ET 2010"... Voilà, ça y est, l'aventure a commencé !

Quelle ambiance, quel bonheur de voir ces milliers d'enfants, ces nations de toutes les couleurs ici sur "la terre mère" comme les sud-africains nomment leur pays ! Une terre rouge flamboyante, une nature luxuriante pour un pays dont on ne peut ignorer qu'ils se reconstruit.... encore...

SNC14630.JPGIci de jeunes footballeurs jonglent savamment avec un ballon avec humour et dextérité pour le plus grand plaisir des enfants qui applaudissent à tout rompre, là des équipes qui se ré-unissent, là-bas, les journalistes caméras et appareils photos au poing ne savent plus où donner de l'objectif, plus loin, les officiels se préparent, la tribune est grandiose à la mesure de l'évènement qui réunit cette année deux Danone Nations Cup : 2009 et 2010.

 

SNC14669.JPGCe qui signifie 2 tirages au sort, 2 terrains de jeux, 2 équipe parfois pour un pays, 2 staff d'organisation... Pour 1 seul mot d'ordre : s'amuser, prendre du plaisir à partager, rencontrer, échanger, découvrir l'autre... et bien sûr essayer de remporter cette coupe du monde et repartir avec un des 2 trophées !

Cette année, 2 autres prix supplémentaires seront remis : celui du "Meilleur Coach" et de la "Meilleure équipe" sur les terrains mais également en dehors des terrains, ce sont en quelque sorte les récompenses du meilleur esprit,  du plus bel engagement, du vrai respect, de l'autre, de soi et de la nature... Parce que vous le savez-maintenant, il ne faut pas confondre Victoire et Résultat. Gagner au score n'assure pas une équipe d'être "la meilleure" car la meilleure serait celle qui aurait gagné au résultat mais également gagné par la qualité de son jeu, de ses joueurs, de son coach sur et hors des terrains...

SNC14674.JPGNous pensons vraiment que cela est possible, si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain ou après-demain mais pour espérer y arriver un jour, c'est aujourd'hui qu'il nous faut y travailler....

SNC14645.JPGCe que nous faisons chaque jour sur nos "Terrains de la Paix", nous l'offrons aujourd'hui, à travers notre partenariat avec la Danone Nations Cup", à tous les enfants du monde avec l'espoir de leur permettre ainsi de grandir sur une terre ouverte et accueillante où les devises "Accueillir Encourager Partager" et "Engagement Respect Victoire" prennent tout leur sens...

Si nous n'avons jamais jusqu'à ce jour accepté de "partenariat officiel", c'est que nous n'avions pas rencontré les personnes capables de comprendre le sens de notre démarche, nos valeurs et le temps que nous acceptions de "perdre" pour être sûrs de les faire passer correctement aux enfants et aux adultes chargés de leur éducation...

Puis c'est arrivé, ce sens et cet esprit, nous l'avons rencontré avec bonheur auprès de nos interlocuteurs chez Danone (Danone Nations Cup) et chez Prodeo (Organisation de la DNC). Depuis, notre collaboration est devenue un engagement qui ne s'est pas démenti depuis notre première rencontre en 2008 et qui s'est même developpée dans un climat de confiance et de respect mutuel pour une vision, du jeu et des enfants, fidèle à nos engagements respectifs.

SNC14629.JPGNous sommes fiers de participer à cette magnifique aventure humaine et sportive qu'est la Danone Nations Cup et heureux de le partager avec vous.

A demain !

 

15/08/2010

Les meilleures choses n’ont pas de fin, elles font des pauses

dnclogo.jpgEn 2009, la coupe du Monde des enfants (Danone Nations Cup) a été annulée pour cause de menace de pandémie grippale. Mais à toute chose malheur est bon, pour peu que l’on prenne soin de transmuter l’épreuve en preuve…

Ainsi, malgré et grâces aux déboires de l’équipe de France, cette Coupe du Monde des enfants pourrait bien nous offrir les prémices de la renaissance de l’éthique dans le monde du ballon rond. Preuve que l’on peut jouer au football avec d’autres bases que celles sur lesquelles se construit, depuis trop d’années, le monde du ballon rond. 

Durant cette Danone Nation Cup qui va se dérouler du 30 septembre au 3 Octobre en Afrique du Sud (Pretoria et Johannesburg), plus de 1000 jeunes de 11ans venus du monde entier et ceux qui les encadrent vont se rencontrer pour partager bien plus qu’une simple balle.

Le lien qui va unir pendant ces quatre jours plus de 40 parties du monde pourrait bien tisser une gigantesque toile aux allures de Colombe. Johannesburg, Pretoria, autant de noms qui résonnent d’une histoire que nous avons tous le devoir d’honorer de notre engagement et de notre respect. 

La devise de Pretoria : Praestentia, Praevaleat, Pretoria (Que Pretoria soit la première en excellence) convient autant me semble-t-il à l’intention des « Terrains de la Paix » qu’à l’entreprise de femmes et d’hommes qui constituent ce qu’impersonnellement on désigne trop souvent par le terme de « Groupe Danone ».

L’équipe d’Espagne, victorieuse de la « coupe des grands » a débroussaillé la voie de l’antique chevalerie dont s’éclaire l’esprit du sport qui anime notre volonté. 

Nous saurons être à la hauteur de nos rêves avec comme seule ambition de les voir s’incarner dans la joie de celles et ceux qui, bien que nés il y a moins de trois coupes du monde, ont déjà entre leur pieds et leurs mains un futur trop présent pour attendre demain.
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26/05/2010

La Balle pour la Paix rencontre un Maître spirituel...

cheikh.jpg"Monsieur Mandela n'ayant pu encore recevoir la Balle pour la Paix...

Cheikh Khaled Bentounes, maître spirituel et Président fondateur des Scouts musulmans de France, a donné le coup d'envoi d'une nouvelle route de Paix en adressant la balle, à Monsieur Al Gore...

Très attaché à l'éducation de la jeunesse et au respect de l'environnement, le Cheikh Bentounes a choisi l'arrivée de la Flamme de l'Espoir à Paris pour devenir le 3ème passeur de Paix de la seule balle que tous auront tirée pour ne jamais tuer !"

Autant vous dire que lorsque j'ai entendu ce message, mon coeur de balle s'est mis à battre très fort. Je ne sais pas pourquoi mais rencontrer un Maître spirituel, un sage est émouvant...

J'ai toujours pensé que rencontrer un maître, c'est un peu recevoir de son influx, de sa sagesse mais c'est aussi se retrouver un peu "à nu" sous son regard fut-il bienveillant !

Nous voici arrivés, Tayeb me pose sur une chaise pour dire bonjour au Cheikh qui... Se saisit immédiatement de moi, me regarde, m'observe, me salue en quelque sorte... Je me sens envahie d'une grande tendresse, d'une bienveillance paisible... Paisible ! Pour moi qui suis la Balle pour la Paix, ces instants d'interviews vont bien au-delà des mots...

Puis c'est le moment. Je vais enfin savoir où je vais repartir, rouler, rêver... Ce seront les Etats-Unis et Monsieur Al Gore !!!

Alors le cérémonial recommence, le Cheikh me lance symboliquement vers le prochain passeur... Ainsi soit-il ! Amérique me voilà...

"Je vous le dis : regardez au loin, au-delà des cailloux sur votre chemin, voyez où le chemin mène et avancez avec courage. Vous rencontrerez d’autres personnes sur le même chemin ; aidez-les en passant."

Lord Baden-Powell

Fondateur du Scoutisme

 

logo_lfem3.jpgAprès la « Flamme de l’Espoir 2007 » commémorant le centenaire du scoutisme Mondial et le premier camp Scout Musulman Européen de 2008, les Scouts Musulmans de France en 2009 ont sillonné le Maghreb, associés au flambeau olympique offert par la Grèce à la France et prêté gracieusement par le Comité Olympique Sportif Français.

Les SMF ont transmis le message de la Flamme de l’Espoir à tous les enfants et jeunes de cet espace culturel commun. L’histoire témoigne que l’Orient et Occident ont su, un jour, se rencontrer, développer des échanges complémentaires et harmonieux, et fonder un patrimoine commun.

La Flamme de l’Espoir Méditerranéenne s’inscrit dans cette perspective historique. Elle va permettre un réel dialogue entre les jeunes mais aussi de développer, grâce aux pratiques scoutes, des échanges fructueux. Nous devons être à l’écoute des besoins et des souhaits de chacun. Nous souhaitons ainsi contribuer à la reconstruction d’un pont fraternel entre l’Orient et l’Occident afin qu’il n’y ait plus de conflits. Puissions-nous enfin vivre tous ensemble dans le respect des uns et des autres !

Nous voulons transmettre cette Flamme, porteuse de vie , symbole de l’espérance d’un monde meilleur, d’un avenir avec plus d’humanité ou chacun pourra trouver sa place.

 

"La Flamme de l’Espoir Méditerranéenne allumée Un pont entre les 2 rives de la Méditerranée !"

20/05/2010

La Balle pour la Paix rencontre Zinédine Zidane à Madrid !

l_00427342.jpgJe suis ronde, blanche, vierge, sans virgule et sans bande, sans signe distinctif autre que le symbole que je représente : La Paix.

Mon destin est simple et divin à la fois, je vais tourner autour du monde pour symboliser à travers différents passeurs, la paix à retrouver, celle à conquérir ou celle conquise...

Je suis, la Balle pour la Paix !

Nous sommes en 2006...


Je suis arrivée en avion à Madrid, entourée de toutes les attentions, portée ici et là, par celui-ci et celui-là... Protégée, regardée et enfin emmenée vers le club le plus couronné au monde : le Real Madrid, le "Royal" Madrid !!!... Elu meilleur club du xxe siècle par la FIFA, le Real a remporté 31 titres en Liga, 17 Coupes d'Espagne, un record de 9 Ligues des Champions et 2 Coupes de l'UEFA.

Le club de mes rêves qui comme moi évolue en blanc...

Aujourd'hui est un douloureux lendemain d'élimination de Coupe d'Europe pour le Real. Alors que toutes les télévisions, les caméras du monde entier sont sommées de quitter les lieux, j'aperçois dans le ciel l'hélicoptère de ma chance, celui qui ramène Zinédine Zidane à Madrid. Tayeb Belmihoub me tient dans ses mains, dans la petite pièce d'interview, les caméras, la lumière, le son, vite, vite, on n'aura que peu de temps accordés comme un miracle à la petite équipe de France devenue ce jour là, unique...

zidane tayeb.jpgLe voilà, il arrive, je suis à ses pieds lorsqu'il s'assied sur la chaise "Ca tourne...", voilà, dans un instant je saurais à qui Zinédine souhaite m'adresser en symbole de Paix. Il répond à quelques questions et enfin, enfin, Tayeb me tend vers lui...

Zinédine Zidane me prend pour la première fois entre ses mains, me tournant, me retournant, me regardant avec cet air particulier que peut avoir celui qui vous connaît si bien du bout des pieds et si peu du bout des doigts... Football oblige !!!

Lorsqu'il a levé les bras pour me lancer symboliquement de Madrid à Paris vers...Yannick Noah !!! J'ai ressenti comme une fierté et une émotion sincère car je savais que venait de débuter mon plus beau voyage, le voyage vers la paix...

 


La seule inconnue pour moi était la suite de mon voyage :

A qui Yannick Noah allait-il m'envoyer, dans quel  pays, pour quelle cause ?

A cet instant, je savais ne vouloir rien d'autre pour mon avenir que d'être

Une balle pour la Paix, que tous auront tirée, pour ne jamais tuer !

 

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18/05/2010

Football & Sacré

« Lorsqu’une forme traditionnelle est sur le point de s’éteindre, ses derniers représentants peuvent fort bien confier volontairement, à la mémoire collective ce qui, autrement, se perdrait sans retour; c’est en somme le seul moyen de sauver ce qui peut l’être dans une certaine mesure et, en même temps, l'incompréhension de la masse est une suffisante garantie que ce qui possédait un caractère ésotérique n’en sera pas dépouillé pour cela, mais demeurera seulement, comme une sorte de témoignage du passé, pour ceux qui, en d’autres temps, seront capables de le comprendre » René Guénon « Symboles de la science sacrée »

 

terrain de foot debo 2.jpgFootball, sport sacré ?

Je sais que la plupart de nos contemporains donnent au mot « sacré » un sens exclusivement religieux. Pourtant, si les religions en font leur domaine privilégié, il n’en demeure pas moins vrai que le Sacré dépasse ce seul contexte, on peut même affirmer qu’il le contient.

Le Sacré dans son sens étymologique est proche du secret, de ce qui est « mis à l’écart », afin que nul n’en viole l’accès. Le mot templum (temple) - dont la racine tem se retrouve dans le grec temenos, qui signifie couper, retrancher, séparer - exprime la même idée. On perçoit là toutes les analogies du temple et du stade, dont l’accès est également réglementé.

Si le Sacré est souvent entouré de « mystère », c’est que le sens premier de ce dernier terme exprime ce qui est proprement « incommunicable » et que l’on doit recevoir en « silence ». C’est l’émerveillement de l’enfant qui observe, sans un mot, le ballet de Zizou pour en reproduire chaque mouvement.

Le Sacré est un mot qui effraie parfois ceux qui croit y voir une vague notion de religiosité, doublée d’un sectarisme, dont l’aspect mystérieux reflèterait les desseins obscurs de gardiens des ténèbres ! Rien n’est pourtant plus simple que le Sacré. Rien n’est pourtant plus simple que le jeu le plus dépouillé, le plus « élémentaire ». Le geste parfait, le geste sacré est un geste complexe, jamais compliqué. C’est le déséquilibre qui agite parfois nos coeurs et nos corps, qui nous empêche de redevenir « ces simples d’esprit auxquels le royaume des cieux appartient ». Le geste simple au football est celui auquel tous les joueurs et tous les éducateurs aspirent, le geste sacré, primordial, originel analogue à « la parole perdue » ou au Saint Graal.

Le Sacré est lié à la balle comme le verbe à son support et les traces d’activités humaines autour d’une balle remontent aux premiers jours de l’humanité. Le soleil, la lune, les astres, en général symbolisés par la « balle », ont toujours étés objets de vénération et véhicules d’influences « supra humaines ». Les rites utilisant la balle permettaient une mise en harmonie avec un cosmos dont l’homme « primordial » avait une conscience intuitive. La balle était utilisée comme « intermédiaire intercesseur » pour obtenir une meilleure fertilité des hommes et des cultures, s’attirer les faveurs d’influences spirituelles, objet d’accompagnement dans les rites funéraires, la balle a toujours « fasciné » « attiré », « organisé »…

De nos jours, les rites se sont habillés de mots. Le football semble être de ceux là… Je me suis interrogé sur l’engouement, la passion, la vénération quasi planétaire que suscite « l’agitation » de vingt-deux bonshommes sur un rectangle vert. Et si cette gesticulation autour d’une boule de cuir remplie d’air n’était pas si anodine qu’il y paraît ? Et si ce désordre apparent masquait la face d’un rituel dont la trace se serait conservée précieusement dans « l’arche d’alliance » que constitue la masse ? Rituel sacré dont le « but » ultime serait le retour à ce paradis perdu dont le « vert » jardin a marqué à jamais un Adam qui ne cesse de re-naître ?… Balle au centre… Coup d’envoi… But… Salut… Délivrance… Transcendance de cet instant unique où le ballon « déflore » la ligne blanche et vierge du but, pour féconder un ailleurs hors de l’espace et du temps. Balle au centre… Coup d’envoi et le cycle recommence… Perpétuel… Inlassablement la sphère s’offre et s’esquive, se partage ou se meurt…

Le stade est un miroir sur lequel se reflète le ballet de nos vies et si la Coupe du Monde 98, à laquelle la France s’est abreuvée de liesse, de jouvence, d’espérance, trône encore dans nos mémoires, comment ne pas s’interroger, au delà de l’événement, sur les raisons profondes d’une telle ivresse ? Comme toute manifestation, le football est soumis aux exigences que lui impose sa « loi ». En l’occurrence, ses règles. La comparaison du stade avec le Temple et le rituel qui s’y opère est d’autant plus aisée qu’à l’instar du Temple, le stade répond à des normes régulières de construction, (...) Tracés géométriques précis, surface minimum, lois du jeu…

Le non respect de ces obligations, que l’on pourrait qualifier de « profanation », entraîne une disqualification. Le stade - et plus précisément l’aire de jeu - est, comme le Temple, une enceinte consacrée, sanctifiée. Seuls sont autorisés à fouler le rectangle sacré, les fidèles, représentés par les joueurs et l’arbitre, gardien de la loi, garant de la stabilité du cérémoniel. Même celui que l’on pourrait désigner comme     « Maître » ou « guide » : l’entraîneur, ainsi que les arbitres assistants, ne peuvent violer la ligne blanche qui délimite la surface du terrain pendant le déroulement de la rencontre. (...)

A ce propos, je me souviendrai ma vie entière du premier match que j’ai disputé sous le regard d’un vrai public, j’entends par là un public nombreux venu assister à la rencontre et non pas en simple badaud. C’était en 1980 contre une équipe de troisième division nationale. J’avais accompli justement mon « rituel » dans le vestiaire et me dirigeais, le coeur dans la gorge, sous le tunnel qui menait au « saint des saints ». Entré sous des applaudissements, j’avais l’impression que cette clameur venait du ciel. Mes jambes ne me portaient plus, mes yeux entendaient, mes oreilles goûtaient, mon nez voyait, ma bouche respirait bref, j’étais bouleversé.

Je me suis souvent demandé si je n’avais pas vécu ma naissance de cette manière. Les naissances sont toujours des bouleversements. Comme ce jour où, parce que je voulais devenir joueur professionnel, je m’étais rendu sur le stade d’entraînement du Paris Football Club et j’étais allé demander, très timidement, la possibilité de faire un essai. Le maître se trouvait face à moi. Il s’appelait Roger Lemerre et n’était pas encore sélectionneur national. Ma demande fut suivie d’un court silence qui dura une éternité, puis la voix grave de Roger le rompit d’un surprenant : « Tu as tes affaires ? » Dix minutes auparavant, j’aurais donné non pas mes deux pieds mais mes deux mains pour cette question. ! Malgré l’énorme poids qui s’abattit sur mes épaules, la force de l’espoir me permit de prononcer un « oui » tout juste audible que seul mon hochement de tête parvint à faire entendre. Un vertige me prit et c’est sans doute mon ange gardien qui me soutint jusqu’au vestiaire pour me mettre en tenue.

Roger Lemerre se montra très curieux de cet « importun » mais une grande affection émanait de son regard. Il avait l’attitude des justes, capables dans un sourire de vous transporter mais aussi de vous anéantir dans un froncement de sourcil. Cet essai fut concluant et je pus terminer la saison en profitant de l’entraînement d’une équipe professionnelle. Pourtant, cet épisode ne fait pas partie des meilleurs moments de ma vie de footballeur. Ce monde très particulier abritait déjà quelques vendeurs de « chair humaine » dont les velléités s’accordaient mal avec mon amour du ballon. Bien que minoritaires, ces commerçants déguisés, associés à quelques « fédératifs » trop bien nourris, ont eut raison de mon envie d’évoluer dans ce que l’on appelle, bien improprement à mon avis, le « football de haut niveau ». Le football est une voie initiatique, pas une activité commerciale. Cette voie ne peut se satisfaire de « marchands du temple » et ceux qui l’empruntent doivent être qualifiés pour le faire. (...)

Je suis heureux d’avoir vu sous les maillots des joueurs du Brésil un vibrant hommage à Jésus. Non que je tienne en odeur de sainteté les « bondieusards » qui aiment récupérer les événements à des fins souvent douteuses, mais simplement parce que le message christique est un message universel dont aucune religion ne peut revendiquer la propriété. Tout homme capable d’aimer est un christ en puissance et si l’histoire faite par les hommes travestit plus souvent la vérité qu’elle ne la véhicule, il n’est point besoin d’être prêtre pour revendiquer la part d’un Esprit Saint. Jésus était un homme vous diront les uns, non il était Dieu diront les autres… Les départager sur ce point de vue serait aussi difficile que d’empêcher les Brésiliens de déifier Pelé et les Argentins de voir en Maradona la main de Dieu. Zidane est appelé Zizou… J’ai noté la réflexion d’un journaliste sportif12 affirmant que l’on pouvait confondre la scansion de la foule « Zizou, Zizou, Zizou… », avec celle de « Jésus, Jésus, Jésus ». C’est dire l’aspect quasi messianique que certains joueurs revêtent pour les masses !

L’élu ne choisit pas de l’être, il est désigné pour un destin qui le dépasse. Son rayonnement donne la vie aux autres. Et pourtant, comme tout messager, il est faillible et n’est autre qu’un homme. Sa dimension supra humaine ne se dévoile que le temps de la rencontre, là où il est prêt à recevoir cette grâce qui fait se lever les foules dans le monde entier. (...)

J’en suis à ma onzième coupe du monde et je ne vois rien dans ce que l’on appelle le football moderne qui me fasse rêver plus ou moins qu’il y a trente ans. La stabilité est un signe du Sacré. Les religions, elles, changent. Les messages diffèrent d’un peuple à un autre, d’un lieu à un autre, d’une époque à une autre. Seul l’immuable n’est pas soumis au changement, seul le principe demeure. Le football s’amuse à tracer le chemin du monde. Il se joue du changement et des époques. Il observe, amusé, le besoin constant qu’a l’homme moderne de zapper sa vie. Il regarde d’un oeil bienveillant les errances et les erreurs de ceux qui le pratiquent. Le football, parfois malmené, décrié, conspué, conserve la force et la stabilité propres à tout symbole.

Le Sacré est aujourd’hui plus voilé que le ciel de nos grandes métropoles. La pollution qui détruit nos villes n’est qu’un triste reflet de celle qui détruit nos âmes. Le trou dans la couche de cet ozone, dont on nous rebat les oreilles, n’est pas plus alarmant que celui qui se creuse dans les coeurs. Le football est peut être l’un des derniers refuges pour permettre à l’homme de reprendre contact avec le Sacré, loin de toutes les maisons de prières où l’on enseigne plus la haine au nom de Dieu que l’amour au nom des hommes. Loin de ces salles d’exclusion et de complot que sont devenues églises, synagogues, mosquées, et autres lieux de non partage, il nous reste le stade de football où la seule religion qui prévale est celle de l’Union.(...)

Je rappellerai que les lieux où communient des hommes, se « signant » de manière aussi différentes, sont suffisamment rares pour mériter une étude plus approfondie d’un tel « miracle ». La « Jérusalem céleste » où fusionnent les « âmes » pourrait bien être symbolisée par cet « Eden » où s’unissent les joueurs de football.

Je me souviens avec bonheur d’un dimanche de l’été 98 où je fus invité à participer à un tournoi en région parisienne. C’était un tournoi dans lequel la quasi totalité des équipes était constituée de joueurs d’origine Nord Africaine. Les premières rencontres commencèrent et le regard des joueurs sur moi, à l’écoute de mon prénom, me faisait sourire. L’engagement était total, l’ambiance des plus agréables et la communion presque palpable.

L’heure de la prière approchait pour les musulmans présents. Le coup de sifflet final de la rencontre me donna l’idée de faire moi-même l’appel, que j’entonnais sous le regard ébahi des participants. Une petite troupe s’ébroua avec moi vers les lavabos des vestiaires transformés, pour l’occasion, en salle d’ablutions. Après cette purification, on se mit en quête d’un lieu de prière à sacraliser. J’invitais alors tout le monde à me suivre, ce qu’ils firent malgré un certain scepticisme. J’étais le plus âgé, ce qui faisait de moi une sorte de grand frère. Nous nous installâmes sur une pelouse libre et je pris sur moi de diriger cette prière. Certains cherchaient désespérément un « Est » que l’absence de boussole rendait invisible. Je les rassurais alors en leur citant ce verset plein de bon sens du Coran : « Où que tu te tournes se trouve la face de Dieu », et nous pûmes alors commencer. L’odeur de la pelouse que nos fronts embrassaient, la paix de cette communion, qui se prolongeait dans la conscience de notre prière commune, donnait à ce tournoi des allures de pèlerinage. Même ceux qui empruntaient pour leur chemin spirituel une autre voie que la nôtre, étaient présents en esprit, avec nous, dans cet acte de vénération de « l’entraîneur des mondes ».cellule ballon2.JPG

Nous étions unis, nous formions équipe, nous étions heureux. C’est cet événement précis qui me donna l’idée d’entreprendre un jour le dessein de faire partager ma conscience du Sacré dans le football, convaincu que ce que je venais de vivre méritait d’être offert en partage.

J’ai éprouvé le besoin de dire que le Sacré n’est pas toujours là où on l’attend, que les vrais lieux de culte ne sont pas ceux que l’on croit et, en tous cas, qu’ils ne doivent jamais être prétexte à la division, à l’exclusion. Ce jour là, nous étions athées, zoroastriens, juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, hindouistes, animistes…

Nous étions d’abord des êtres humains, unis par un principe vers lequel tous les coeurs se sont orientés. Nous étions Un dans la multitude, nous étions les enfants de la balle.